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La pression fiscale n'est pas la cause du manque de croissance

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Si j'écris ce post, c'est parce que j'en ai littéralement ras-le-bol d'entendre à chaque émission de télé portant sur le thème de l'économie un intervenant dire que nos problèmes de croissance et de pouvoir d'achat viennent du niveau de la "pression fiscale". Chez Moati, Jacques Marseille n'était pas invité aujourd'hui, c'est donc Marc Touati qui s'est chargé de répéter son bon vieux refrain libéral sur les prélèvements obligatoires soi-disant trop élevés en France. Quand c'est pas l'un, c'est l'autre. Quand c'est pas chez Moati, c'est chez Calvi.

C'est bien simple, dès qu'il y a un problème dans la dynamique de la machine économique française, il y a toujours un type cravaté pour nous expliquer de manière purement dogmatique que la méforme du moment est due aux impôts trop élevés. Trop d'Etat et pas assez de liberté pour les entreprises, voilà qui résume assez bien l'idéologie des économistes libéraux comme Marc Touati. Comme par hasard, pendant les années Jospin où la croissance était très forte, on ne les entendait pas sur ce terrain alors que le niveau des prélèvements obligatoires était quasiment identique à aujourd'hui (environ 44%). C'est bien la preuve que le déterminant de la croissance n'est pas la pression fiscale mais plutôt la conjoncture internationale.

Mais voilà, la démagogie populiste est plus forte que tout. Les français qui se plaignent à juste titre de leur faible pouvoir d'achat aiment bien en entendre ce genre de discours simpliste sur le soi-disant lien de cause à effet entre la fiscalité et le pouvoir d'achat des ménages. On pourrait croire que baisser les impôts donnerait chaque mois un peu plus de pouvoir d'achat aux citoyens, mais que deviendrait le pouvoir d'achat des français les plus modestes s'ils devaient payer de leur poche les médicaments, les frais d'hôpitaux et l'école de leurs enfants ?

Soit dit en passant, Jean Peyrelevade a eu raison de tenir tête à Henri Emmanuelli sur la question de la part des salaires dans le PIB. Ceux qui ont lu le dernier rapport de la Commission Européenne sur l'emploi savent très bien que cette part des revenus du travail n'a pas diminué en France depuis 1998, ce qui n'est pas le cas de tous les pays européens, notamment l'Espagne et l'Allemagne qui ont vu cette part dégringoler pendant les dix dernières années. Mais encore faut-il comprendre la langue de Shakespeare.

Pour autant, cela ne veut pas dire que le pouvoir d'achat des français ne s'est pas dégradé. L'inflation a été relativement importante pendant la même période et la vie est devenue de plus en plus chère. Pas forcément à cause de l'euro d'ailleurs, car tout le monde sait que les problèmes économiques que l'on rencontre depuis quelques années auraient été beaucoup plus graves si on avait gardé le franc.

Pour en revenir à la question de la pression fiscale, quand Marc Touati dit que les prélèvements obligatoires sont supérieurs de 4 points en France par rapport à la moyenne européenne, il a raison. Henri Emmanuelli aussi a raison quant il précise que c'est complètement absurde de comparer le niveau des prélèvements obligatoires entre des pays européens dont les systèmes sociaux sont radicalement différents. Mais quand Touati dit que c'est la "pression fiscale" qui explique la faible croissance, il n'est pas du tout objectif. En effet, il suffit d'aller voir ce qui se passe dans les pays scandinaves pour constater qu'un niveau élevé de prélèvements obligatoires n'est pas incompatible avec le fait d'avoir une croissance économique forte.

Prenons l'exemple de la Suède et du Danemark qui sont les recordmans d'Europe des prélèvements obligatoires. 51% du PIB pour le premier et 50% pour le deuxième. Personne ne fait "mieux" en Europe, même pas la France qui est à 6 points de PIB derrière. Pourtant, force est de constater que cette pression fiscale élevée n'a pas l'air d'être un frein à la croissance économique des suédois et des danois qui présentent chaque année depuis plusieurs années une croissance presque 2 fois supérieure à la moyenne des autres pays européens. Je ne dis pas qu'il faut avoir un niveau de prélèvements obligatoires élevé pour obtenir une croissance forte, mais ceux qui nous rebattent sans arrêt les oreilles avec leur dogmatisme idéologique de la "pression fiscale" ne disent pas la vérité.

Les choses sont plus compliquées que cela et jusqu'ici personne n'a réussi à prouver que les baisses d'impôts sont l'unique recours à la relance économique. On a bien vu que le paquet fiscal de Sarkozy qui était censé produire un choc de confiance pour la consommation et la croissance n'a produit pratiquement aucun effet positif sur la santé économique du pays. Certains nous disent que ce paquet fiscal a permis d'atténuer les effets néfastes de la crise financière mondiale et a permis à la France de mieux s'en sortir par rapport aux autres, mais ce ne sont que les spéculations d'un président de la République qui essaie tant bien de mal de défendre sa politique en occultant la réalité objective des faits.

Rappelez-vous les propos lâchés par Sarkozy il y a quelques mois : " j'airais chercher les point de croissance manquants avec les dents ", " je veux 3% de croissance pour 2008 ". L'année vient à peine de commencer que déjà c'est raté.
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b
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