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Je suis sur-endetté

Témoignage d'internaute trouvé sur france3
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Depuis plusieurs mois maintenant, après avoir sonné à de nombreuses portes pour tenter de trouver une solution à nos problèmes de surendettement, je cherche désespérément une solution pour sortir de l'impasse.

Le surendettement est une conséquence directe de notre société, telle qu'elle existe maintenant. Des salaires stagnants, un pouvoir d'achat qui ne cesse de régresser face à un coup de la vie qui lui ne cesse d'augmenter. Et souvent par inconscience, par excès de confiance, ou simplement par nécessité, un bon nombre de français sombre dans la surconsommation de crédits. Bien sur, le but n'est pas de jeter la pierre aux uns ou aux autres, mais simplement de faire un constat et de poser des questions : "Quelles sont les alternatives face à ce type de situation ? ", "Comment les banques gèrent elles ces dossiers ? ", Comment trouver de l'aide lorsque l'on est surendetté ? "…

Quelles sont les alternatives face à ce type de situation ?

D'abord pour trouver des alternatives, il faut cibler la cause d'une telle situation. Si je parle de mon cas, il s'agit d'abord d'un excès de confiance caractérisé. Il n'est pas nécessaire de faire étalage de la dérive, mais simplement de dire que fort d'une stupide inconscience, nous avons pris des décisions malheureuses autant que candides. Fort de salaires confortables, nous avons cédé pour différentes raisons à des réserves d'argent. Seulement ma femme du prendre un autre emploi moins bien rémunéré, mais plus proche du domicile, afin d'échapper à un harcèlement moral, et moi je fus licencié. Nos revenus furent subitement divisés par deux, faisant apparaître d'un coup la triste réalité. Celle d'une gestion qui allait devenir particulièrement difficile au fil des jours à venir. Et l'on a beau garder confiance en sa bonne étoile, croire en de multiples chimères, la réalité se fait chaque fois plus lourde, plus pesante. (Je résume, car il est évident que je pourrais écrire un roman complet). Bien évidemment, pris dans la tourmente des difficultés, la série noire démarre par des rejets de prélèvements qui provoquent des frais (Que les banques n'hésitent pas à ponctionner dès le départ) destabilisant sournoisement un peu plus le budget, puis arrive les inévitables rejets de chèques qui, eux, finissent d'achever le taureau dans l'arène.

Alors à ce stade, on peut déjà faire un premier constat : La perte du travail, et donc la baisse soudaine de revenu, font apparaître la fragilité de la situation et l'accumulation de frais bancaires fait voler en éclat le budget déjà particulièrement fragilisé. Il faut quand même savoir qu'au jeu de massacre, la banque, inconsciemment, devient maître de cérémonie. Car lorsque je me suis aperçu que notre position allait devenir particulièrement inconfortable, je me suis tout de suite tourné vers la banque qui m'a répondu : "Faites une demande d'APL et attendez la réponse, après on verra ce qu'on peut faire ! ". Bien évidemment la CAF se référant aux revenus de l'année précédente, nous fait savoir que nous n'avons le droit à rien. Donc retour vers l'établissement bancaire, qui nous conseille de trouver de l'argent dans la famille, mais qui continue à ponctionner royalement. En l'espace d'un mois, la banque avait prélevé plus de 1000 Euros en frais bancaires de toute sortes.

Le tourbillon du surendettement révèle toutes les failles du système. S'il est un désastre financier, il n'en n'ai pas moins un désastre moral. Car toutes les portes se ferment, l'ensemble des interlocuteurs vous envoient des phrases plus assassines les unes que les autres. En fait l'une des premières alternatives à mettre en place se situe en amont du traitement du dossier. Je crois que les banques doivent apprendre à réagir au plus vite, et ne plus se gaver gravement d'une situation en prélevant des montants insensés de frais bancaires. A mon avis dès lors qu'une situation difficile semble se présenter, les établissements bancaires doivent faire en sorte de stopper l'hémorragie et d'aider immédiatement le débiteur à retrouver une stabilité. On ne lutte pas contre la misère en l'appauvrissant un peu plus.

Alors, pour moi la dernière alternative, peut être la mise en place d'une banque solidaire, en association avec l'ensemble des établissements financiers et destiné à traiter ce type de dossier, afin d'y apporter des solutions concrètes et ouvertes à toutes les configurations. Il est prouvé statistiquement que les meilleurs payeurs sont ceux que l'on a aidé à sortir de la misère.

Comment les banques gèrent elles ce type de dossier ?

Dans mon cas, la banque a, au départ, très mal géré le dossier, puisque, comme je l'ai dit un peu plus haut, la réaction fut très longue et surtout particulièrement passive. Puis ils m'on supprimés mes moyens de paiement (Carte bancaire, chéquiers) , m'on fiché "Banque de France", avec donc impossibilité définitive de tenter le rachat de crédit. Et maintenant, pour pouvoir remplir le frigo, il me faut contacter la personne en charge de mon dossier, qui autorise ou non un retrait.

Alors même si cette personne est particulièrement conciliante et compréhensive, elle n'en reste pas moins une employé de la banque qui a pour mission de récupérer l'argent de la banque. Et elle reste dans l'incapacité de stopper l'hémorragie de frais bancaires. En revanche, elle reste le dernier rempart entre le contentieux et nous.

Ceux qui gèrent le plus mal les dossiers, sont les établissements prêteur comme Cofidis, GE Money bank, qui n'hésite pas à vous harceler, le cas échéant à vous insulter pour tenter d'obtenir coûte que coûte les remboursement du retard. Et quelques soient vos soucis, quelques soient les raisons invoquées, l'interlocuteur reste sourd à vos explications et ne finit par proposer que des solutions allant dans le sens de l'établissement financier uniquement.

Si vous êtes pris à la gorge, ne compter pas sur eux, ils n'en n'ont que faire. Parfois chez certains interlocuteurs, l'arrogance et la méchanceté semble même une sorte d'exutoire à leurs propres problèmes tant ils semblent y prendre goût. J'avoue, qu'outre les société de crédits, dans ce petit jeux de massacre, les impôts restent les maîtres, tant les phrases que vous prenez en plein visage peuvent être cinglante et tant l'aveuglement est grand. Un seul mot d'ordre au "Trésor Public" : VOUS DEVEZ PAYER, quoi qu'il vous en coûte ! "

Comment trouver de l'aide ?

En fait après avoir fait le tour de la famille et des amis qui, dans notre cas, furent présents au-delà de leurs propres limites, il reste le rachat de crédit. Sachant qu'il y a, bien sur, le piège des taux particulièrement élevés et parfois même variables. Et que la condition principale reste votre obligation d'avoir un travail, et pour certains de ne pas être en incidents de crédits. Alors après c'est la débrouille, la patience, l'angoisse des factures, l'accumulation des dettes etc…

Pour ne parler que de moi, même les Compagnons d'Emmaüs, n'ont pu m'aider (particulièrement parce que leurs possibilités étaient trop réduites par rapport à nos dégâts) , et l'on m'a répondu "Finalement, ne vous plaignez pas, il y a pire que vous ! "

Alors pour conclure, je dirais : Oui, il y a pire que notre situation, oui nous sommes entièrement responsable du désastre, mais ce que nous voulons simplement : C'est sortir de cette impasse, rétablir notre situation et pouvoir faire des projets.

A l'approche de Noël, je ne veux que trouver l'argent pour rétablir ma situation, avoir la sérénité de l'avenir, passer Noël en toute quiétude, m'imaginer que la confiance en moi peut revenir. Car le plus grand désastre du surendettement est d'ordre psychologique. On n'arrive plus à regarder ses enfants, on a tellement peur de perdre leur fierté, on baisse le regard face aux amis ou à la famille. On doute, on sombre petit à petit. Souvent, à l'abri des regards, on pleure toutes les larmes de son corps. La banque est devenu le lieu de toutes les humiliations, le téléphone terrorise à chaque sonnerie. Et l'on se surprend a espérer qu'un jour quelqu'un se tourne vers nous, qui finalement ne sommes pas assez pauvres pour être intéressant, mais dont la souffrance est immense ! Plus qu'un exutoire, ces lignes sont un appel à l'aide. Celui d'un père qui refuse la fatalité, mais dont le genou commence à s'enterrer un peu plus, dans le sol de cette arène de la vie.
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par jacques1000 | le 12/03/11 à 14:47

La galère, j'ai écrit une petite histoire sur le site same-story. Boycottez les petits crédits, je dois vous dire que peut de personnes me répondent, les personnes dans la spirale du surendettement, n'osent pas lire ni voir ce qui est de vivre au dessus de ses moyens. Une société qui se la pète avec des crédits, c'est une société qui va droit dans le mur.
Dans votre situation, je ne peux qu'espérer que vous puissiez au moins manger à votre faim. mes respects

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