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Israélien et plan de retrait de la bande de Gaza

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La détermination affichée par le Premier ministre israélien d'appliquer coûte que coûte son plan de retrait de la bande de Gaza semble avoir galvanisé les colons qui aujourd'hui ne semblent avoir d'autre recours que celui d'appeler à la désobéissance civile pour torpiller son projet. Ariel Sharon, qui sait qu'il peut compter sur le soutien de la majorité de la population dans ce dossier, n'en est pas moins confronté à une crise extrêmement grave qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère d'incitation à la haine qui régnait peu avant l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin. Inquiets de l'évolution de la situation, plusieurs députés de la Knesset ainsi que le mouvement la Paix maintenant ont exigé du procureur de l'Etat qu'il ouvre une enquête criminelle après les appels lancés par les leaders des colons à la désobéissance civile.

L'homme par qui la révolte est arrivée est Pinhas Wallerstein, l'un des représentants les plus radicaux des colons, condamné en 1988 à quatre moins de travaux d'intérêt général pour avoir abattu un jeune Palestinien qui lançait des pierres sur un convoi de voitures israéliennes. Fidèle à son engagement tenace contre le plan de retrait de bande de Gaza pourtant défendu par son vieil ami Ariel Sharon, il a adressé une lettre aux quelque 250 000 colons installés dans les Territoires palestiniens pour les inviter à répondre "en masse" à son appel à la "désobéissance civile" . "C'est notre réponse au crime immoral qui consiste à vouloir chasser des juifs de leurs maisons et les déraciner de leurs terres par la force" , a-t-il justifié incitant les colons à "forcer les barrages routiers de l'armée" et à "se barricader chez eux si nécessaire" pour torpiller l'évacuation prévue le plan Sharon des 21 implantations de la bande de Gaza ou vivent quelque 8 000 personnes et les 4 petites colonies isolées de Cisjordanie. Insistant sur le fait qu'il ne s'agissait par d'une incitation à la rébellion, Pinhas Wallerstein s'est déclaré prêt à faire de la prison pour "payer le prix de notre résistance non-violente" . Mais "le gouvernement devra construire des milliers de prisons pour nous incarcérer" , a-t-il ajouté visiblement assuré d'être soutenu dans son combat.

Son appel a de fait été largement soutenu par le Conseil de Yesha –initiales hébraïques pour localités juives de Judée-Samarie (Cisjordanie) et Gaza– la principale représentation des colons qui compte dans ses rangs des dizaines de milliers de personnes. Dans un communiqué, ce Conseil a qualifié le projet d'évacuation d'Ariel Sharon de "plan de transfert des juifs" , des mots particulièrement durs, même s'il s'est engagé à "éviter des actes de violences de tout ordre" lors de son application prévue dans quelques mois. Le Conseil des rabbins des colonies a également exprimé son soutien à l'appel à la désobéissance civile en soulignant que "l'expulsion de juifs de leur maison est contraire à la Torah" et constitue à ce titre "un complot du mal" . Cette institution avait déjà fait parler d'elle il y a quelques semaines en sommant les soldats de refuser d'obéir à tout ordre d'évacuation des colonies, provoquant l'indignation de l'état-major israélien qui a abjuré les religieux à ne pas mêler l'armée au débat politique en cours. Mais visiblement encouragé par l'initiative de Pinhas Wallerstein, le Conseil des rabbins a réitéré son appel aux soldats de Tsahal.

Le chef de la police inquiet.

Premiers concernés par le plan d'Ariel Sharon, les colons de la bande de Gaza ont commencé à arborer une étoile de David, en référence à la Shoah, pour dénoncer leur évacuation. "Je ne fais pas de comparaison avec les nazis, d'ailleurs notre étoile de David est orange et non pas jaune et il n'y a pas d'inscription juif dessus" , comme celle imposée par les nazis durant la deuxième guerre mondiale, a expliqué un habitant du Goush Katif, un bloc de colonies du sud de ce territoire. "Mais je veux que le public réfléchisse à ce que je ressens. J'ai le sentiment que je suis victime d'une expulsion et qu'une Shoah –qui signifie aussi catastrophe en hébreu–s'est abattue sur ma maison que j'habite depuis 28 ans" , a-t-il ajouté. Le recours à l'étoile de David, symbole de la persécution des juifs par les nazis, a cependant choqué de nombreuses personnes en Israël, parmi lesquels des rescapés de la Shoah. Et si l'ancien président de la Knesset, Dov Shilansky, a dit comprendre "la douleur des colons" , un autre survivant de cette tragédie, Noah Klinger, a pour sa part vivement dénoncé de telles méthodes. "C'est une honte pour les victimes, la Shoah a été un événement tragique unique dans l'histoire, une tentative du peuple allemand pour anéantir le peuple juif" , s'est-il indigné.

La mobilisation contre le plan d'Ariel Sharon a également suscité une levée de boucliers de la classe politique israélienne, à commencer par le chef de l'Etat, Moshé Katzav qui a qualifié les propos tenus par les représentants radicaux des colons de "très graves car des têtes brûlées peuvent les prendre au pied de la lettre" . Inflexible, le Premier ministre a pour sa part réaffirmé que son plan de désengagement serait "appliqué selon le calendrier fixé par le cabinet et entériné par la Knesset" . Ariel Sharon a toutefois déclaré "comprendre la douleur des colons" . "Moi aussi je souffre des développements politiques liés au retrait de Gaza mais ils sont cruciaux et je suis convaincu que toutes les mesures seront prises pour que la loi soit appliquée" , a-t-il ajouté. Beaucoup plus fermes encore, plusieurs députés de la Knesset, soutenus par le mouvement la Paix maintenant, ont exigé du procureur de l'Etat qu'il ouvre une enquête criminelle après l'appel lancé à la désobéissance civile. "Les représentants des colons ont créé par le passé une atmosphère qui a mené à l'assassinat de Rabin et l'incitation à la haine recommence. Il s'agit de sédition et le procureur général n'a pas d'autre choix que d'ouvrir une enquête contre Pinhas Wallerstein" , a ainsi fait valoir le député travailliste Ofir Pines.

Les actions menées par les colons inquiètent particulièrement les autorités israéliennes qui estiment que leur mobilisation annoncée est susceptible d'entraver le retrait de la bande de Gaza. Le chef de la police, Moshe Karadi, a ainsi ouvertement évoqué l'hypothèse que des manifestations de masse dans les implantations de la bande de Gaza puissent bloquer l'évacuation des 8 000 colons de ce Territoire palestinien. "Le fait qu'un Etat ou un gouvernement prenne une décision et ne soit pas en mesure ensuite de l'appliquer est dangereux pour l'existence de l'Etat d'Israël et de la démocratie dans notre pays" , a-t-il prévenu. Moshé Karadi a également évoqué d'éventuelles menaces d'attentats d'extrémistes de droite contre des personnalités israéliennes ou sur l'esplanade des Mosquées dans la vieille ville de Jérusalem. Au début des années 80, un réseau clandestin d'ultranationalistes qui préparait un attentat à grande échelle contre l'esplanade des Mosquées pour saboter un accord de paix avec l'Egypte avait en effet été démantelé.
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