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Une vraie jeune fille... (c'est long).

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Un film contreversé de Catherine Breillat que je n'ai pas vu… Si le cinéma de Catherine Breillat tend à développer un thème unique mais néanmoins complexe : le désir au féminin, elle se distingue de l'ensemble de ses consoeurs cinéastes et s'affiche comme une figure singulière du cinéma français. Autres films : Pornocratie de Catherine Breillat avec Rocco Siffredi. Scènes intimes de Catherine Breillat. A ma soeur ! (2000) de Catherine Breillat avec Anaïs Reboux, Roxane Mesquida. Selon Matthieu (2000) de Xavier Beauvois avec Nathalie Baye, Benoît Magimel. Romance (1998) de Catherine Breillat avec Caroline Ducey, Sagamore Stevenin. Petit extrait d'interview : "Son nom sent le soufre. Cinéaste, écrivain, scénariste, Catherine Breillat, née en 1947, a écrit son premier roman, L'homme facile, à l'âge de 17 ans. Il fut pilonné à la frontière suisse et son éditeur, Christian Bourgois, poursuivi. Par la suite, et bien que la critique, de Michel Ciment à Serge Daney, la reconnaisse d'emblée pour ce qu'elle est, une artiste, on a longtemps continué à la ranger, livres et films, au rayon des pornographes. En 1999 pourtant, son film Romance lui apporte la reconnaissance d'un public plus élargi. En mars dernier, A ma sœur sort sur les écrans. Aujourd'hui, son récit Pornocratie, une fois de plus, examine, dans leur fondamentale et double imposture, les rapports entre les deux sexes. Catherine Breillat, "Pornocratie" tient dans un incandescent huis-clos entre un homosexuel et une jeune femme. Le regard des homosexuels est plus pertinent ? Je crois profondément que chacun de nous est constitué à 80% par le regard des autres. Alors oui, la narratrice de Pornocratie estime que le regard d'un homme qui n'aime pas les femmes sera moins faussé. Prétendant ne pas aimer les femmes, les gays les aiment moins mal. Je crois aussi que l'homosexualité masculine porte à son comble cette peur terrifante qu'ont tous les hommes de la douceur des filles. Vous écrivez que les hommes veulent faire du sexe de la femme une "bouillie sanglante" afin d'y faire "apparaître le visage de Dieu" … Oui, je crois que les hommes fantasment le sexe de la femme comme quelque chose d'immense dans quoi ils vont se perdre et qu'ils punissent pour cela. L'éventrement des femmes par les islamistes intégristes ou par un Jack l'Eventreur, ça vient de là. Les hommes ont une peur monstrueuse de cet endroit occulte dont, en naissant, ils sortent déjà grands, et où ils retournent au cours de l'acte sexuel beaucoup plus petits… Vous comparez même le sexe de la femme à un "triangle funèbre" semblable à "la nuque courbée de l'esclave" … Ça, c'est le regard de la femme sur son propre sexe, de celle qui a subi, intégré le regard masculin. Un regard faussé. Le regard des femmes sur elles-mêmes sont rarement autre chose que le contrecoup de celui de l'homme. A certaines époques pourtant, comme chez les Egyptiens, hommes et femmes - déesses et dieux - étaient placés sur un pied d'égalité. " Mais les anciens Grecs déjà parlaient de pornocratie par crainte du pouvoir croissant que les femmes prenaient dans le gouvernement. Ce pouvoir leur faisait peur… La barbarie masculine s'est définitivement apesantie sur le monde à partir du moment où l'on a décidé que Dieu était un homme et que l'homme a inscrit son propre regard sur la femme dans les lois, si bien qu'elle n'a pas les mêmes droits que lui. " Aujourd'hui, l'intégrisme religieux continue à placer la femme sous un joug, symbolisé par un foulard. Moi, je dis que le foulard, c'est la croix gammée moderne. L'accepter, ça veut dire qu'on est d'accord pour les femmes vitriolées en Algérie, éventrées ici et là… Le sexe faible, ce serait les hommes ? Oui, eux-mêmes sont victimes d'un joug. Au petit homme, on dit : "Sois un homme ! " C'est donc qu'il ne l'est pas. Jamais on ne dira à une fille : "Sois une fille ! " Les hommes sont eux aussi obligés à l'imposture. Mais leur imposture, ils sont parvenus à lui donner force de loi. Bon, que serait une relation authentique, libre, limpide entre un homme et une femme ? Commençons par faire tomber un faux langage : un homme ne possède jamais une femme. C'est le contraire. Bien sûr, l'homme peut se penser prépondérant dans un premier temps, parce qu'il a un désir beaucoup plus visible et, je dirais, plus impératif dans la mesure où, justement, il est plus fragile. Mais au-delà de ce premier temps, c'est l'homme qui est possédé. C'est évident. Et plutôt beau. On ne sort pas d'une relation de force et de faiblesse, alors ? Non… oui, mais si la force est quelque chose qui va et qui vient entre l'un et l'autre, si ça devient un pouvoir qu'on s'échange, c'est pas du tout la même chose que si elle reste d'un côté et qu'elle s'exerce sur quelqu'un qui est dominé. C'est votre expérience ? Oui, mais est-ce qu'on est seul de son bord à l'expérimenter ? Est-on fait pour rencontrer l'autre ? Dans les légendes arthuriennes, les héros font un bout de chemin avec les autres, mais, en fait, leur quête reste toujours solitaire. Les autres ne leur servent que de jalons sur leur parcours. Pour moi aussi : les autres sont des jalons, des êtres qui vous font faire une partie du chemin qu'on doit faire en soi-même. Des jalons qui nous servent ? … Jamais de réelles rencontres… On naît seul, on meurt seul : pourquoi voulez-vous qu'on vive ensemble ? Le problème, c'est que la société nous signifie qu'être seul, c'est un échec. D'où, chez beaucoup, le désir de se fuir soi-même, de rencontrer quelqu'un à tout prix. C'est une obsession de notre société. C'est idiot. " Je viens de lire La Vie brève de Sénèque. Là, on voit bien que l'essentiel, c'est de vivre avec soi-même, que c'est pas la peine de courir après le monde entier, après de vains plaisirs… Alors, quand vous mettez ça en regard de tout ce que nous racontent les magazines féminins sur la solitude de la femme de 40 ans… tous ces propos grotesques ! Parce que la solitude, c'est quelque chose de magnifique ! Bien sûr, si on est bien accompagné, ça peut-être rayonnant. Mais, dans le fond, il vaut mieux être rayonnant soi-même que d'être avec un éteignoir, non ? Vous vivez seule ? Ben oui, je vis seule. Je suis très bien. Je fais des films. J'ai eu plein d'enfants, une fille de 28 ans, un fils de 21, et une fille qui en a neuf. La petite, vous l'éduquez comment ? Comme un nounours… Il faut bien reconnaître qu'il y a un grave égoïsme à avoir des enfants… Si vous l'éduquez comme un nounours, évidemment qu'il y en a. Oui, mais c'est vrai. Quand je dis que je l'éduque, c'est que je lui passe le sens du langage, des choses comme ça - cela ne me coûte rien. Mais pour tout ce qui me coûte, je suis incapable de le faire. " Quelques critiques : "La transgression, dans Une vraie jeune fille, prend un sens très immédiat et très concret : à tout instant, on est conscient du fait que le cinéma ordinaire, ici, prendrait une autre direction, ou s’arrêterait. Le cinéma de Breillat, lui, ose. Il continue, poussé à la fois par la curiosité et par l’honnêteté. J’ose montrer les choses de cette manière, je pousse cette scène aussi loin, parce que je veux voir ce qui se passera si je le fais, et parce que je veux être fidèle à ce que je ressens comme vrai. Résultat : un film-Gorgone, " "La réprobation discrète qui entoure et conditionne la sexualité féminine, cet héritage de honte et de sujétion, pourquoi Catherine Breillat n’aurait-elle pas le droit de les affronter, d’en montrer les effets ? Pourquoi le public n’aurait-il pas le droit de voir son travail ? Une société ne doit-elle pas garantir à chacun, selon son désir, à la fois la liberté de montrer et la liberté de cacher, l’une n’allant pas sans l’autre ? Les régimes totalitaires ne se caractérisent-ils pas par l’usage de la censure en même temps que par l’intrusion brutale dans la vie privée des citoyens ? Dans La nuit tombe sur Alger la Blanche, Nina Hayat écrivait : "Si je ne peux me raconter à la première personne, réfléchir à ma guise, fouiller dans mon histoire, dans ma mémoire et dans mes rêves, dans mes délires et mes fantasmes, dire et me dédire, étaler mes interrogations, mes croyances et mes doutes au grand jour, les confronter à la critique bienfaisante, aux interrogations, croyances et doutes d'autrui, comment me soumettrai-je à la remise en question qui est pourtant la clef de toute marche en avant pour tendre, et c'est déjà beaucoup, vers la vraie liberté, qui est celle que l'on porte au fond de soi ? " "Aujourd’hui, une femme peut mener sa vie, la réussir aussi bien qu’un homme, se voir reconnaître les mêmes compétences, les mêmes droits, se faire respecter, s’épanouir comme un homme. Il faut qu’elle ait vraiment mauvais esprit, qu’elle cherche activement les emmerdes, pour qu’elle s’entête à remettre l’organique sur la table. Tout le monde la désapprouvera, et pas seulement les hommes – et pas forcément les hommes. Il est pourtant très facile d’y renoncer sans trop se perdre soi-même. Et il y aura toujours des femmes qui y renonceront très volontiers, sans même éprouver le sentiment d’un renoncement, tant les compensations sociales sont importantes. Il y aura toujours des femmes qui pratiqueront ce que l’on pourrait appeler le "dumping amoureux", en proposant aux hommes la douceur, la docilité, une intellectualité raisonnablement bridée, un corps lisse, "allégé" – tout ce que les normes sociales exigent d’elles. Cette conformité assurera au couple un prestige non négligeable, une image de lui-même flatteuse et confortable. Oui, Catherine Breillat a eu de la chance de trouver un homme pour lui faire des enfants… Il y a une dizaine d’années, dans Elle, un article (qui m’avait beaucoup impressionnée) recommandait aux femmes de ne surtout pas se montrer drôles si elles voulaient séduire un homme. Si elles le faisaient rire, elles seraient cantonnées au rôle de la bonne copine, et "le week-end à Venise, ce serait pour une autre". C'était peut-être un peu injuste, mais c'était comme ça : il fallait s'y faire. Eh, oui ! Soyez tarte! Sinon, tintin, Venise ! Compris ? L’exemple est peut-être un peu extrême, mais elle se situe là, la limite tangible de la libération de la femme, aujourd’hui : comment concilier son désir d’être aimée avec son envie de vérité, ou de fidélité à soi-même ? " - Avez-vous vu l'un de ses films ou lu un de ses livres ? Src=/imforum/g2.gif width=15 height=15 border=0>.
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b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

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