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Crise finançière, ''C'est la faute à l'Allemagne'' ?

Témoignage d'internaute trouvé sur france2
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"C'est la faute à l'Allemagne" , lance Alain Minc, sûr de lui, comme chaque fois qu'il ouvre le bec, y compris pour ânonner des bêtises, "Berlin a torpillé l'idée d'un plan de sauvetage européen des banques" , éditorialise "Le Monde" qui change sans cesse de direction sans trouver le bon cap. "L'Allemagne perd de sa superbe" , sourient quelques journalistes dits "économiques "ou "financiers" qui se sont faits depuis des années les avocats dociles d'un système en déroute dont ils ne vantaient que les vertus… La Crise n'a pas tué la franchouillardise, cette caractéristique nationale qui finit pas rendre insupportable notre arrogance parisienne…

Même Joffrin, si pertinent par ailleurs, ne résiste pas, dans libération, à l'envie d'enfoncer un coup d'épingle gamin dans le dos d'Angéla Merkel qui se croyait assez forte pour faire rentrer à elle toute seul "le génie de la spéculation dans sa lampe"…

Oui, Berlin a dit Non à un "plan à la Bush" . Heureusement d'ailleurs. D'abord, le "plan Paulson" n'a en rien calmé la fièvre à Wall Street. Ensuite, l'Union européenne n'est pas une structure de type "Etats Unis d'Amérique" (et ce n'est pas la faute des Allemands qui ont du fédéralisme une expérience et une idée qui manquent tant aux jacobins des bords de Seine). La BCE n'est pas le FED. En l'état, et ce ne sont pas les Allemands qui sont responsables du rejet des projets de Constitution…) l'Euroland n'a pas les moyens politiques, juridiques et techniques de lancer un plan global tel que les Néerlandais et une moitié de Sarkozy semblait vouloir. C'est un fait, non une opinion. Il n'existe pas de souveraineté européenne budgétaire.

Oui, Berlin a dit OUI à une garantie des intérêts des clients des banques. En dépit de la somme vertigineuse que cela représente : 500 milliards. ! Mais n'a-t-on pas fait les mêmes promesses en France ? Et cette protection publique allemande fait appel aux banques et ne concerne que les dépôts (des épargnants contrairement aux garanties irlandaises qui concernent tous les fonds, y compris les plus spéculatifs).

Et alors ?

1) Angela Merkel veut sauver les banques, mais pas les banquiers coupables. N'a-t-elle pas raison ? Elle est soucieuse de faire la différence entre les spéculateurs qui ont "plongé dans le pot de confiture" et ceux qui ont su conserver sang-froid et leur honnêteté. Est-ce "désinvolte" , comme le prétend Le Monde ? La désinvolture est à l'Elysée depuis l'arrivée de Sarkozy qui pense, comme Bush, que les déficits budgétaires n'ont aucune importance, même quand ils sont colossaux et deviennent abyssaux… Ce déficit budgétaire français, selon Minc, est "temporaire" . Parole "d'expert" ! C'est, en plus, faire injure à Merkel de croire qu'elle n'a pas vu venir ses propres malheurs. Le Monde projette là sa propre sous-information.

2) Angela Merkel avait proposé durant la présidence allemande, avant la tempête actuelle, toute une série de mesures… préconisées aujourd'hui par ses partenaires. Contre les parachutes dorés, pour un assainissement des salaires des banquiers et des patrons-joueurs, contre les effets pervers d'un capitalisme perverti par une financiarisation outrancière. Pour une vraie régularisation financière (dont Londres ne voulait pas entendre parler).

3) Angela Merkel est une réaliste qui tient compte de l'Europe telle est. Inachevée. Ce n'est "l'Europe" qui est défaillante aujourd'hui : c'est la non- Europe qui montre son impuissance. Et ce n'est pas avec une réunion à quatre que l'on sauve ce qui peut l'être.

Ce n'est pas "la faute aux allemands" si le vaste programme de transformation réglementaire de l'activité financière (marché de gros et marché de détail, gestion d'actifs) dans toutes leurs dimensions (règles de conduite des opérations financières, règles prudentielles des institutions, organisation des marchés boursiers et de leurs infrastructures) mené par la Commission de Bruxelles avance peu et mal depuis des années… Qui connaît le "Plan d'action pour les services financiers" de 1999-2005, qui se poursuit actuellement sous l'appellation très grand public de "post-PASF" ?

Le PASF, ce devait être l' "achèvement" de la monnaie unique. Elle est toujours en chantier. Avec 3O ans de retard… Avec de vrais constats de carences des Commissions qui ont succédé à Delors et notamment de l'actuelle (ce qui est l'une des raisons qui nous poussent à réclamer la démission de Barroso, "neo-conservateur" ravageur et mauvais patron d'une mauvaise Commission qui se contente de mal communiquer en agissant le moins possible. Inconscience bruxelloise encouragée par Londres et Paris. Pas par Berlin !

Mais ne désespérons pas. Le Monde ose publier l'éditorial le plus indigne (et le plus chargé de fautes) depuis longtemps. Mais deux signes sont encourageants en cette périodes où, comme l'écrit Rue 89, tout se passe comme si" les fous avaient pris le contrôle de l'asile"…

>>>> Alain Minc qui sait avoir des éclairs de lucidité entre deux propos mal inspirés rend hommage à la Banque centrale européenne qui "a fait un boulot extraordinaire"… Tiens, tiens il est temps qu'on le reconnaisse (et le dise). Autrement que du bout des lèvres comme n'a pas pu faire autrement Sarkozy, le plus zélé et le plus mal inspiré de ses procureurs.

>>>> Laurent Joffrin a tout à fait raison : "On croyait jusque-là que l'unité politique de l'Europe était avant tout un doux rêve fédéraliste, défendu par les utopistes et tenu en méfiance par les peuples. La bévue des nations égoïstes, qui plongera l'économie européenne dans la récession si elle n'est pas vite effacée, montre qu'elle est devenue une nécessité." Mais qui se cache derrière le "On" de Joffrin ? Des politiques et des journalistes français, pas des Allemands. Les franchouillards continuent comme si la ligne Maginot de la "souveraineté nationale" pouvait être efficace. On dénonce l'impuissance européenne dans toutes les périodes de crises, mais "on" refuse de lui donner de la puissance quand l'occasion se présente.

C'est cette facture là que l'Europe paye en ce moment… Et ce qu'a très bien compris l'Allemagne. Qui, n'en déplaise au Monde, a encore plus de leçons à donner qu'à recevoir en matière d'esprit européen.
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62278
b
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