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░ ♥ les femmes de l'islam ♥ ░ - les ramadanettes

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 09/01/13 | Mis en ligne le 18/06/14
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Zaynab al-Ghazâlî. Je vous previens j'ai chialé ! Quelques extraits de son livre autobiographique : "Des jours de ma vie" …. Zaynab al-Ghazâlî (1917-2005) est une femme musulmane militante du milieu du siècle dernier. C'est la prédicatrice la plus célèbre du monde musulman. Sous le règne du nationaliste Nasser, elle passa six années derrière les barreaux pendant lesquelles, elle subit toute sorte de torture, de menace et d'humiliation. Seulement parce qu'elle militait pour défendre la religion et l'instauration d'un Etat Islamique de façon pacifique en Egypte. Elle a rassemblé ses mémoires notamment les années passées en prison, dans un livre autobiographique intitulé "Des jours de ma vie" . Que Dieu accorde Sa Miséricorde à cette femme héroïne qui a dédié sa vie à la lutte pour la religion islamique. Voici quelques extraits de ce livre… TROISIEME PARTIE. Chapitre : et mon tour arriva. A l'aube du vendredi 20 août, les hommes du despote forcèrent ma porte et envahirent ma maison. Lorsque je leur demandai de montrer leur mandat de perquisition, ils me répondirent : "Un mandat ! Quel mandat ? Mais êtes-vous folle ? Nous sommes sous le règne de Nasser et nous avons le droit de vous traiter comme nous voulons, espèce de chienne…" . Ensuite, ils se mirent à rire d'une façon hystérique en disant : "Les Frères Musulmans sont fous, ils exigent un mandat de perquisition sous le règne de Nasser ! " , puis ils entrèrent dans la maison et se mirent à tout casser, rien ne fut épargné. Je les fixais avec mépris en les regardant en train de détruire les meubles de la maison. Enfin, ils arrêtèrent mon neveu Muhammad Muhammad al-Ghazâlî, alors étudiant à l'école normale, et qui vivait chez moi comme mon fils, et ils me dirent : "Ne quittez pas la maison" . J'ai dit : "Est-ce que cela voudrait dire que je suis placée en résidence surveillée" . Ils répondirent : "Oui, jusqu'à nouvel ordre, et sachez que la maison est surveillée, si vous bougez, vous serez arrêté" . J'ai cru que les choses allaient en rester là, puis, ma soeur, ses enfants et son époux me rendirent visite alors que j'étais en train de faire ma valise dans l'attente de mon arrestation. J'ai prié alors le mari de ma soeur de quitter la maison afin qu'il ne soit pas arrêté, comme ce fut le cas pour mon neveu. Mais ce fut en vain, car il refusa de partir en dépit de mes appels répétés et de mon insistance sur le fait que les temps n'étaient pas à la complaisance. Alors qu'on était en train de déjeuner, les hommes de main de Nasser envahirent la maison, prirent tout ce qu'il y avait dans le coffre et emmenèrent avec eux plus de la moitié des affaires que j'avais dans mon bureau. Mes tentatives pour sauver quelques oeuvres de philologie, de théologie et d'histoire ne furent guère couronnées de succès. Ce fut également le cas pour trois éditions de la revue des Femmes Musulmanes, interdite de publication par décret militaire en 1958. Ils confisquèrent tout ce qu'ils voulaient, et le coffre eut à cette époque une histoire étrange. Il appartenait en effet à mon mari, même si j'avais pris l'habitude d'y déposer mes affaires. Lorsqu'ils me demandèrent de leur ouvrir, j'ai prétendu que la clé était avec mon mari alors en déplacement. Ils appelèrent l'in des leur et lui donnèrent l'ordre de forcer la serrure du coffre. La personne en question s'avança et ouvrit la porte du coffre à l'aide de quelques outils. Quand je leur demandai de me laisser un reçu des affaires et objets confisqués, ils me répondirent sur un tom ironique : "Mais vous êtes folle ou quoi, vous pensez être maline, fermez-la et ne faites pas de difficultés" . Ils m'arrêtèrent et me firent monter dans une voiture où je trouvai mon neveu arrêté à l'aube même avec un de nos jeunes militants. Je demandai à mon neveu : "Mais qu'est ce qu'il y a Muhammad ? " . Mais mon neveu ne broncha pas, je compris qu'il avait reçu des instructions dans ce sens. Ils l'avaient ramené avec eux pour leur montrer le chemin car, entre temps, ils avaient changé d'équipe" . La voiture se mit à rouler jusqu'à ce qu'on arrive à la prison militaire. Je l'ai su à cause du portail horrible de la prison qui s'ouvrit pour laisser entrer la voiture. Ensuite, on me fit descendre et un homme affreux m'emmena dans un bureau où s'y trouvait un autre qui lui ressemblait étrangement. On me conduisit ensuite dans une autre chambre où il y avait un homme corpulent, laid et grossier, qui demanda mon identité à celui qui me tenait par le bras. Il lui dit mon nom sur un ton vulgaire. Malgré cela, il tint à me poser lui-même la question en me demandant : "Qui es-tu ? " . J'ai dit : "Zaynab al-Ghazâlî al-Jabîlî" . Il se mit alors à déverser sur moi ses grossièretés et ses injures. Celui qui me tenait par le bras me cria dans le visage : "C'est monsieur ? Ô fille, vas-y répond à ses questions" . L'autre avait en effet cessé de m'injurier. J'ai dit : "On m'a arrêtée et l'on a confisqué mes livres et tout ce qu'il y avait dans mon coffre. Je vous prie de bien vouloir répertorier mes affaires dans un registre pour que je puisse les récupérer après" . Le prétendu chef qui apparut plus tard était Chams Badran en personne et il me répondit avec arrogance : "Ô fille… on va te massacrer dans une heure au plus tard, alors de quels livres et de quels objets me parles-tu ? Tu seras exécutée dans peu de temps, alors de quels livres et de quels livres et de quel coffre parles-tu ? On va t'enterrer comme on a enterré des centaines comme vous ici dans cette prison militaire, espèce de chienne ! " . Je n'ai pas pu répondre, tellement ses propos et ses injures dépassaient l'entendement. Celui qui me tenait par le bras dit : "Emmenez-la ! " … L'autre lui di : "Où ça ? " . Il répondit : "Ils le savent bien ! " . Il me tira violemment dans sa direction en m'adressant les pires injures… Arrivés devant la porte, le personnage laid et corpulent l'appela ; je me suis retourné et j'ai vu comme une fumée noire et épaisse. J'ai dû alors psalmodier les noms de Dieu en le priant de bien vouloir m'apaiser l'âme et l'esprit devant l'épreuve qui m'attendait. Celui qui me tenait par le bras répondit : "Oui seigneur ! " . Il lui dit : "Alors emmenez-la au numéro 24 et ramenez-la ensuite" . On m'emmena dans la chambre 24, deux hommes s'y trouvaient, ils étaient assis autour d'un bureau et l'un d'entre eux tenait un calepin que j'ai reconnu immédiatement comme étant le calepin du frère Abdul Fattâh Ismaël. Il avait en effet l'habitude de le sortir, lors de nos cercles coraniques pour y noter quelques frères réunis chez lui. J'ai eu alors la chair de poule et eu peur que les deux hommes puissent le remarquer. L'appel à la prière d'El Asr me transperça l'oreille, mon malaise passa par la grâce de Dieu. J'avais à peine accompli ma prière que j'entendis l'ordre : "Emmenez-la au numéro 24" . Chapitre : Le chemin jusqu'à la chambre numéro 24. Mon gardien me fit sortir en me tenant par le bras et nous avançâmes accompagnés de deux autres vigiles armés de fouets. Ils m'emmenèrent à travers des lieux différents en prison exprès pour me faire entrevoir les sévices que mes Frères Musulmans étaient en train de subir… Je vis des frères accrochés à des plançons suspendus en l'air en train de saigner leur chair dénudée. D'autres étaient livrés à des chiens dressés pour les achever après le fouet. D'autres attendaient les yeux bandés leur tour pour subir le supplice. Je connaissais nombre de ces jeunes pieux qui étaient pour moi autant de frères, de fils et d'amis. J'en ai reconnu plusieurs et j'ai vu des merveilles. J'ai vu ces hommes uniques en leur genre que l'islam avait honoré davantage et gratifié de son auréole auprès du Tout-Puissant, que son nom soit exalté. Des jeunes musulmans ici et là et des vieillards crucifiés, fouettés, saignés et torturés affreusement et sans pitié. Mais dans tous les visages, on voyait la lumière de Dieu jaillir avec force, la lumière de ceux qui ne vénèrent qu'un seul Dieu et ne reconnaissent qu'une divinité, celle de Dieu. Un jeune, crucifié sur une planche, me cria quand il me vit : "Que Dieu te fasse plus résolue et plus déterminée mère ! " . J'ai dit : "La lumière a envahi cet endroit, ce qui fait briller le sang coulé, Ô mes fils, c'est une allégeance, alors tenez bon… Ô famille de Yasser, votre rendez-vous est au paradis" . Sur ce, l'homme qui me tenait par le bras leva la main et me donna une gifle sur mon visage et mon oreille. Mes yeux se mirent à tournoyer et mes oreilles aussi. On aurait dit qu'un fort courant électrique m'avait traversé le corps de bas en haut. Lorsque j'ai rouvert les yeux, il n'y avait que des corps saignants, des membres déchiquetés et du sang partout, j'ai dit : "Pour l'amour de Dieu" , et j'ai entendu une voix qui semblait venir du paradis dire : "Ô Dieu, veuille bien renforcer leur détermination. Ô Dieu, veuille bien les protéger des maléfiques et des impies. Sans votre aide, Dieu, jamais nous n'aurions reconnu le droit chemin, jamais nous n'aurions fait l'aumône, jamais nous n'aurions prié, alors aide-nous à rester déterminés" . Quoique le son des fouets ait été fort, la force de la foi en Dieu était plus puissante. Un instant, et on entendit une autre voix, on aurait dit qu'elle venait du ciel. Elle disait : "Il n'y a de divinité que Dieu qui est l'Unique, Il n'a pas d'associé" . J'ai dit : "Patience mes enfants, c'est une allégeance, patience, votre rendez-vous est au paradis" . Et de nouveau, la main de l'homme qui me tenait par le bras s'abattit sur moi. Ce fut très douloureux et j'ai dit : "Dieu est grand, que Dieu soit loué, Dieu aide nous à avoir patience, que Dieu soit loué pour nous avoir gratifié de la faveur de l'Islam, de la foi et du combat pour sa gloire" . Puis la porte d'une chambre sombre et obscure s'ouvrit, et on me jeta dedans, on m'enferma et on m'abandonna. Chapitre : Dans la chambre 24. Après m'être installée dans la chambre 24, j'ai dit : "Au nom de Dieu, que la paix soi sur vous" . La porte se referma, et une lumière aveuglante jaillit, c'était pour me torturer. La chambre était pleine de chiens, beaucoup de chiens que je ne pouvais dénombrer. J'ai fermé les yeux et mis mes mains sur la poitrine par crainte. J'entendis la porte de la cellule se refermer sur moi avec les chiens, et d'un seul coup et ensemble ceux-ci me sautèrent dessus et je sentis toutes les parties de mon corps, ma tête, mes mains, ma poitrine, mon dos, entre les dents de chiens, dressés pour dévorer de la chair humaine. J'ai rouvert les yeux, et l'horreur de ce que j'ai aperçu me les a fait immédiatement refermer. J'ai mis ma main sous mon aisselle et j'ai commencé à psalmodier les noms de Dieu, passant ainsi d'un nom à un autre jusqu'à la fin. Les chiens continuaient de s'accrocher à mon corps et à enfoncer leurs dents dans mon cuir chevelu, dans mon épaule, dans mon dos, dans ma poitrine et dans tout mon corps. Je me suis mise à prier Dieu en disant : "Dieu faites en sorte que je ne me préoccupe que de vous ; occupez-vous de moi, Ô mon Dieu, l'Unique, le Tout-Puissant, élevez-moi du monde de la matière, faites pénétrer en moi le martyr pour votre gloire, la paix et l'agrément de votre destin, renforcez notre détermination et notre résolution Ô Dieu" . Tout cela, je le disais dans mon intimité car les chiens continuaient d'enfoncer leurs dents dans ma chair. Après de longues heures, la porte s'ouvrit et on me fit sortir de la cellule de supplice. J'imaginais que mes habits étaient trempés de sang. C'est ainsi que je me sentais et j'imaginais que les chiens avaient procédé. Mais à mon grand étonnement, mes habits étaient intacts, on n'y remarquait aucune tâche de sang comme si les chiens en question n'avaient pas de dents. Mon Dieu, que votre nom soit exalté, je vous sens avec moi, Ô mon Dieu, est-ce que je mérite vraiment votre faveur et votre agrément ? Louange à votre nom, Dieu, tout cela, je le disais dans mon intimité, car l'homme affreux continuait de me tenir le bras et me demandait comment il se faisait que les chiens ne m'avaient pas dévorée. Il tenait dans sa main un fouet et était accompagné d'un autre bourreau qui tenait lui aussi un fouet dans la main. La trace du crépuscule s'apprêtait à disparaître et le temps indiquait que la prière d'al-‘ichâ ne devait pas tarder à arriver. J'avais donc passé plus de trois heures à me débattre toute seule avec les maudits chiens. Ils m'emmenèrent par un chemin très long, très très long, trop long même, une porte s'ouvrit, et la grande cour effrayante m'absorba. Puis ce fut un autre long couloir effrayant avec des portes sur les deux côtés. Une des ces portes était à moitié ouverte, c'est ainsi que j'ai pu entrevoir là-bas un visage illuminant, une lueur s'est dégagée de cette porte et illumina un couloir sombre. J'ai su après que c'était la porte de la cellule numéro 2 qui précédait la mienne (la cellule numéro 3) et qui était occupé par l'officier supérieur Muhammad Rachad Mehanna qui fut un moment régent de l'Egypte et qui, comme le pensaient certains esprits mal tournés, allaient être proclamé Président de la République par les Frères Musulmans. C'est ainsi qu'on décida de l'arrêter sans qu'un délit quelconque lui fut reproché. Chapitre : Dans la cellule numéro 23. La porte de la cellule numéro 3 s'ouvrit et son obscurité épaisse et effrayante m'absorba. Puis la porte se referma sur moi au moment même où une lampe accroché au plafond de la cellule s'alluma. La lumière était elle aussi effrayante car aveuglante. On ne pouvait vraiment pas ouvrir les yeux. J'ai compris alors que cette lampe était destinée non pas à l'éclairage des lieux mais à torturer et épuiser davantage encore la personne détenue. Après quelques temps, j'ai frappé à la porte, un grand homme noir arriva et me demanda grossièrement ce que je voulais. J'ai demandé de pouvoir aller aux toilettes. Il me répondit sur le même ton grossier, coutumier en ces lieux de malédiction, qu'il était interdit d'aller frapper à la porte, interdit d'aller aux toilettes, interdit de faire des ablutions, interdit de boire…etc. Il ajouta : "Si tu me hasardes à taper de nouveau sur la porte, je vais te donner cinquante coups de fouet" , et il donna un coup de fouet en l'air pour me faire peur et me montrer qu'il était réellement prêt à passer à l'acte et à exécuter ses menaces. La cellule était entièrement vide. J'étais très fatiguée et épuisée à cause des longues heures que j'avais passées debout à la chambre 24. J'ai enlevé mon manteau, je l'ai étendu par terre, j'ai fait dessus les prières du Maghrib et de ‘ichâ et que je me suis assise accroupie. Mais ma jambe souffrante me faisait très mal, j'ai enlevé alors mes souliers, m'en suis servis comme oreiller et me suis étendue par terre. Mais les impies ne m'ont pas laissé le temps de me reposer, il y avait en haut de la cellule une petite fenêtre qui donnait sur la cour de la prison. Ils ont ramené une crois en bois, l'ont placé à hauteur de la fenêtre puis ils ont amené des jeunes militants islamistes. Ils les accrochaient à la crois et se mettaient à les fouetter l'un après l'autre. Pendant leur supplice qui pouvait durer plus d'une demie heure les fouettés ne cessaient de psalmodier le nom de Dieu et d'implore le Tout Puissant de leur venir en aide. Au terme du supplice, on demandait au malheureux qui pouvait être ingénieur, avocat ou médecin : "Quand est-ce que tu es allé chez Zaynab al-Ghazâlî pour la première fois ? " ; si la réponse n'était pas celle qu'ils recherchaient le malheureux était refouetté encore davantage atrocement, et on lui demandait d'injurier Zaynab al-Ghazâlî al-Jabîlî par les pires injures en utilisant pour ce faire les termes les plus grossiers. Evidemment, les torturés refusaient d'obéir à cet ordre et les bourreaux redoublaient de cruauté. Parfois certains jeunes militants s'aventuraient à dire qu'ils n'avaient connu en Zaynab al-Ghazâlî al-Jabîlî qu'une dame pieuse, sincère et vertueuse ; on redoublait leur supplice jusqu'à ce qu'ils perdent connaissance. Leur seul objectif était d'affaiblir et de briser si possible ma détermination et ma résolution. C'est ainsi que les jeunes se succédaient les uns après les autres, quant à moi je brûlais de compassion pour ces malheureux. Je passais de longs moments à implorer le Tout Puissant. Je recevrais ainsi le supplice à leur place, cela aurait été pour moi plus supportable que de les voir subir les pires atrocités pour défendre ma réputation. Je me suis alors mise à implorer Dieu de me mettre à leur place ou de nous débarrasser tous de ces bourreaux. J'ai vraiment souhaité que ces malheureux disent ce que les mécréants leur ordonnaient de dire sur mon compte pour qu'ils cessent de les fouetter et de les torturer. Mais ce fut en vain, leur détermination augmentait, les coups de fouet se multipliaient, leur cris grandissaient et ma tristesse aussi. J'implorais le Seigneur et lui disais : "Mon Dieu, je vous supplie de me détourner d'eux et de les détourner de moi. Mon Dieu, inspirez-leur le bien que vous aimez. Mon Dieu, je ne peux plus supporter d'entendre leurs cris. Mon Dieu, vous savez ce qu'il y a dans mon intimité et vos voies sont impénétrables, vous avez la science de l'au-delà, soyez Clément mon Dieu envers vos sujets" . Chapitre : Le songe. Je ne me rappelle plus comment je me suis assoupie tout en psalmodiant le nom de Dieu. Mais cela me fit beaucoup de bien car je fis un songe. C'était la quatrième fis de ma vie où je vis en songe le Messager de Dieu, le prophète Muhammad, alors que je traversais une épreuve difficile. J'ai vu, dans mon songe, un désert vaste et illimité et des chameaux portant sur le dos des fauteuils, on aurait dit qu'ils avaient été fabriqués de lumière. Sur chaque fauteuil, il y avait quatre personnes au visage illuminé. Je me trouvais derrière ces chameaux dans ce désert infini et sans horizon. J'étais debout derrière un homme à la stature imposante conduisant ce troupeau énorme de chameaux et de dromadaires. Je me suis mise à dire intérieurement : serait-ce le Prophète Muhammad, que la grâce et le salut de Dieu soient sur lui ? Soudain il me répondit : "Ô Zaynab, tu es sur les pas de Muhammad, serviteur et messager de Dieu" . J'ai demandé : "Ô mon Seigneur, Ô Messager de Dieu, sur les pas de Muhammad, serviteur et Messager de Dieu ? " . Il me dit : "Toi Zaynab al-Ghazâlî, tu es sur les pas de Muhammad serviteur de Dieu et Messager de Dieu" . J'ai demandé de nouveau : "Moi, mon Seigneur, sur les pas de Muhammad serviteur de Dieu et Messager de Dieu ? " . Il répondit : "Ô Zaynab, vous êtes sur le droit chemin, vous êtes sur les pas de Muhammad, serviteur de et Messager de Dieu" . J'ai demandé : "Ô mon Seigneur, je suis moi sur les pas de Muhammad, serviteur et Messager de Dieu ? " . Il répondit : "Toi Zaynab al-Ghazâlî, vous êtes sur le droit chemin, tu es sur les pas de Muhammad, serviteur et messager de Dieu" . J'ai demandé une troisième fois : "Ô Seigneur, moi je suis sur les pas de Muhammad, serviteur et messager de Dieu ? " . Et pour la troisième fois consécutive, il répondit : "Tu es Zaynab sur le droit chemin, tu es Zaynab sur les pas de Muhammad, serviteur et messager de Dieu" . Et je me suis réveillée avec le sentiment d'avoir l'existence toute entière pour moi. J'étais étonnée d'avoir tout à fait oublié la situation dans laquelle je me trouvais. Je ne sentais plus ni les coups de fouets ni les croix suspendus à ma fenêtre. Ils avaient été transférés plus loin car les voix me parvenaient désormais de très loin. La deuxième chose qui m'étonna beaucoup à mon réveil, c'est que mon nom de réputation est Zaynab al-Ghazâlî et dans le songe, le messager de Dieu, que le salut et la grâce de Dieu soient sur lui, m'appelait par mon nom officiel, celui figurant sur mon extrait de naissance et non pas celui que j'avais acquis par réputation. Le songe m'avait réellement transporté hors des lieux et du temps. J'ai fait alors mes ablutions et je me suis mise à prier en digne de remerciement, je me suis trouvée en train de dire : "Mon Dieu comment vous remercier ? Je ne vois pas autre chose pour vous remercier, sinon vous renouveler mon allégeance et ma soumission. Mon Dieu, je vous renouvelle mon allégeance et mon engagement à vous demeurer dévouée toute mon existence et à me sacrifier pour vous ; mon Dieu, je fais le serment d'allégeance que plus personne ne sera torturé à cause de moi. Mon Dieu renforcez ma détermination sur le droit chemin que vous agréez pour vos sujets" . J'ai terminé ainsi ma prière et je me suis mise à psalmodier ce que je disais pendant ma prosternation comme si je vivais dans un autre monde. Un sentiment de paix et de sérénité m'envahissait le coeur et m'enveloppait toute entière. Soudain, j'entendis un grand bruit à l'extérieur ainsi que le klaxon de nombreuses voitures qui entraient et sortaient de l'enfer – la prison militaire -. Plus tard, j'ai appris que c'était l'heure des changements de ronde. De nouveaux tortionnaires venaient prendre leur service. J'ai entendu le Muezzin faire appel de la prière du Fajr. J'ai répété avec lui, je me suis préparée et j'ai fait ma prière… Six jours se sont écoulés depuis vendredi 26 août pendant lesquels la porte de la cellule ne fut jamais ouverte. Je ne reçus ni eau ni nourriture ! Je n'ai pas pu aller non plus aux toilettes ni eu aucun contact avec l'extérieur, si ce n'était ce minable vigile qui venait de temps à autre jeter sur moi un coup d'oeil indiscret. Et vous n'avez qu'à imaginer chez lecteur, comment on peut vivre dans ces conditions car : si on peut vivre sans manger ni boire, comment peut-on tenir six jours d'affilée sans pouvoir faire ses besoins les plus naturels ? Comment peut-on tenir sans avoir accès aux toilettes ne serait-ce qu'une fois par jour ? Il ne faut pas oublier qu'on était au mois d'août, et donc en pleine saison d'été. Je me demande si l'athéisme autoriserait un tel comportement. Certainement pas, alors comment peut-on concevoir qu'un tel comportement soit l'oeuvre de ceux qui prétendent être des musulmans. Un tel comportement est d'ailleurs indigne de tout être humain ou celui qui se prétend tel ! Ô mon Dieu, combien les potentats ont porté gravement atteinte à la dignité de l'homme, combien ils se sont défaits de toute religion et de toute morale. Mais la foi en Dieu et en sa justice, et l'acceptation de son destin sont susceptibles de produire des miracles et des miracles. Ne sois pas étonné donc, chez lecteur, que j'ai pu survivre à cette épreuve sans eau, sans nourriture, sans pouvoir faire mes besoins naturels et sans aucun contact avec l'extérieur, si ce ne sont les regards indiscrets de ce garde sans foi qui ouvrait de temps en temps la porte de la cellule pour me dire grossièrement : "Quoi, espèce de garce, tu est toujours vivante ?! " . Eh oui cher lecteur, j'ai survécu à cette épreuve grâce à deux choses : - La première est la foi en Dieu et en sa bénédiction ou plutôt c'est l'Islam qui confère à son fidèle une force insoupçonnable et inépuisable qui lui permet de tenir bon devant tous les obstacles fussent-ils insurmontables. La foi donne une force et une énergie insoupçonnées qui l'emportent largement sur la puissance des potentats et des hommes sans foi qui croient régner sur les gens, alors que le croyant vit dans la liaison avec le Tout Puissant, renonçant ainsi au monde éphémère et à l'univers temporel. - La deuxième chose qui m'a permis de tenir bon, malgré la dureté et la gravité de ce calvaire, fut ce songe qui m'invitait à tenir bon et à demeurer sur la voie que j'avais empruntée depuis le début. Ce songe m'occupa de tout autre chose et me permit de tout supporter dans la paix de l'âme et la tranquillité de l'esprit. Au matin de du septième jour, la porte de la cellule s'ouvrit et le garde noir entra en m'apportant un vieux morceau de pain immangeable et une tranche de fromage puant. Il me les jeta par terre et me dit : "Espèce de garce, tant que tu es vivante, ce sera ça ta nourriture" . Je n'ai pas touché au pain ni au fromage. J'ai pris le verre d'eau, et j'ai fermé les yeux pour ne pas voir sa saleté et j'ai bu. J'ai élevé le verre à hauteur de ma bouche en disant : "Au nom de Dieu avec le nom duquel rien ne peut nuire sur terre ni au ciel, au nom de Dieu qui entend et sait tout" . Mon Dieu, faites en sorte que ce soit une nourriture nutritive, un combat, un savoir, une patience et un agrément, et j'ai bu dans la carafe et la porte de la cellule se referma à nouveau sur moi. Je suis restée ainsi jusqu'avant le coucher du soleil. A ce moment la, la porte de la cellule s'ouvrit, le gardien noir entra avec le fouet à la main et me dit : "Lève-toi, garce, vas-y, va aux toilettes" . J'étais tellement épuisée que lorsque je me suis levée et suis sortie dans le couloir pour aller aux toilettes, j'ai failli tomber. Il me prit alors le bras et m'emmena jusqu'aux toilettes. Mais lorsque je voulus fermer la porte des toilettes, il me dit qu'il était interdit de s'enfermer dans les toilettes, je sortis alors des toilettes et lui dis : "Retournons à la cellule, je ne veux rien" . Il me dit avec arrogance : "Vas-y, entre, garce… sinon comment veux-tu qu'on te surveille espèce de chienne ! " . Je voudrais bien que le lecteur puisse imaginer avec moi cette situation ?! Quel athéisme ou quelle croyance pourraient autoriser ce traitement inhumain ? Je suis retourné dans ma cellule en me souhaitant la mort si la mort devrait être meilleure pour moi, pour ne pas avoir à aller aux toilettes accompagnée de cet homme. La porte de la cellule se referma sur moi et je pus ainsi accomplir la prière du Maghreb. Dès que j'eux accompli la dite prière, la porte de la cellule s'ouvrit à nouveau sur le gardien qui m'avait placée parmi les chiens sauvages et qui portait le nom de Safwat Roubî. Il était accompagné cette fois-ci de deux personnes. Puis il dit : "Allez-y docteur" . L'un d'eux se mit à m'examiner pendant que j'étais assise par terre. L'un d'eux s'adressa à celui qui était en train de m'examiner : "qu'est ce qu'il y a Cha'rawî ? " . Celui-ci répondit : "Rien de mal, son coeur fonctionne normalement" , ce coeur qui eut une crise grave à cause de la torture que j'avais subie. Ensuite, ils partirent et la cellule se referma de nouveau sur son occupante. Quelques instants plus tard, ils revinrent et m'emmenèrent dans un endroit sombre, obscur et effrayant et m'y laissèrent pendant plus de deux heures. J'avais la tête tournée vers le mur, ils m'avaient demandé de ne pas bouger et m'avaient dit avant de partir : "ça y est, ton heure est arrivée aujourd'hui espèce de garce ! " . J'ai commencé à réfléchir sur ce qu'ils disaient et j'ai imploré le Tout Puissant de m'inculper la paix de l'âme et la sérénité de l'esprit et de me permettre de mourir musulmane. Ensuite, je me suis mise à lire la Fatiha et la sourate "la Vache" et j'avais l'impression de les lire pour la première fois de ma vie. La récitation desdites sourates me fit oublier mon entourage jusqu'à ce qu'une gifle venant d'une main rude me réveille et que la lampe de la cellule soit allumée. Ensuite, cet homme se mit à me taper dessus de tous les côtés. Puis, il me donna trois feuilles blanches et me dit sur un ton injurieux : "Vas-y remplis ces feuilles ! " . Trois hommes arrivèrent peu de temps après, et lui donnèrent l'ordre de me frapper de nouveau tout en s'adressant à moi et en me disant : "Comme ça tu n'oublieras pas d'écrire tout ce que nous voulons que tu écrives, espèce de garce" . L'homme s'exécuta ; ils lui demandèrent ensuite de cesser les coups. L'un d'eux me prit par le bras et me jeta contre le mur. J'ai appris plus tard que c'était Hamza Bassiounî. Un autre, qui s'appelait Saad Khalil, me reçut et se mit à me secouer violemment, jusqu'à me faire tomber par terre ; il demanda alors aux soldats de me piétiner et de me donner des coups de pieds. Ils apportèrent ensuite un siège, m'y installèrent et me remirent les trois feuilles, alors que je ne pouvais rien tenir dans les mains à cause de la torture qu'ils m'avaient fait subir. Malgré cela, j'ai déployé un effort considérable pour pouvoir les tenir. L'un des mécréants me cria violemment : "Vas-y, écris-nous les noms de tous ceux et celles que tu connais en Arabie Saoudite, en Syrie, au soudan, au Liban, en Jordanie et partout ailleurs. Ecris-nous les noms de tous ceux que tu connais à travers le monde. Si tu ne le fais pas, tu seras fusillée ici même et maintenant. Ecris tous les noms des Frères Musulmans que tu connais et tout sur tes liens avec eux. Ils me remirent un stylo, m'enfermèrent et partirent. Je me suis installée et ai écrit ce qui suit : "J'ai beaucoup d'amis partout dans le monde qui m'ont connue à travers mon action pour la propagation de l'Islam. Notre mouvement sur terre est dédié à la gloire de Dieu, et Dieu conduit à nous ceux et celles qu'Il veut bien éclairer et emmener sur le droit chemin, ce chemin même qu'on emprunté les compagnons du Prophète et nos meilleurs précurseurs. Notre objectif seul et unique est la meilleure connaissance de l'Islam et l'application de ses commandements et de ses enseignements dans la vie de tous les jours. Et maintenant, au nom de Dieu, je vous invite à renoncer à votre ignorance, à renouveler votre allégeance à l'Islam, à prononcer les deux Chahâdas "J'atteste qu'il n'y a de divinité que Dieu et j'atteste que Muhammad est Son envoyé" , à vous soumettre à Dieu et à vous repentir de cet obscurantisme qui règne sur votre esprit et qui le ferme à tout bien, et ce dans l'espoir que Dieu vous délivre de l'ignorance, vous éclaire et vous illumine. Portez tout cela à la connaissance de votre Président de la République, peut-être que lui aussi repentira et retrouvera le chemin de l'Islam ; s'il refuse, vous ne serez responsables que de vous-mêmes et de la voie que vous aurez empruntée. J'atteste qu'il n'y a de divinité que Dieu et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et messager. Que Dieu me soit témoin, je les ai informés. S'ils se repentent, acceptez mon Seigneur leur repentir et le nôtre, et qu'ils refusent d'entendre la voix de la raison, tu n'as, mon Seigneur que faire des ingrats. Mon Dieu, renforce davantage notre détermination et notre résolution et offre-nous le martyr pour ta gloire et ta divinité" . Tout cela, je l'ai écrit avec l'aide de Dieu et son soutien, convaincue que j'avais accompli mon devoir et rempli ma mission et mes obligations envers Dieu. Ensuite, je suis retournée à ma récitation des versets coraniques avant que le dénommé Safwat Roubî ne revint. Il me prit les feuilles, éteignit la lumière et repartit. Peu de temps après, la porte de la cellule s'ouvrit de nouveau, la lampe fut allumée. Quatre soldats entrèrent accompagnés du même Safwat qui criait toutes ses injures et ses grossièretés et me dit : "Espèce de garce, espèce de chienne, espèce de p… tu crois qu'on plaisante avec toi ou quoi ? Qu'est ce c'est que ces bêtises que tu nous as écrites ? " . Puis il cria : "Garde à vous ! Hamza Pacha Bassiounî, directeur général des prisons militaires" . Ledit directeur général des prisons militaires arrive en proclamant des injures et des grossièretés que je n'avais jamais entendues auparavant. J'ai commencé à le fixer avec beaucoup de mépris. Ils tenaient dans leurs mains des feuilles qu'ils prétendaient être les feuilles que j'avais moi-même écrites auparavant. Ils les déchirèrent et me dirent qu'ils étaient révoltés par les bêtises et les choses insensées que j'avais écrites. Puis Bassiounî dit : "Emmenez-la, ça ne sert rien de perdre notre temps avec elle" . Il partit mais ne tarda pas à revenir accompagné de Safwat et de quelques soldats. Ils me mirent par terre, m'attachèrent les mains et les pieds et m'accrochèrent le corps à une planche comme on accroche le bétail égorgé au devant des boucheries, et se mirent à me fouetter violemment et atrocement. Ils faisaient preuve d'un professionnalisme irréprochable en la matière. Pendant tout ce temps, je ne cessais de prononcer le nom de Dieu jusqu'à ce que je perdisse connaissance. Quand je me réveillais, j'étais installé sur une civière employée pour le transport des malades dans les hôpitaux. J'étais incapable de bouger ou de m'exprimer. Je réalisai cependant bien ce qui se faisait autour de moi. On m'emmenait de nouveau dans ma cellule, et lorsque je me réveillais de nouveau, j'étais victime d'une hémorragie grave. Je frappais à la porte pour demander du secours, de l'aide et quelque chose pour stopper le sang qui ne cessait de se déverser de mon corps ; je demandai un médecin, et la réponse ne fut qu'injures et grossièretés. Je me suis retournée vers mon Dieu, maître de l'univers, l'implorant de venir à mon aide et d'apaiser mes souffrances, et je me suis rappelée du Prophète Muhammad, que le salut et la grâce de Dieu soient sur lui, qui disait : "Prenez garde à la prière faite par la victime d'injustice, il n'y a pas de voile entre elle et Dieu" . J'ai imploré le Seigneur de stopper l'hémorragie puis le sang cessa de couler à flots. Cependant, je continuai de souffrir de douleurs atroces dans tout mon corps, sans oublier mes pieds que je sentais comme brûlés dans un feu attisé. De nouveau, j'eus recours aux psalmodies et à la prière pour tenter d'oublier mes plaies et mes souffrances. Plusieurs nuits s'écoulèrent ainsi : des douleurs insupportables, pas de médecin ni de médicaments, sauf ce gardien de noir qui ne cessait de jeter sur moi ses regards indiscrets ou d'ouvrir la porte de la cellule une fois par jour pour me jeter un morceau de pain et du fromage. Il les reprenait intacts puisque leur nourriture était plus que dégoûtante, je ne pouvais y toucher. Chapitre : Mais Dieu les a unis. Un jour, j'ai entendu des voix qui m'ont attiré vers la porte de la cellule. C'était le bruit de pas qui me fit très peur. Je me suis approché de la porte et j'ai regardé par l'oeil magique par lequel ils avaient l'habitude de jeter sur moi leurs regards indiscrets. J'ai aperçu un homme qu'on traînait et c'était notre guide général, l'Imam Hassan al-Hudaybî. J'ai su alors qu'ils l'avaient arrêté. J'ai mis ma main sur l'oeil magique et j'ai récité le verset suivant : (Si vous avez été frappés par un malheur, d'autres en ont été frappés bien avant vous… Ne désespérez pas, ne vous attristez pas, vous êtes les meilleurs si vous êtes croyants). J'avais hâte de voir l'Imam, et chaque jour qui passait, je pouvais l'apercevoir. Je me mettais alors debout et je récitais le même verset. Il répondait alors, par un signe de la tête que ne soupçonnais guère le gardien qui le surveillait. Cette rencontre me faisait énormément de bien et me faisait oublier toutes mes douleurs et mes souffrances. C'est un plaisir que ne peuvent ressentir que les fidèles croyants qui s'aiment en Dieu. L'Islam établit en effet un lien affectif entre ses chefs et ses soldats, un lien qui transcende les âmes et les esprits pour mériter les faveurs de Dieu. J'ai vécu ainsi dans la paix de l'âme et la sérénité de l'esprit. Chapitre : Retour au tourbillon de la torture et du chantage. Ma quiétude ne dura pas longtemps. Un soir, la porte de la cellule s'ouvrit et le mécréant Safwat Roubî me surprit. Il tenait un fouet dans la main. Il frappait tous ce qui lui tombait sous la main, même les murs et le parquet. Ensuite, il me prit violemment par le bras, me sortit de la cellule et m'emmena dans la cour de la prison. Il me fit entrer dans un bureau en face de la prison n°2. Il me fit asseoir sur un siège dans le sens de ce bureau et me laissa là-bas. Peu de temps après, un autre homme arriva et me demanda si j'étais bien Zaynab al-Ghazâlî, je lui répondis par l'affirmatif et il s'en alla. Puis, trois soldats arrivèrent ; ils avaient l'air d'être tout juste arrivés de l'enfer. Ils étaient tous corpulents et de très grande taille. Leur physionomie reflétait bien leur caractère maléfique. Un quatrième homme ne tarda pas à arriver ; il leur demanda s'ils m'avaient reconnue ou déjà vue. Ils répondirent tous en même temps par l'affirmative et ajoutèrent que mon heure – l'heure d'exécution – était arrivée, et s'en allèrent. Peu de temps après, ils revinrent accompagnés du frère Farouk Minchawi. Ils l'attachèrent, l'accrochèrent à une planche et se mirent à le fouetter atrocement. Entre deux coups de fouet, ils lui demandaient de leur dire le nombre de fois où ils m'avaient rendu visite. Ils lui demandèrent aussi de m'injurier et évidemment, il refusa. Cela ne faisait qu'aggraver davantage son cas, car les mécréants profitaient de son refus de répondre à leurs injonctions pour redoubler de cruauté à son égard. Cela m'attristait énormément. Ils le posèrent enfin par terre. Je crus alors qu'il était en train de rendre son dernier soupir. Mais la volonté de Dieu en décida autrement, car Farouk Minchawi survécut à la torture, passa devant le tribunal et fut condamné aux travaux forcés. Il passait ses jours en prison à faire de la da'wa pour l'Islam et la vérité jusqu'à ce que sous ordre de Nasser, une main maléfique ne l'atteignit à la prison de Liman Tarah. Il reçut ainsi l'honneur et la faveur de compter parmi les martyrs de l'Islam. Les hommes sans foi, ne se contentèrent pas de fouetter le frère Farouk. Ils emmenèrent un autre frère qu'ils attachèrent, et qu'ils accrochèrent à une planche : ils se mirent à le fouetter. Ils lui posèrent les mêmes questions qu'ils avaient posées au frère Farouk. Lui aussi refusa de répondre à leurs injonctions. Les tortionnaires redoublèrent de violence, le malheureux était très atteint. Ils crurent qu'il allait rendre son dernier souffle. Ils le posèrent par terre et l'emmenèrent sur une civière, je ne sais vers quel lieu. Il semble d'ailleurs qu'ils crurent vraiment que c'à quoi j'avais assisté allait m'amener à souscrire à toutes leurs volontés. Ils m'envoyèrent un homme qui feignit ne vouloir que mon bien et me conseilla de me montrer conciliante avec eux. Il entra, me salua et se présenta sous le nom d'Omar Issa avec la qualité de procureur (j'appris ensuite qu'il n'était que l'un des leurs, sans foi comme eux tous). Puis il commença à me faire don sermon en disant : "Ô pèlerine, moi je veux m'entendre avec toi pour te sauver et te délivrer de tous ces malheurs. Comment peux-tu, te mettre dans ce pétrin alors que tu es la respectable, l'honorable Zaynab al-Ghazâlî, regarde, tous les Frères Musulmans, y compris l'Imam al-Hudaybî, ont tout avoué et ont dit sur toi des choses qui pourraient te conduire devant le peloton d'exécution. Ils se sont protégés, ils n'ont cherché qu'à sauver leur peau et t'ont oubliée, négligée voire même dénoncée" . Ô pèlerine, moi j'estime que tu dois te préoccuper de ton propre cas avant qu'il ne soit trop tard. Tu dois dire la vérité et nous dire ce que tous ceux-là projetaient de faire. Tu dois clarifier ta position et je suis sûr et certain qu'elle est saine. Il se tut pendant un moment. Je ne voulus pas lui répondre, et il ajouta : "prends ton temps pour répondre paisiblement et sereinement, Ô pèlerine. Nous voulons parvenir à la vérité" . J'ai répondu : "je pense que les Frères Musulmans, et je suis l'une des leurs, n'ont rien fait qui puisse révolter Dieu. Nous n'avons rien fait non plus qui puisse révolter les humains normaux qui connaissent la vérité. Qu'avons-nous donc fait ? Quel crime avons-nous commis pour mériter votre colère ? Nous apprenons l'Islam aux gens, est-ce là un crime ? Ensuite je me suis dit alors : "Mais leurs déclarations prouvent qu'ils complotaient et conspiraient dans plusieurs domaines comme dans l'assassinat de Nasser, la destruction du pays, l'extension de l'agitation à travers le pays, et ils disent que c'est toi qui les incitait à agir ainsi, et moi je ne suis qu'un procureur, mon seul et unique objectif est de connaître la vérité et rien de plus, quel est donc ton avis là-dessus" . J'ai dit : "Les Frères Musulmans n'ont pas pour objectif d'assassiner Nasser, ni personne d'autre. Ils n'ont pas non plus l'intention de dévaster le pays ou de faire de l'agitation. Celui qui a dévasté le pays, c'est bien Nasser lui-même. Notre objectif à nous est beaucoup plus important et plus noble. Notre objectif c'est la manifestation de la vérité pure, la vérité suprême, l'unicité de Dieu sur terre, le monothéisme, l'adoration de Dieu, l'Unique, le respect et l'application des commandements du Coran et de la Sounna. Notre cause c'est celle de gouverner au nom de Dieu et selon ses commandements. Le jour où cela se réalisera, leurs structures s'effondreront et leurs légendes se volatiliseront. Notre objectif est de réformer, d'améliorer, de rechercher la perfection et non pas de détruire, de dévaster ou de faire l'agitation" . Il eut un sourire jaune et me dit : "Cela veut bien dire que vous complotez réellement contre Nasser et contre son pouvoir. Cela ressort de tes propos même pèlerine Zaynab" . J'ai dit : "L'Islam ne connaît pas le langage de la conspiration, mais fait face au mal et éclaire les gens sur les deux chemins qu'ils peuvent choisir d'emprunter : le chemin de Dieu, le droit chemin ou la voie du diable, celle du mal. Ceux qui empruntent la voie du diable sont les pauvres gens auxquels nous offrons le remède tout en ayant une compassion à leur égard, notre remède n'est rien d'autre que la religion de Dieu, la Charia (la voie) de Dieu et les enseignements du Coran et de la sounna et j'ai conclu par le verset coranique : "Par le Coran, nous offrons ce qui est une guérison et une clémence pour les croyants, les injustes ne seront que des perdants" . Le visage du mécréant qui prétendait être un procureur, se transforma subitement. En fait, il s'appelait Sa'd'Abdul Karim. Il est parti en me disant : "Moi, j'ai voulu te rendre service, mais il semble que tu es toujours sous l'effet de la propagande et des faux slogans que t'ont inculqués les Frères Musulmans. Ensuite, Safwat Roubî arriva, me mit la tête contre le mur et me laissa ainsi pendant des heures entières pour me voir souffrir, car de là, j'entendais clairement les cris des frères qu'on était en train de torturer l'un après l'autre. Je me souviens toujours des noms de quelques-uns : Morsi Mustapha, Farouk Sawi, Taher Abdelaziz Salem…etc. Le prétendu procureur revint, accompagné de Hamza Bassiounî et de Safwat Roubî. Hamza me dit : "Pourquoi ne veux-tu pas t'entendre avec monsieur le procureur ? Nous, nous cherchons à te délivrer du pétrin où tu t'es mise, moi, je connais bien ton mari, c'est un homme bien et toi, tu vas le mettre dans une situation difficile ! Hassan al-Hudaybî nous a tout dit, les autres Frères aussi, et toi pourquoi tu ne veux pas sauver ta peau comme ils l'ont fait eux ? " . J'ai répondu : "C'est vrai que les Frères ont tout dit ? Alors pourquoi continuez-vous à les fouetter à et les crucifier ? Moi je ne mens ni pour moi, ni pour les Frères Musulmans. Nous sommes musulmans et au service de l'Islam, c'est cela notre action ! " . Derrière eux se tenaient quatre de leurs hommes de main. Ils battaient leur fouet sur le parquet pour me faire peur j'ai regardé vers le prétendu procureur et j'ai dit : "Et ces fouets votre excellence ? Est-ce qu'ils font partie des articles de notre Constitution qu'on enseigne dans les facultés de Droit ? " . Sur ce, Hamza Bassiounî se crut obliger de me donner une gifle en me disant sur un ton violent : "Espèce de garce, tu vas nous rendre fous ! Je peux t'enterrer comme j'ai enterré chaque jour des dizaines d'entre vous ! " . J'ai regardé de nouveau en direction du prétendu procureur et lui ai dit : "Pourquoi ne notez-vous pas, Excellence, ces propos dans votre rapport ? Si rapport il y a ! " . Hamza Bassiounî me fixa avec mépris et dit : "Allez-y débrouillez-vous avec elle, moi, je voulais lui rendre service, mais elle ne veut pas comprendre qu'on ne veut pas que son intérêt, alors faites votre travail, allez-y ! " . Ces paroles eurent l'effet d'un commandement sacré sur Safwat et ses hommes de main qui battaient leur fouet tantôt contre le mur et tantôt contre le parquet. Puis les coups de fouets s'abattirent sur moi. J'ai fermé mes yeux par crainte qu'ils ne soient touchés par le fouet. Les coups de fouets se multiplièrent et s'abattirent sauvagement sur tout mon corps. Je m'en plaignis auprès de Dieu et à chaque fois que ma souffrance s'aggravait, je Lui destinais mes invocations en criant Mon Dieu ! Plus tard, ils m'ont laissée après que Safwat Roubî m'ait mis le corps contre le mur et m'ait ordonné de garder haut les mains. Pendant tout ce temps, je ne cessais d'implorer le Seigneur de venir à mon aide et de me prêter paix et sérénité. Quelques heures plus tard, Safwat revint accompagné d'un Noir du nom de Sambo. Ils me tapèrent tous les deux au visage avant de m'emmener dans ma cellule et de m'y enfermer. Quelques instants après, j'ai entendu l'appel de la prière du Fajr. J'ai accompli alors ma prière et je me suis adressé au Seigneur en Lui disant : "Si vous n'êtes pas fâché contre moi, peu importent les souffrances et les douleurs, l'essentiel est que je reçoive votre agrément. Je peux tout supporter sauf votre colère et votre malédiction, alors bénissez-moi mon Seigneur car il n'y a de force et de puissance que par vous ! " . Merci musli.
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b
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par newbk | le 14/08/15 à 13:18

Juste une seule question, comment-t-a trouvé le temps pour écrire tous ça??!

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