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Chérie tchador

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
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Shadi Parand, 39 ans, styliste et créatrice de mode à Téhéran. Elle joue des contraintes de l'ordre islamique pour inventer des vêtements aussi traditionnels qu'audacieux. Téhéran est une ville de science-fiction. On y traverse sans cesse des mondes parallèles. Et de toutes sortes. Il suffit de soulever un coin du voile. Ici, des miliciens en treillis, l'oeil aux aguets, en principe à l'affût des mèches de cheveux évadées des foulards. Là, des élégantes au nez refait, le front à ce point botoxisé par Touraj N., le chirurgien à la mode, qu'elles en ont perdu l'usage du froncement de sourcil. A quelques années-lumière de là, soit quelques quartiers plus au sud, d'autres jeunes filles aux tchadors anthracite se préparent à gagner la ville sainte de Qom pour jeter dans le puits aux désirs un message demandant à Mehdi, l'imam des temps futurs, disparu il y a une douzaine de siècles, de leur trouver un gentil mari. Ici, un ministère avec des technocrates en petits costumes étriqués à la mode islamique. Là, un studio, avec des cinéastes en jeans qui filment leur nombril en rêvant à Cannes. Dans une mosquée, des dévots prient avec ferveur à côté d'une salle de musculation branchée qu'aurait pu fréquenter Schwarzenegger, d'un café-bouquiniste fermé parce que filles et garçons s'y faisaient les yeux doux ou d'un cénacle d'intellectuels fumeurs d'opium en plein débat sur la validité des thèses heideggériennes. L'ailleurs commence au coin de la rue. Le monde de Shadi Parand, c'est la haute couture et le prêt-à-porter made in Téhéran. Des créations rageusement sexy, assez provocantes en ces temps de rigueur idéologique tout en demeurant d'inspiration iranienne, qui font d'elle la styliste la plus en vogue de la ville. En 2004, ses collections ont triomphé à l'exposition Fashion in Motion organisée par le Victoria and Albert Victoria Museum de Londres qui l'avait choisie, avec quatre autres stylistes, pour présenter la création de mode iranienne. Une rue anonyme du nord de Téhéran, l'équivalent de nos beaux quartiers. Une façade qui ne paye pas de mine. On grimpe un escalier. Un palais se dévoile. C'est chic et de bon goût. Dans un pays qui n'a ni journaux de mode, ni défilés, ni chroniqueurs, où la chaîne Fashion TV est interdite, c'est chez elle que tout se passe : la création, la confection, la présentation, la vente. La vie quotidienne étant entièrement définie par le concept de andarouni/birouni, autrement dit intra-muros/extra-muros, la mode doit obligatoirement rendre compte de cette division du monde. Il y a ce que l'on porte à l'extérieur et à l'intérieur. Hors la maison, on ne doit rien montrer. C'est le monde du hedjab : tchador, roussari (foulard) , maghnaeh (cagoule en coton) et aussi le mantô (manteau ou imper qui permet de cacher le corps). Chez soi, une fois la porte refermée, on peut tout. Le tchador et ses avatars ne sont qu'un trompe-l'oeil, du moins dans la bourgeoisie ou les classes moyennes. Comme tout se passe à l'intérieur des maisons, la femme iranienne se doit d'être bien habillée. Elle le fait par coquetterie, pour la frime ou pour les hommes. Peut-être aussi par manque de confiance en elle. Les Iraniennes dépensent énormément pour leur look, beaucoup plus que les Françaises. Toutes sont sur le chemin de la mode. D'abord, celui de la mode occidentale qui est très prisée, explique Shadi. Mais la créatrice, 39 ans, mariée et mère de famille, a voulu aussi apporter la mode dans le birouni la rue. Au début, je ne voulais pas. Puis, je me suis dit que, quel que soit le vêtement, autant être féminine et sexy, et qu'il soit agréable à porter. J'ai donc fait des mantôs très avant-garde que j'ai même portés aux Bains-Douches à Paris. Pareil pour les tchadors : Celui-là a un pan qui remonte sur la tête, mais qui, une fois arrivée à une soirée, si tu le laisses tomber, découvre un petit haut sexy. La styliste dit être née sur une table de couture. A cause d'une mère couturière qu'affectionnaient les dames de la haute bourgeoisie de l'époque du Shah. Mais si celle-ci innovait peu, Shadi fait tout le contraire. C'est après avoir pas mal navigué trois ans de médecine à Montpellier, école de journalisme à Lille, de couture à New York qu'elle est revenue s'ancrer à Téhéran. Dans sa clientèle, beaucoup d'artistes, de jeunes femmes qui n'ont pas les moyens d'approcher la haute couture occidentale et d'Iraniennes de la diaspora. Elle a bien profité des années Khatami qui ont raccourci les mantôs, les ont rapprochés du corps, coloré les foulards, les ont desserrés, permettant aux chevelures de s'envoler : Quand ça se libéralise, je vends plus car il y a davantage de soirées. Avec l'arrivée au pouvoir du conservateur Ahmadinejad, l'ordre islamique risque de revenir en force. Déjà, son mentor, le Guide suprême, l'ayatollah Khamenei, avait lancé l'an dernier cette mise en garde : Les Iraniens devraient dessiner un costume national (…) mais ne doivent pas tirer leur inspiration des pages des magazines de mode occidentaux. On s'attend à ce que le code vestimentaire subisse un tour de vis à l'heure où les Iraniennes, celles qui le peuvent, ont de plus en plus tendance à s'habiller chic, sexy et à chercher le sophistiqué. Shadi sait les tensions que cette dichotomie peut provoquer. Il y a quelques années, elle avait créé un mantô pour les soirées pouvant mal tourner. Comprenez, celles qui voient débarquer les bassidji (miliciens) et se terminent au poste. Sa particularité : il peut servir de couverture en cellule, possède plein de poches pour y planquer rouge à lèvres, cigarettes ou médicaments, plus une petite cachette secrète pour y glisser le téléphone portable. Quel que soit l'air du temps, Shadi, une femme vive, malicieuse, avec un côté garçon manqué revendiqué et un prénom joie en persan qui la traduit bien, veut inspirer une mode qui n'enferme pas la femme. Elle a créé un troublant tchador en tulle lamé pouvant se transformer en voile de jeune mariée. En quête de couleurs, elle emprunte beaucoup aux tissus et aux motifs traditionnels, ce qui la conduit à chiner dans tout le pays. J'ai toute une ligne influencée par les vêtements du Kurdistan avec des couleurs turquoise et or. Je suis fière d'être iranienne. Je pousse les femmes à choisir des motifs iraniens et je fais un effort pour utiliser tous les tissus de mon pays. Les tissus nobles employés dans la décoration, comme le termeh, je les ai repris pour des robes. Cela va rarement sans audace. Elle s'est emparée des longs, ces paréos rouges en coton très doux portés par les hommes au hammam, pour des pochettes et des foulards. Sur une robe, elle a transformé une mosquée en femme où les seins remplacent les dômes, ajouté à une autre des motifs de mihrab (niche qui, dans les mosquées, indique La Mecque) et imprimé sur une troisième des yeux très expressifs d'Iraniennes. En 2003, elle a suivi des cours d'erfan (mystique) et découvert Rûmi, le plus grand poète mystique persan. Un tournant dans sa création. Depuis, certains de ses poèmes d'amour divin se retrouvent sur des robes qui découvrent la cuisse. Sur d'autres, des aveux de la poète érotique Forough Farokhzad : J'ai péché. Un péché plein de plaisir à côté d'un corps tremblant et enivré. Chaque robe a sa propre philosophie, commente Shadi. J'encourage les femmes à faire ce qu'elles veulent, je les pousse à vivre leur vie. Moi-même, je suis ravie de la mienne ici. C'est une vie de rêve… mais s'ils m'embêtent, je partirai.
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Moi aussi !
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par maitre zinsou | le 23/06/17 à 21:36

Bonjour

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