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Jimmy Carter face au lobby israélien

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Une vive polémique s'est développée aux États-Unis après la parution du livre de l'ancien président Carter, Palestine : la paix, pas l'apartheid ! . Répondant à ses détracteurs juifs, le politicien et précheur baptiste a circonscrit son propos. Il a maintenu sa dénonciation de la situation dans les territoires occupés et a retiré ses critiques relatives au régime politique en Israël même. À défaut de calmer l'AIPAC, ce compromis semble avoir satisfait l'électorat juif états-unien.

26 décembre 2006.

Depuis.

Washington DC (États-Unis).

Au cours de ma récente tournée de dédicaces de mon livre, j'ai signé plus de 100 000 exemplaires, et j'ai été interviewé par plus de cent médias.

Le plus impressionnant fut pour moi ma rencontre avec les dirigeants du Consistoire de l'Agglomération de Phoenix, qui avaient annoncé, avant mon arrivée, qu'ils manifesteraient afin de protester contre mon ouvrage. Quand ils m'ont invité à les rencontrer, j'ai immédiatement accepté. Les six rabbins (trois hommes et trois femmes) et moi-même, nous fûmes les seules personnes présentes, à l'exception d'une équipe de cameramen sous la direction de Jonathan Demme, qui réalisait un documentaire sur moi et l' action du Carter Center. M. Demme a indiqué alors qu'il y avait [dehors] un groupe tout aussi important de citoyens juifs, qui manifestaient leur soutien à mon livre, et [plus important] à l'exhortation à la paix dont il se veut le vecteur.

Nous avons tout d'abord débattu du traité de paix que j'ai négocié [personnellement] entre Israël et l'Egypte, en 1979, ainsi que de la Commission sur l'Holocauste, dont j'ai annoncé la création à l'occasion du trentième anniversaire de la création d'Israël. Cinq de mes interlocuteurs avaient lu la totalité de mon livre, et un autre ne l'avait lu qu'en partie. J'ai répondu à leurs questions sur le texte et sur son titre : Palestine : la paix, pas l'apartheid ! . J'ai souligné, comme je l'avais d'ailleurs fait tout au long de ma tournée de dédicaces, que le livre porte sur les conditions et les événements dans les territoires palestiniens, et non en Israël, où existe une démocratie comportant toutes les libertés dont nous jouissons aux États-Unis, et où les Israéliens, juifs et arabes, se voient garantir les mêmes droits, en tant que citoyens.

Nous avons débattu du mot "apartheid" , que j'ai défini comme la ségrégation forcée entre deux peuples vivant sur le même territoire, l'un d' entre eux dominant et persécutant l'autre. J'ai dit clairement dans le livre, et dans ma réponse à ces rabbins, que le système d'apartheid prévalant en Palestine n'est pas basé sur le racisme, mais sur la convoitise d'une minorité d'Israéliens pour les terres palestiniennes et sur la répression des protestations qui en résultent, et qui impliquent la violence. Mgr Tutu, Nelson Mandela et d' éminents Israéliens, dont l'ex-procureur de la République Ben Yair, qui a été en fonctions sous des Premiers ministres tant du Likoud que du Parti travailliste, ont utilisé et explicité cette qualification en des termes bien plus durs que moi, faisant observer que cette cruelle oppression est contraire aux préceptes de la religion juive ainsi qu'aux principes fondamentaux de l'État d'Israël.

Ayant voyagé partout dans la Terre Sainte au cours des trente-trois années écoulées, en particulier dans les territoires occupés, je suis qualifié pour décrire la situation à partir de mes propres observations. De plus, le Carter Center a supervisé les élections palestiniennes de 1996, de 2005 et de 2006, ce qui exigeait un engagement intime et exhaustif avec des citoyens palestiniens : des candidats, des édiles publics et aussi les plus hauts dirigeants politiques israéliens, qui contrôlaient les checkpoints partout à l'intérieur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, et toutes les facettes du déroulement de ces élections à Jérusalem Est.

J'ai dit très clairement que je n'ai jamais clamé que les juifs états-uniens contrôleraient les médias, mais j'ai réitéré que le parti pris écrasant en faveur d'Israël a pour origine des chrétiens comme moi-même, à qui on a enseigné depuis l'enfance à honorer et à protéger le peuple élu de Dieu, duquel est issu notre sauveur, Jésus Christ.

Un facteur supplémentaire, en particulier dans l'arène politique, est la puissance influence de l'AIPAc, qui exerce sa mission légitime consistant à expliciter les politiques actuelles du gouvernement israélien, et à susciter un maximum de soutien dans notre pays.

Or, il n'y a aucune expression d'opposition à cela.

Je connais bien les actes d'extrême violence qui ont été perpétrés contre des civils innocents, et je comprends la peur qu'ont beaucoup d'Israéliens que les menaces contre leur sécurité et même contre leur existence, en tant que nation, restent présentes. J'ai redit ma condamnation catégorique de tous ces actes de terrorisme.

La question des propositions que je formule pour le Moyen-Orient m'ayant été posée, je les ai résumées par l'appel aux membres du Hamas et aux autres Palestiniens les exhortant à renoncer à la violence et à faire leur l' engagement pris par les nations arabes en 2002 : reconnaissance totale du droit d'Israël à exister en paix à l'intérieur de ses frontières légalement reconnues de 1967 (à modifier éventuellement par accord mutuel et des échanges de territoires). Cela serait conforme aux résolutions de l'Onu, à la politique officielle des Etats-Unis, à l'engagement pris à Camp David en 1978 et à Oslo en 1993, ainsi qu'aux principes du Quartette international, "La Feuille de Route vers la paix" .

Une mesure immédiate serait la reprise de conversations de paix entre Israël et les Palestiniens, interrompues désormais depuis six ans. Le président Mahmoud Abbas est le porte-parole officiel des Palestiniens, ainsi que le Président de l'Autorité nationale palestinienne et de l'Organisation de Libération de la Palestine, et il en a appelé de manière constante à des pourparlers de paix. J'ai demandé aux rabbins de rejoindre un effort visant à inciter le gouvernement israélien à se conformer à cette proposition.

De plus, j'ai fait observer que le peuple palestinien était privé des besoins vitaux élémentaires par les restrictions économiques qui lui sont imposées par Israël et les États-Unis, au motif que 42 % des Palestiniens ont voté en faveur des candidats du Hamas aux dernières élections. Des enseignants, des infirmières, des policiers, des pompiers et d'autres employés ne sont plus payés, et l'ONU a fait savoir que les réserves de nourriture, à Gaza, équivalent à celles dont disposent les familles les plus pauvres de l'Afrique subsaharienne, la moitié des familles survivant en ne faisant qu'un unique repas quotidien. Mon autre requête était que les citoyens juifs états-uniens contribuent à rendre moins lourd le calvaire des Palestiniens.

Le président du groupe, le Rav Andrew Straus, suggéra alors que je dise clairement à tous les juifs états-uniens que mon utilisation du terme "apartheid" ne s'applique pas à la situation à l'intérieur d'Israël, que je reconnais la profonde préoccupation des Israéliens causée par la menace terroriste et les autres actes de violence commis par certains Palestiniens, et que la majorité des Israéliens veulent sincèrement vivre en paix avec leurs voisins. Le but de cette lettre est précisément de rappeler ces points.

Nous avons ensuite formé un cercle en nous tenant par la main, tandis qu'un des rabbins priait. J'ai dédicacé des exemplaires de mon livre, comme mes interlocuteurs m'en avaient prié, et l'aumônier juif des armées, le Rav Bonnie Koppell m'a offert un livre de prières.

J'ai consacré une bonne partie de ma vie d'adulte à tenter d' amener la paix à Israël, et ma prière personnelle sera pour que tous ceux d' entre nous qui veulent voir les Israéliens jouir d'une paix durable avec leurs voisins se joignent à cet effort collectif.

Sincèrement.

Jimmy Carter.

Le pasteur baptiste Jimmy Carter est ancien président des États-Unis (1977-1981). Il a reçu le prix Nobel de la paix 2002 et préside le Carter Center à Atlanta.
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