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Conflit israélo-palestinien : à quand la fin?

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A environ 800 mètres de l'endroit où j'habite, à Herzliya, sur une colline dominant la Méditerranée, se dresse une vieille mosquée. Elle date du Moyen-Age et un saint homme musulman est enterré non loin. Le nom du saint homme était Sidney Ally et c'est le nom que la mosquée a toujours porté jusqu'à ce jour. La plage en contrebas s'étend de Herzliya au sud jusqu'à Natanya au nord.

Je vais souvent m'y promener car on a de là-haut une vue panoramique sur la mer et sur toute la région. J'y vais aussi pour une autre raison : du haut de la colline, et lorsque le temps s'y prête, la Méditerranée devient ici d'un bleu qu'on ne voit nulle part ailleurs.

Vendredi dernier, le vent d' Est s'étant mis à souffler, la mer commença à se calmer. Le vent aplatissait les vagues et la mer devint aussi étale que le Kinneret en été. C'est alors que, comme par un coup de baguette magique, ce bleu profond émergea des profondeurs de la mer. Ce n'était pas la première fois que je le voyais, mais l'observation de ce phénomène m'emplit toujours d'une certaine exaltation. " Si ce monde recèle tant de beauté, tout espoir n'est pas perdu pour nous autres humains", me disais-je à moi-même.

Le silence fut soudainement interrompu par l'arrivée bruyante d'un bus plein de fidèles arabes qui se rendaient à la mosquée pour l'office du vendredi. Ils portaient le costume arabe traditionnel et pénétrèrent en silence dans la mosquée. Certains d'entre eux me jetèrent des regards hostiles. Leur arrivée me ramena au conflit désastreux qui nous oppose à ces hommes au sujet d'une terre que nous appelons Israël et qu'ils appellent Palestine. Jusqu'à Camp David, il y a quelques années, nous avons voulu croire qu'ils étaient enfin prêts à faire la paix : Israël et la Palestine vivant côte à côte pour le plus grand bien de nos deux peuples. Mais cela ne devait pas se réaliser. Ils ne sont pas encore prêts à renoncer à leur vieux rêve de nous expulser du Moyen-Orient.

"C'est beau, non ? " Quelqu'un, derrière moi, avait prononcé ces mots en anglais. Je me retournai et vis un jeune homme d'environ vingt-cinq ans, bien habillé, qui regardait la mer d'un air songeur. D'après son accent et son allure, je compris que c'était un Arabe, qui faisait.

Probablement du groupe arrivé en bus. Un examen visuel rapide me convainquit qu'il n'était pas venu pour me poignarder ou pour se faire exploser. J'acquiesçai : "Oui, c'est beau".

" Nous avons au moins quelque chose en commun", pensai-je.

Puis je réfléchis et me dis : "Voilà un jeune Arabe qui est là, près de moi, au coeur d'Israël, et qui admire tranquillement la mer avec moi". Il ne me vint pas un instant à l'esprit que quelque chose pourraît lui arriver ici, en Israël. Puis, j'essayai de m'imaginer dans la même situation, à Ramallah, discutant avec un jeune Arabe. Et alors me revint en mémoire une scène filmée par un correspondant de la télévision italienne, à Ramallah, l'an dernier.

Deux militaires israéliens qui s'étaient trompés de chemin s'étaient retrouvés encerclés par une bande de Palestinens. On les avait amenés dans un poste de police palestinien où ils avaient été lynchés avant que leurs corps mutilés ne soient jetés en pâture à la foule déchaînée qui attendait en bas et qui s'acharna sur leurs corps jusqu'à en faire une bouillie de chair méconnaissable. Les cameramen italiens qui filmaient la scène parvinrent à échapper à la foule palestinienne hostile et eurent ainsi la vie sauve. Par chance, ils réussirent à faire sortir le film qui put être projeté dans le monde entier. C'est l'un des rares films qui témoignent des atrocités commises par les Arabes. Mais le monde ne s'intéresse pas aux atrocités arabes. Il y est habitué et ce n'est pas un sujet digne de faire la "une" des journaux.

Nous admirions la vue en silence.

" Vous n'allez pas prier avec les autres ? " demandai-je, histoire de faire la conversation. Il m'intriguait. Pourquoi m'avait-il rejoint ? Pas simplement pour admirer la vue, j'en étais certain.

" Je sais déjà par coeur ce que ce vieil imbécile va raconter. Il est de la vieille école et prêche la modération. Heureusement, il a fait son temps."

"Vous ne pensez pas que la modération est une bonne chose ? "

" Qu'avons-nous gagné avec la modération ? Il y a trop longtemps que nous sommes modérés.

Nous devenons de plus en plus faibles pendant que vous devenez de plus en plus forts. Il est grand temps que nous agissions."

J'étais surpris qu'il commence sur un ton aussi agressif. En général, les Arabes sont toujours polis lorsqu'ils engagent la conversation.

"Vous pensez que vous avez été modérés jusque là ? Les Arabes ont déclenché cinq guerres contre nous, et vous appelez ça de la modération ? Je me demande bien ce que vous appelez de l'hostilité ? "

Il me regarda calmenent. " L'hostilité, c'est ce qui vous arrive maintenant. Nos jeunes se font exploser dans toutes vos grandes villes, entraînant dans la mort des centaines d'Israéliens. Le président Arafat a promis qu'un million de "chahids" marcheraient sur Jérusalem. La marche a déjà commencé, et pas grâce à Arafat. Lui aussi, c'est un vieux radoteur. Les choses changent.Jusqu'à présent, c'est vous qui aviez le dessus, mais tout ça, c'est fini ! Nos "chahids" sont notre réponse à vos bombes atomiques. S'il le faut, un "chahid" peut être une bombe atomique, ici, en Israël, en Amérique, en Europe, partout où vivent des Juifs et des Croisés. Nous n'avons pas besoin de savants et de laboratoires sophistiqués valant des millions de dollars. Nous, ce que nous avons, c'est bon marché et c'est efficace. C'est pourquoi nous n'avons pas peur de mourir. Nous avons fini par trouver votre point faible, votre talon d'Achille. Pour vous autres, Judéo-Chrétiens, la vie est sacrée, tandis que nous, mourir pour l'Islam ne nous dérange pas". Il prononça cette dernière phrase avec un certain orgueil dans la voix.

D'après sa manière de s'exprimer, je compris que c'était un étudiant. Comme pour confirmer mes pensées, il me dit qu'il était étudiant en science politique à l'Université Hébraïque de Jérusalem. "Et est-ce que tous les étudiants arabes qui étudient dans les universités israéliennes partagent votre façon de voir ? "

"Absolument ! Quelques-uns sont davantage attirés par l'Occident, mais la très grande majorité sont pour la Renaissance de l'Islam". Puis il sourit et dit : " Profitez de la belle vue que l'on a depuis "Sidney Ally" pendant qu'il en est encore temps. Cela ne durera pas encore très longtemps. A votre place, je ferais mes valises et je partirais pour des pays plus sûrs". Je.

Le regardai longuement.

"Merci du conseil, lui dis-je, mais je me souviens d'un autre Arabe qui nous avait donné un conseil du même genre en 1948, alors que les Anglais pliaient bagage. Je pense qu'il aurait pu être votre grand-père. Il habitait un village quelque part par ici, et il avait un ami juif qui s'appelait Peytan, que je connaissais également. Peytan habitait Kfar Shemaryahu, de l'autre côté de la route. Un jour, le voisin arabe vint voir M.Peytan et lui conseilla vivement de faire ses bagages et de partir. Tout en parlant, il avait tiré un mètre de sa poche et commençait à mesurer le ***** où ils se trouvaient tous les deux.

"Que faites-vous" demanda mon ami.

" Ecoutez, vous serez obligé de quitter votre maison de toute façon. Vous n'êtes que six cent mille ; comment voulez-vous tenir le coup face à une coalition de six armées régulières arabes, sans compter nos bataillons palestiniens. Nous vous écraserons d'une pichenette ! " Oui, ce sont.

Ses propres paroles : "Nous vous écraserons d'une pichenette. Nous sommes amis depuis très longtemps. Ne vaut-il pas mieux que vous me donniez votre maison, à moi, plutôt qu'à un inconnu ? "

" Son conseil m'a rappelé le vôtre. Et pourtant, en 1948, lors de cette guerre que vous nous avez imposée, votre "grand-père", non seulement n'a pas eu ma maison de Kfar Shemarayu, mais il a perdu sa propre maison et il est devenu un réfugié. Et maintenant, il dit que tout ça, c'est de la faute des Juifs. Cinquante ans plus tard, il est toujours dans un camp, et il a toujours les mêmes idées. Il veut non seulement récupérer sa maison, mais il veut aussi la maison de son ami juif, à Kfar Shemarayu. Y parviendra-t-il ? J'en doute."

" Bien sûr qu'il y parviendra ! Et vous savez pourquoi ? Parce qu'en 1948, c'était une bande de froussards ! Mais maintenant, notre génération donne la preuve qu'elle n'a pas peur ! Dix-huit hommes déterminés, qui n'avaient pas peur de mourir, ont défié, armés de simples cutters, la puissante Amérique et ont causé la mort de milliers de personnes, et des pertes financières s'élevant à plusieurs milliards de dollars. Nous nous sommes rendus compte que nous pouvions mettre le système capitaliste occidental à genoux, et nous le ferons ! C'est un système cynique et égoïste qui provoque une misère humaine infinie dans le monde entier, surtout dans le tiers monde et dans les pays islamiques. Il est temps d'y mettre un terme ! " On sentait, à sa façon de s'exprimer, que ce n'était pas la première fois qu'il tenait un tel discours.

"Le communisme, le nazisme, le fascisme, ont tous été vaincus par les démocracies occidentales. Quel meilleur système proposez-vous ? " demandai-je. Ce jeune Arabe commençait à m'échauffer les oreilles.

"L'Islam ! " s'écria-t-il avec véhémence.

"L'Islam ? ", répétai-je, "L'Islam ? Qu'est-ce que l'Islam a fait pour les pays qui sont sous sa domination ? Il n'a apporté que la pauvreté et la misère au peuple, tout en permettant aux gouvernants de s'enrichir considérablement. Regardez autour de vous. Israël, qui en 1948, était un Etat très pauvre, pouvant à peine nourrir ses habitants, est devenu un pays moderne capable de subvenir à ses propres besoins. Nous avons absorbé un million de Juifs en povenance des pays arabes, qui avaient dû, pour garder la vie sauve, s'enfuir en abandonnant tous leurs biens, alors que vos frères arabes, avec leurs milliards de pétro-dollars, laissent les Palestiniens croupir dans les camps de réfugiés. Alors que nous avons progressé durant ces dernières cinquante années, les Etats arabes n'ont fait que régresser. En fait, le sort des masses arabes est pire qu'il ne l'était lorsqu'elles se trouvaient sous domination anglaise ou française. Combien de prix Nobel l'Islam a-t-il produits ? Combien de découvertes pouvant améliorer le sort de l'humanité lui devons-nous ? Pratiquement zéro ! Combien d' Einstein, de Freud, de Salk, de Rubinstein ? Zéro ! Après avoir été une civilisation brillante, qui a donné au monde l'algèbre et le concept du zéro, l'Islam vous a plongés dans le fanatisme, l'illettrisme, la pauvreté et la corruption, et vous voudriez entraîner le monde dans cet abîme ? "

Il sembla un moment déstabilisé. "Tout le monde commet des erreurs. Mais l'Islam, en dépit de tous ses défauts, vaut mille fois mieux que cette abomination qu'est l'Occident." finit-il par dire calmement. " Si vous aviez dit ce que vous venez de dire sur l'Islam dans n'importe quel pays arabe, vous seriez un homme mort ! "

" J'en suis convaincu" répondis-je." Et vous, si vous aviez, dans n'importe quel pays arabe, dénoncé leurs régimes corrompus de la même manière que vous dénigrez Israël, vous seriez vous aussi un homme mort. Et pourtant, vous êtes là, étudiant à l'Université Hébraïque de Jérusalem, vous permettant d'accuser Israël de subversion et de trahison, sans craindre d'être arrêté, et moins encore d'être abattu. Que répondez-vous à cela ? "

" Que vous êtes faibles, et que votre faiblesse vous perdra" dit-il gravement.

"N'y a-t-il pas un moyen pour que deux nations puissent arriver à s'entendre et à faire la paix ?

Il me jeta à nouveau ce regard grave. "Oui, il y a un moyen. Nous ne sommes pas comme les Nazis qui ne vous offraient pas d'autre choix que la mort. Nous vous donnons la possibilité de vous convertir à l'Islam et de faire partie de notre nation. Alors, nos peuples pourront vivre en paix."

Nous restâmes un moment silencieux à contempler la mer.

" Vous n'arriverez jamais à nous vaincre car nous avons une arme secrète, la même qui nous a sauvés en 1948" dis-je.

"Ah oui ? Et qu'est-ce que c'est ? Votre bombe atomique ? " ironisa-t-il.

"Non. En hébreu, on l'appelle "Ein Bréra".

"Ein bréra ? C'est ça votre arme secrète ? "On n'a pas le choix" , c'est ça ? Mais nous aussi.

Nous pouvons dire la même chose".

" Oui, mais ce n'est pas vrai. Nous n'avons pas d'autre choix parce que vous menacez notre existence- même dans ce pays, alors que nous ne vous menaçons pas. Nous sommes tout à fait d'accord pour la coexistence d'un Etat palestinien et d'un Etat israélien vivant côte à côte.

Mais vous, vous n'êtes pas d'accord."

Il n'y avait plus rien à ajouter. Le soleil disparaisait à l'horizon, et le bleu profond de la mer s'évanouit. L'instant magique était passé. Il était temps de rentrer à la maison.

" Au revoir. Je dois aller à la mosquée maintenant. Je leur ai promis un petit discours".

J'imaginais parfaitement la teneur du discours. Nous ne nous serrâmes pas la main. Après tout, on ne serre pas la main de son ennemi juré. Je me sentais déprimé en marchant vers la maison. Il y avait peut-être une solution à ce conflit, mais moi, je n'en voyais aucune.
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14019
b
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