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Textes co-écrits par Catsecret et Sanslesmains.

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Vendredi 7 Septembre.

Pour répondre à ton mail.

Tout a commencé par un truc très simple. Un truc idiot, un jour, qui m'a traversé l'esprit. En fait, une idée de base amusante : la possiblilité que deux inconnus puissent tomber amoureux (l'un de l'autre, l'autre de l'un) sans s'être jamais rencontrés. Ni vu. Ni parlé. Ni rien du tout. Impossibilité physique et théorique, à première vue. Bref, la quadrature du cercle. Ou la démonstration de l'axiome même, par l'anti-pratique, que le rien ne peut sortir du rien. Mais voilà, la nature tout le monde le sait, a horreur du vide. Et j'avais oublié ce principe élémentaire. D'où est née, l'histoire qui va suivre. C'est à dire : que tu vas lire. Et découvrir comme moi, en temps réel. Au jour le jour. Puisque c'est toi et moi : qui allons l'écrire. Et ceci, commandé par le hasard seul. Le fatum, des latins. Le karma. Le mektoub. L'ananké, des grecs. Le destin. Bref, comme on voudra appeler ça : ce qui nous a fait nous rencontrer, sur le net, via msn. Avant ton premier appel, voici donc : tel quel le texte original. Le texte inédit, que j'avais conçu. Et heureusement qu'il n'a jamais vu le jour, car il est très mauvais. Dans la syntaxe et la forme. Le début de l'histoire tient en ces quelques phrases (je l'ai dit, mal écrites). Tout juste un brouillon : L'heure bleue arrive. Et avec cet instant de la nuit, le silence. Et avec ce silence, ce moment qu'elle aime tant : devant l'écran, elle achève son texte. Ce texte décrit sa journée. Comme tous les autres jours. Exactement, pratiquement heure par heure. En n'oubliant aucun détail. Comme un film invisible. Elle choisit ses mots, précis. Comme un photographe choisit le meilleur angle. Pour chaque geste. Pour chaque parole. Pour chaque lieu. Comme un instantané, chaque soir, d'un morceau de sa vie. Elle termine sa dernière phrase, la relit. Elle enregistre son texte, referme l'application. Elle regarde l'heure et voit qu'elle a encore le temps. Elle a soudain envie de se caresser. Elle ne peut plus tenir. Et elle se lève avec ce désir, soudain présent, en elle. Il ne faut pourtant pas qu'elle cède, avant l'heure. Elle le sait. Pour que ce soit encore meilleur, plus bon, plus fort. Elle se sent couler de plaisir, à l'avance. Elle sait que c'est irraisonné, irraisonnable. Et ce sentiment, plus que le désir, lui cause comme une jouissance subtile. Car elle pressent, contre toute logique, c'est à dire comme toute femme amoureuse, que cette histoire déjà n'aura pas de fin… Et le texte donc : s'arrête là. C'est à dire, le jour précis où tu m'appelles pour la première fois. Je devrais dire, plus exactement : où tu apparaîs pour la première fois. Dans la liste d'autres contacts inconnus, sur mon écran msn. Un simple pseudo,… Sur lequel je clique. Et ton texte apparait : tous les deux, nous sommes auteurs. C'est toi, qui m'appelles pour me dire que tu as aimé un de ces textes érotiques… que j'écris pour m'amuser. Incognito. Pour une revue féminine. Je dis : pour m'amuser. Mais c'est faux. Et si j'aime écrire des histoires, je déteste mentir. Je devrais dire : pour tenter d'explorer, par pure curiosité, cette part de l'inconscient. Cette zone reptilienne. Ce chaudron du Diable. Ce Continent Noir, comme le qualifiait Freud : le domaine du sexe et des phantasmes. Evidemment, j'avais choisi le côté dont je pouvais le mieux parler. En tant qu'homme : la Femme. Et dans le moteur du désir de la femme : l'Homme. Et c'est là, soudain… que tu débarques. Je te sens tourner en rond. Je cherche ce que tu veux. Et pourquoi, je ne me souviens plus à quel moment, je te demande : si nous écrivions quelque chose, ensemble ? Et c'est là : que tu m'envoies ce smiley. En me répondant : j'allais vous demander la même chose, et je n'osais pas. Peut-être allez-vous trouver ça, très idiot : mais ce serait une histoire, entre deux inconnus, qui tombent amoureux, sans s'être jamais vus.

Les coïncidences ne s'arrêtaient pas là. Vitesse grand V, elles se mirent à défiler : sur nous-mêmes, deux Lions. Un lion et une lionne. Ca, pour l'astrologie. Moi : qui n'y croit pas un poil. Et le reste qui arrivait, comme une évidence : Une brune. Une brune qui me disait tout net : j'aurais aimé vivre l'Histoire en Brune. Bien. Bien. Il y a en trois, jusqu'ici écrites. Et cette phrase qui tombe. Ta préférée : c'est Histoire en Brune (2). Et ce que je t'apprends : celle qui passionne le moins, des trois. Ma préférée à moi, aussi. Evident paradoxe : peut-être, celle qui contient le plus toute la suite. Que tu ne connais pas. Que tu ne peux pas connaître. Puisque non écrite encore. Bref… les coïncidences s'accumulaient, tellement un max, que ça en devenait presque gênant : pour tous les deux. Je tente une diversion, sur la nuisette que tu me dis porter. Je prévois le coup. Je tente le forcing : petite photo, qui me ferait plaisir. Silence sur l'écran. Et cette réponse : ok je tente, mais je ne veux rien voir de toi. Peut-être que je ne vais pas te plaire. Dis-le moi, c'est tout : je te l'envoie. A cet instant, je suis encore froid. Et je m'attends au pire. J'entends : qualité photo, j'aime trop le cul pour être hypocrite. Je t'excite subtilement. Je descends virtuellement plus bas. Je tente le coup de la petite culotte, qui plaît toujours. Ce simple petit morceau de tissu. Si féminin. Si intime. Si révélateur, dans son choix. Ce sous-vêtement : le terme seul, parle en lui-même. La signature cachée d'une femme. Tes phrases se troublent. Je te sens te rattraper, de justesse. Faire une pirouette. Et sur l'écran, cette courte phrase : C fait. Je quitte msn. Je vais sur ma boite mail. J'ouvre la photo. Et là, je te vois : une brune… au minois de chat. Je vois ce sourire, et ce petit nez, que j'ai déjà rencontré. Cette attitude si désinvolte. Et ce masque si tendre. Et ce qu'il y a derrière, de si caché… que je connais. Par coeur. Mais ce n'est pas elle : c'est toi. Je reviens sur msn. On convient de s'envoyer nos deux textes. Dès le lendemain. Comme ça, pour voir. Sans rien calculer. Et de les poster ensemble, en binome. Un coup toi, un coup moi. Sur la même revue Féminine… un texte à suivre. Le soir même dans ma boite mail, je découvre : la seconde photo. Et c'est là, que l'histoire commence.

CSECRET.

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Vendredi 7 septembre.

On y est. Le jeu a commencé. Je n'avais pourtant pas besoin, pas envie, dun nouvel "amant virtuel". J'errais au contraire dans les couloirs d'Eros, à la recherche dans le fond de l'ultime écoeurement. Du détail glauque de trop, qui m'aurait fait dire que je n'avais pas ma place ici. Et revenir dans ce réel où je ne suis pas heureuse un peu plus convaincue que c'est encore lherbe la plus verte ! Et je tombe sur lui.

"Amant", "virtuel". Ce soir là, j'ai pesé ces mots, vraiment. Il avait écrit une nouvelle érotique. "Damants virtuels", donc. Pris par le milieu, ce texte aurait ressemblé à tous les autres. Des mots crus, et des litres probablement de sperme et autres nectars intimes. Youpi. Plus ça va, plus je me demande ce que je fais là ?! Cela ne m'excite même plus. Pour être honnête, cela ne m'a jamais mise en transe. Je me suis souvent demandé, d'ailleurs si les femmes qui écartaient les cuisses et jouissaient sur leurs doigts, avec 20 lignes de x, existaient ailleurs que dans le fantasme des auteurs ? Je n'en sais - foutre - rien, mais passons. Le début, par contre, était rafraîchissant. Je n'avais jamais vu quelquun se mettre en scène avec autant de prétention. A ce moment, j'ai souri. Lui, le meilleur amant virtuel dont on puisse rêver et moi, tellement "inséductible" maintenant "quel beau mélange on ferait ! ". Il ne pourrait tout de même pas être plus prétentieux que moi ?! … qui pousse la pétasserie au point de croire que personne ne saurait plus me faire vibrer ? … Nannn.

Puis l'estocade. J'aurais pu écrire les lignes qui sont nées de sa main. Ce type comprenait tout. Pathétiques, ces femmes accros des frissons du net. Lugubres, ces hôtels où l'on passe au "réel". Insignifiants, ces mecs toutes queues dehors, qui chassent l'internaute dans l'ombre de madame. Lui, non. Lui il a du panache. Lui il sait jouir tendrement. Lui, lui lui c'est le mec plus ultra. S'il était homme-sandwich, c'est ce qu'aurait dit sa pub, en tout cas.

Lui, il doit être psy. C'est pas possible autrement. Il fait toutes les erreurs des autres, sauf une. Lui, il promet d'être là. Il parle à l'âme des femmes, en fait. Il les comprend, on dirait. Il doit les connaître bien, j'imagine. Il sait l'avantage du cyber homme sur le phallique jouet : un supplément d'âme.

Il se décrit beau, ceci dit je m'en fiche. Est-ce qu'il me trouverait belle ? Je m'en fiche encore plus. Sûre de moi à peu près autant qu'il l'est de lui, à ce stade un choc des titans me parait toujours appartenir au musée des grosses farces. Et puis les lignes se déroulent. Décidément, il m'intrigue. Il écrit comme on pillonne. Je n'aime pas du tout. Il trouve que j'écris mal. Comme on feule avec application, et toute la vie (du malheureux lecteur) devant soi. A la bonne heure. Bon et maintenant, que faire ? Lui envoyer un mp, peut-être, à monsieur-je-sais-mieux ? Oui, je fais ça. Et je vais être super honnête moi aussi. Un dial Q ? Plus envie, blasée. Un amant virtuel ? Quest-ce qu'on entend par "amant", d'abord ?

Mouiller ? Jouir ? … mon copain fait ça très bien. Alors quoi ? Qu'est-ce qui me ferait vibrer ? Introspection. Début de réponse. Qu'il me surprenne, souvent. Les "caresse-toi", "est-ce que tu es nue ? ", "fais-moi rêver", "fais comme je te dis" no way. Qu'est-ce qui pourrait bien faire que je me réveille le matin avec une envie à crever de retrouver mon doux amant virtuel ? Qu'il en fasse plus que moi. Qu'il passe ses jours et surtout ses nuits à m'écrire, me guetter, imaginer des scénarios pour m'attacher à lui, le lendemain, un peu plus.

Il faut que je me sente exister dans la plus petite de ses cellules, même en dehors des heures de bureau. Je veux qu'il soit si fort que je puisse, avec des mots, sentir le grain de sa peau comme s'il était là. Qu'il n'ait plus qu'une préoccupation : trouver le moyen de me faire revenir à lui, plutôt que vers un autre. Parce qu'il saurait que les autres ne manquent pas. Il aurait complètement compris, que sa seule force, ce serait la tendresse. Ce qu'un mari, un gode, un film, une histoire, ne transmettent pas. Que le seul moyen d'avoir la prétention de faire jouir une femme, c'est de lui donner envie de l'homme. Pas de lui donner envie de baise. Qu'il soit jaloux de lair que je respire. Qu'il achète un téléphone rien que pour qu'on ait un numéro à nous. Qu'il m'envoie de la musique Bref, qu'il soit fou un peu. Comme cet ancien amour virtuel, qui me sacrifiait beaucoup, et qui sera toujours dans mon cur.

Qu'est-ce que je lui donnerais en retour ? Je ne sais pas. Sûrement autant que les autres. Pourquoi me choisirait-il, alors ? Je m'interroge. Et je me dis quon ne va jamais si haut qu'avec une femme amoureuse. Alors il faut qu'il me fasse souffrir aussi, un peu. Qu'il sache ne pas être là, quand j'ai absolument besoin de le voir. Qu'il méchappe, me revienne. Pour que je m'attache. Qu'il devine mon moral. Qu'il n'ait pas envie de moi, parfois. Je ne veux pas seulement "jouir", je veux qu'il me fasse pleurer de bien-être. Pour lui donner tout, il faut que je l'admire. Et pour que je l'admire, il faut qu'il se surpasse. J'ai envie d'obséder ses pensées, d'être un manque permanent, son plus délicieux problème.

Il serait parfait, comme ça, l'"Amant" virtuel. Une exquise parabole de l'homme. Mais c'est un pur fantasme, un scénario de film le Net, c'est pas ça.

Le mystérieux auteur ne se démonte pas. Pire, il prétend pouvoir me faire plier. Haha ha ha. J'aurais ma part de défi aussi, avec lui qui ne s'attache pas. Alors soudain, l'idée ! La sienne. Un jeu. Top il commence. Il perdra. J'ai le cur en bois.

Viens, viens dans la lumière. Mais mets toi à nu. Ou ne jouons pas. Fais ton choix.

Sanslesmains.
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16631
b
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