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Elle vit une jouissance quelque peu agressive

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
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Elle est là, le visage contre la vitre froide, pleurant doucement, le regard fouillant la nuit noire qui s'étend hors du wagon, hors du monde, telle une fenêtre sur le vide et l'infini... Les souvenirs déchirés de sa mémoire, derniers instants vécus, ont affaibli son âme et elle se sent perdue... Qu'est-ce qui l'attend au bout du voyage, dans ce train où elle n'a pas l'impression d'exister? Cent fois elle a refait le même trajet, elle en connaît le début et en connaît la fin, elle attend le visiteur... La porte du compartiment s'ouvre et l'homme rentre, brisant le silence de sa seule présence, il est à la fois séduisant et terrible, homme et enfant mélangé en une malsaine existence. Les cheveux fous, les yeux trop clairs, délavés. Il va vers elle en boîtant fortement de la jambe droite, elle le regarde, le détaille, le soupèse, elle pense que ce doit être lui... Son visage est long, le menton bas, pas rasé, il porte une redingote et un gilet sur une chemise sans col fermée par une mince cravate. Ses habits sont d'un autre âge, le temps n'a plus d'emprise sur eux. Un bandage crasseux cache une blessure au poignet, des taches brunes maculent le tissu... - Bonsoir Clara... Excuse moi, je préfère t'appeler comme cela, même si je sais que ce n'est pas ton prénom... Je peux m'asseoir à tes côtés? Elle fait oui de la tête, un peu résignée... Et l'homme vient se coller contre elle, son pantalon de toile usée contre sa cuisse nue, les croûtes du bandages effleurant son poignet, une odeur de moisi agresse ses narines. Quel âge peut-il avoir? Entre 30 et 40 pense-t-elle, mais c'est difficile à deviner... - Tu trembles.... Tu as froid? Peur? Peur de moi? Tu ne devrais pas, je suis là pour faire battre ton coeur, faire couler ton sang, t'offrir l'exquise jouissance... - Je sais, je le sens... - Que ressens-tu exactement? Tu as l'air d'une gerboise face au python, j'en ai vu lors de mes voyages, cette même expression, ce corps pétrifié, ces muscles qui se tétanisent. Regarde! Tes doigts sont blancs tellement tu serres les poings... - Je sais... C'est comme une sensation de déjà vu... Je sais qui vous êtes, mais pas ce que vous voulez... - Mmmm... Ca va revenir, ne t'inquiète pas... Détends-toi.. C'est fou ce que tu lui ressembles! Ses yeux vides s'enflamment un instant alors qu'il prononce ces mots.. Il sort de sa poche une montre à gousset, la consulte, la pose sur la desserte, puis sort d'une poche de sa redingote un couteau fin dont la lame brille, et le pose à côté de la montre.. - Ressemble à qui? Je sais qui vous êtes, mais je ne vous connais pas, et cette conversation commence à m'ennuyer... - Tu ressembles à sa femme.. Celle qui me l'a volé! Tu ne peux pas comprendre, mais c'est bientôt l'heure... Il se tourne vers elle, jusqu'a présent il parlait dans le vide, ou plutôt à quelqu'un d'invisible, comme si elle était assise en face de lui. Il se penche vers elle, son souffle caresse son visage alors qu'il parle.. - Je t'ennuie? Moi, Je m'ennuie beaucoup, toujours... Mais mon maître m'a trouvé une occupation, il tire par la cravate ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel... Et il pose sa main sur sa cuisse blanche en appréciant le velours, remontant doucement vers la source de ses jambes, elle ne bronche pas, se laissant faire. Sa main gauche prend la fine lame, et d'un geste assuré il ouvre en deux sa robe, libérant des seins lourds. Elle frémit... - Comme tu es belle ainsi belle enfant, pauvre folle. Je te regardais par la fenêtre du compartiment, les yeux perdus sur l'ombre, balbutiant quelques quelconques regrets, tes grandes visions étranglaient ta parole et l'Infini terrible effara ton oeil bleu... Sa main droite tord ses cheveux, il regarde sa montre, la fenêtre, le vide de la nuit, puis de sa main gauche lui écarte les cuisses... De sa bouche froide il baise ses seins et déploie en corolle le lys de son sexe. Nausée et plaisir se fondent en elle, l'interdit brise ses barrières.Elle se sent mouiller bien malgré elle, comme un réflexe primaire trop longtemps oublié... Ses doigts fouillent sa chair, la souillent de pêché, sa langue tel un serpent aglyphe se love autour de son téton. Il tire sa tête en arrière, faisant sortir son cou, de jeunes veines saillantes y dessinent des fleuves et leurs affluents. Les cheveux gras de l'homme pleurent sur ses épaules, elle sent qu'elle se donne entière à lui et que son âme résonne à la sienne comme un chant lamentu. - Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis, tu entends au lointain monter les hallalis... Lui murmure-t-il à l'oreille, enfonçant violemment ses doigts en elle, son bras droit passant sur l'épaule, la serrant contre lui... - Voila mille ans que ce train remonte le fleuve noir du temps, que nos fantômes brisent la romance adultère, que je suis Calamos qui a perdu Carpos, et se trouve transformé en roseau.... Deux doigts enfoncés dans son vagin, de son pouce il masse d'une caresse appuyée son clitoris, elle serre les jambes et ses pensées chavirent, bercées par la voix monocorde de l'homme. - Tu étais sa Bérénice, mais c'est moi qu'il a voulu voir mort. L'as-tu jamais aimé comme je le fis? Tu te donnes à moi si facilement telle une chienne.. Et du coin de l'oeil il regarde la montre, les aiguilles rouillées n'ont pas bougé depuis des années, pourtant il sait que l'heure arrive, bientôt le train passera sur le pont. Elle pose sa main sur son pantalon, cherchant son désir, voulant lui en donner aussi, mais il ne bande pas... - Tu cherches l'amant ithyphallique? Mais je ne suis pas pour toi, je ne suis que chairs mortes depuis bien des années! Et il se lève, l'entraînant avec elle. Prenant le couteau, il fait sauter les derniers morceaux de tissu qui couvraient son dos, quelques gouttes de sang perlent des griffures. Sa voix se fait dure, méchante, il exulte. - Entends-tu mon malheur, pauvre Vénus? Leurs quolibets l'ont dépravé ! Mon oisive jeunesse a tout asservi, par délicatesse j'ai perdu ma vie. Entends-tu cela? Comprends-tu ton rôle et le mien? La peur a remplacé le désir ou la folie dans l'esprit de la femme, elle se débat mais le bras droit de l'homme entoure son cou et l'empêche de bouger. Le pansement est collé à ses lèvres et elle a le goût de la pourriture dans la bouche. Elle manque d'air et son coeur bat la chamade dans sa poitrine. - Tu es belle, blanche comme neige, ton sang si profondément lointain, je vais le faire sortir tel un nectar, ta chair s'ouvrant comme une fleur, car je suis le vent de Norvège qui t'apporte la liberté.... Et de la lame fine qu'il tient dans sa main gauche il dessine une courbe, un demi-cercle juste sous son sein droit. Elle ressent milles piqûres comme autant de fourmis mordant sa chair et essaie de crier, mais le pansement fait un bâillon immonde étouffant ses cris. - Aimerais-tu entendre le crissement du couteau sur tes os? Que ce trou chaud souffle la vie... Découpant ton sein trop doux, ta poitrine épaisse, en révélant le vermeil... Elle agite les bras de façon désordonnée, complètement paniquée et sentant la mort approcher. Elle donne des coups, frappe la lame, creusant des sillons rouges sur ses doigts fins et délicats. Ses pieds ne touchent plus le sol, il la soulève d'un seul bras.Ses mains qui brassent l'air envoient des fines gouttes de sang qui dessinent des constellations sur les murs du compartiment. Mais dans un mouvement elle cogne le poignet de l'homme assez fort pour que la main s'ouvre, que le couteau saute, tombe sur le sol et glisse sous la porte... Ses mains et ses avant-bras ne sont que plaies mais elle reprend courage, comme si son seul ennemi etait ce scalpel effilé. Il regarde vers le sol, cherchant son arme, mais ne la voit plus. Il regarde la montre et laisse échapper un souffle, presque un râle, indiquant son contentement. Il resserre encore son étreinte, et lève la main gauche vers la vitre coulissante. Tirant violemment vers le bas, il ouvre la fenêtre en grand. L'air froid de la nuit et des odeurs humides s'engouffrent et font voler les rideaux. C'est comme une douche glacée qui tombe sur le corps de la femme, soudain elle comprend qu'elle n'a aucun espoir à attendre.Le vent siffle, l'homme se penche légèrement pour scruter la nuit... - Entends-tu le râle des mers folles? Je suis le cavalier d'avril!!! Il la soulève encore,, et la faisant basculer il sort une moitié de son corps hors du train. L'homme guette, ses cheveux dansant dans le vent lui donnant un air diabolique. Ses yeux clairs grand ouverts ne cillent pas, comme si le vent et les escarbilles n'avaient aucune influence sur lui. Il hume l'air, il sent l'humus que lui apporte le vent, il sait que l'heure sonne, que le pont est là!Il penche encore plus la femme par la fenêtre, son corps blanc à moitié dans la nuit, dans le vent. Elle gesticule, cherche une prise, de temps en temps une branche d'arbre la griffe, elle se demande si elle peut survivre à une chute, si elle va vivre, pourquoi cet homme veut la tuer, ce qu'elle faisait dans ce train... - Tu etais anadyomène, je vais te rendre à l'eau!!!! - NOOOOOOOOOON!!!!! Elle entend son cri, comme un premier cri, mais elle sait que c'est le dernier... L'homme l'a lâchée, elle vole.. Ou du moins elle a l'impression de voler, il n'y a plus de bruit, plus de souffrance, son cerveau a envoyé assez d'endomorphine pour la calmer.. Ou bien est-ce son coeur qui a déjà cessé de battre, de peur? Son corps lourd du sommeil de la mort tombe mollement dans les nénuphars qui soupirent... Soulevant des jets d'eau qui se séparent en milliers de gouttes brillantes comme des diamants dans la nuit à la lumière de la lune.Son être entre en osmose avec l'élément liquide, comme une libération, un but final, un retour à l'élément originel... Rien ne trouble cette fusion... Juste une bulle de sang éclatant à sa bouche, qui réveille les poules d'eau. Ses beaux yeux au regard maintenant vide s'enveloppent d'une eau glauque, et ses cheveux dansent avec les sombres remous. Elle forme une tache blanche au millieu de la rivière au coeur de la nuit à la frontière de nulle part.. Au loin, fusionnant avec le bruit des rails, un chant mystérieux s'enfonce dans la nuit. "Don't ask me where I've been.... Just count your stars... I'm home again..." L'homme est debout dans le compartiment vide, la fenêtre est fermée, les rideaux et les murs sont propres, la montre est rangée, rien n'indique un drame. Comme si rien ne s'était passé. L'homme ouvre la porte, marche sur le couteau qui se casse. Il ajuste sa fine cravate, remet un peu, malhabilement, ses cheveux en place. Il a un petit sourire aux lèvres.Alors qu'il marche dans le couloir, il sent une odeur de vanille et de cannelle qui flotte dans les airs... Il passe devant un compartiment et entend une voix de femme qui, de façon autoritaire, dit "Fais-toi plaisir, Ophélie !..." L'homme se dirige vers les wagons de queue et disparaît dans la nuit et le temps... Jusqu'a la prochaine fois... (Quelque part, un inconnu se prépare à vivre la 5ème rencontre)
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237811
b
Moi aussi !
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