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Je suis réunionnaise et je n'ai jamais ressenti de problèmes d'intégration

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J'avais envie d'apporter mon point de vue.

Je suis réunionnaise, et j'y ai vécu jusqu'à 17 ans (âge où je suis venue faire mes études supérieures en métropole).

J'ai jamais ressenti vraiment de problèmes d'intégration : c'est tellement multiculturel, que j'ai toujours cotoyé catholiques, musulmans, tamouls ; blancs, noirs, chinois ; plus les divers et variés métissages de tout ça (d'ailleurs j'ai pas trop compris la personne qui a dit "le métissage c'est à la mode en ce moment", je vois pas trop comment ç'est quelque chose qui pourrait s'associer à un effet de mode ? ). Perso : je suis blanche de peau (enfin ici on me dit que j'ai la "peau mate", mon père, qui est métropolitain est blanc, ma mère a la peau assez mate, mon grand père était "noir" (mais déjà type métissé malgache-mauricien-indien-"bla nc"). Enfin bref, il y a, il est vrai, des communautés plus ou moins distinctes, et certains parmis eux ne veulent pas forcément se mélanger. Mais les vraies distinctions se font au niveau social : et là, dans les défavorisés/favorisés : y'en a de chaque communauté.

Quand j'étais à la cantine, jusqu'au lycée, il y avait toujours effectivement deux plats du jour : si on proposait du porc, y'avait du poulet par exemple aussi, histoire que les enfants musulmans puissent manger quelque chose ; si on proposait du boeuf, y'avait je sais pas, des oeufs (les tamouls ne mangent pas de boeuf) ; et vendredi poisson. J'ai été dans un lycée privé catholique, mais là pareil, la distinction était clairement sociale (ben oui, privé = payant) , pas du tout culturelle ou religieuse (y'avait beaucoup de musulmans et autres religions, et on n'avait aucun cours d'éducation religieuse imposés).

Maintenant, il est vrai, il y a un problème d'intégration de "récents" (je crois que ça doit être depuis les années 70-80) immigrants : les comoriens. Ils sont plutôt mals vus, et ne cherchent pas pour beaucoup particulièrement à s'intégrer (ils profitent du système quoi). Cela étant, paradoxalement, ce sont les comoriens des Comores qui s'intègrent le mieux, et sont souvent les plus motivés à l'école par exemple, et parlent un français impeccable, contrairement aux immigrants venant de Mayotte qui pourtant eux sont français (bien sûr, je n'en fait pas une généralité).

Tout ça pour dire que j'ai toujours été élevée dans un milieu qui me mettait à des kilomètres d'une possible compréhension de l'intégrisme, des problèmes d'intégration, de la polémique des "jeunes voyous maghrébins qui cassent et brûlent des voitures", etc.Tout… était loin. Et puis arrivée ici, j'ai vite déchanté dans ma vision des relations entre les personnes : déjà, il est vrai que certains jeunes d'origine maghrébine donnent une mauvaise vision de leur communauté, vu qu'on médiatise et retiens plus les actions chocs de "cassage", trafics, etc. Ensuite, le "cloisonnement" des communautés m'a choquée : quartier chinois, quartier arabe,… etc. Ca fait vraiment bizarre. Les gens me donnent l'impression, même quand ils tolèrent très bien les autres communautés, de se 'replier entre eux'.

Par contre, en entrant à l'université, j'ai rencontré beaucoup d'étudiants de divers pays et de diverses religions, et pour reprendre l'exemple des musulmans : ben oui, les étudiants, par exemple venant du Maghreb ont certainement autre chose à foutre que d'aller brûler des bagnoles ou autres. A l'université, on ressent moins le cloisonnement que dans la vie courante.

Par contre, depuis 4 ans que je vis ici, j'ai quand même appris à me méfier, particulièrement choquée de propos antisémites (exemple : dans la rue, une fille avec une bande à crié "sales… sale race ! " en voyant passer… deux enfants d'une dizaine d'années, qui portaient une kippa. Un garçon de sa bande, étonné lui demande pourquoi elle dit ça, elle répond "les ju*f c'est tous des salauds" "pourquoi ? " "ben regarde ce qui se passe en Palestine" =>bonjour les préjugés et la catégorisation). Du coup, à la fac, j'ai des connaissances (amis je ne sais pas, je suis pas hyper sociable à la base lol) qui sont musulmans, ben quand on me demande mon nom, je donne mon prénom, et me garde bien de donner mon nom de famille (qui ne laisse aucun doute quand à mes origines juives).

Bref, qu'est-ce que ça serait bien de retrouver l'innocence de l'enfance où dans la cour d'école, mon groupe d'amis était constitué de métros, créoles, créoles-chinois, comoriens, indiens, et où personne avait aucune notion de "différence" et de préjugés… on nous avait pas encore appris ce que ça voulait dire…
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b
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