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Certains journaux européens ont oublié la raison d'être de leur profession

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Réaction, que je partage totalement, de Laurent Joffrin du Nouvel Observateur sur son son blog :

 

Certains journaux européens ont-ils oublié la raison d'être de leur profession ? Les hésitations qu'ils marquent à se solidariser avec le journal danois Jyllands-Posten peuvent le laisser croire. Pour la première fois depuis longtemps, en tout cas, une attaque majeure contre la liberté d'expression provoque une réplique incertaine, précautionneuse et parfois étrangement hypocrite.  

 

 

Pourtant, précisons-le tout de suite, nous n'aurions pas publié, en temps normal, certains des dessins représentant le prophète Mahomet, notamment celui qui généralise abusivement à l'islam toute entier le comportement d'une minorité terroriste. De même que nous évitons dans d'autres domaines les attaques satiriques dirigées contre tel ou tel groupe particulier quand elles nous paraissent excessives ou de mauvais goût. Nous ne confondons pas la liberté de publier avec l'obligation de tout publier. Comme le rappelle dans son blog Jean Daniel, la provocation n'est vraiment salutaire que magnifiée par le talent.  

Mais telle n'est plus la question. Le principe établi depuis le XVIIIe siècle – et qui vaut pour tous les individus, y compris les musulmans – c'est que l'on est en droit de publier ce qu'on veut, sauf à répondre de l'abus de cette liberté. Cette disposition s'applique évidemment – la jurisprudence est constante – aux opinions qui heurtent les croyances ou les convictions de tel ou tel groupe. C'est même le sens de ce principe mondialement reconnu : dès lors qu'ils respectent la loi, les citoyens ont le droit de s'exprimer publiquement comme ils l'entendent, quand bien même d'autres citoyens s'en scandaliseraient. Cette disposition protège les journaux contre l'Etat ou contre des groupes de pression idéologiques ou religieux mais tout autant les religions minoritaires. Celles-ci ont le droit, dans leurs journaux, d'exprimer leur foi et de critiquer des autres dogmes comme bon leur semble, à condition, comme le prévoit la loi, de ne pas exciter à la haine et de s'abstenir de toute imputation raciste.  

Or le journal danois n'a en enfreint aucune de ces règles. On peut avoir une opinion variée sur les caricatures en cause : leur publication est légale et traduit l'exercice d'un droit fondamental garanti par la déclaration universelle des droits de l'homme. En s'abstenant, sous la pression de minorité fanatiques, de publier les dessins mis en cause, certaines directions de journaux écornent le principe qui justifie pourtant leur existence. Elle cèdent à la pression obscurantiste.  

L'attention particulière qu'on doit porter à la minorité musulmane, qui vit en Occident dans des conditions matérielles et morales difficiles, ne le justifie en rien. Ce ne sont pas les pauvres qui exigent la censure, ce sont les intégristes. Ne confondons pas les deux. D'ailleurs, le statut de minorité d'a pas de rapport avec l'affaire. C'est souvent dans des pays où les musulmans sont majoritaires que la censure est la plus étroite. La police des esprits qu'on prétend imposer à la presse démocratique est le résultat de l'intolérance et non de la misère. Les princes saoudiens sont, en cette matière, parmi les plus répressifs. Il est difficile de les ranger parmi les damnés de la terre…  

On constatera aussi que l'affront soi-disant insupportable fait à l'islam a mis du temps à produire ses effets : les caricatures incriminées ont été publiées il y a quatre mois. Les croyants ont vécu sereinement jusque à la semaine dernière et le Prophète ne paraît pas avoir été dérangé immédiatement par la provocation scandinave… On en parle aujourd'hui non pas en raison de l'indignation spontanée des hommes de foi mais parce qu'une campagne a été lancée par les fanatiques.  

C'est pourquoi la solidarité doit être entière avec le journal attaqué par des forces moyenâgeuses, comme avec les dirigeants de France-Soir, qui viennent d'être licenciés à la demande des islamistes.
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