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Judaïsme : le karaisme

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La Bible témoigne dès l'époque de Néhémie du recours constant à l'exégèse du Texte afin de restaurer des rites "oubliés" [7]. On discerne aussi depuis le troisième siècle avant l'ère commune au moins[8] une tendance de certains à se fier à la Torah orale, une tradition exégétique orale, source de traditions et de commandements non inclus de façon explicite dans la Torah écrite, bien que remontant selon ses partisans à Moïse sur le Sinaï[9]. Cette tendance s'exprimait au premier siècle avant l'ère commune à travers le mouvement pharisien, auquel s'opposait vigoureusement le parti sadducéen, dont les rangs étaient formés par la noblesse sacerdotale. Les Sadducéens (dont certains karaïtes, mais pas tous, considèrent être les successeurs) , n'accordaient aucun crédit à toute source autre que la Torah écrite (Pentateuque) pour déterminer la loi religieuse[10]. L'affrontement entre pharisiens, précurseurs du judaïsme orthodoxe actuel, et sadducéens tourna brutalement à l'avantage des premiers à la chute du Second Temple de Jérusalem en 70 EC. En effet, les sadducéens étaient un groupe sacerdotal lié au Temple de Jérusalem, tandis que la doctrine des pharisiens permettait de faire reposer le culte non seulement sur le Temple, mais aussi sur la prière et l'étude. Il n'est cependant pas impossible que des factions sadducéennes isolées et minoritaires aient subsisté.

Complément à la Torah écrite, la Torah orale fit pendant longtemps l'objet d'une interdiction de mise par écrit[11], destinée à la maintenir dynamique. Mais le corpus oral allant en s'amplifiant, il fut consigné par écrit en plusieurs étapes. La première consista au IIe siècle de l'ère commune à rédiger la Michna et la Tossefta. La Michna "se présente comme un code de loi, en quelque sorte les décrets d'application de la législation biblique[12]" , et la Tossefta en représente un premier commentaire. À ; ces deux textes se rajoute la Baraïta, qui demeura orale et regroupa les traditions non-compilées dans la Michna.

Chaque article de la Michna fut lui-même l'objet de commentaires oraux entre le IIe et le Ve siècle, qui furent compilés dans la Guemara[13]. "C'est à l'ensemble Michna (lois) et Guemara (commentaire des lois […]) que l'on donna le nom de Talmud" aux IVe et Ve siècles, en deux versions : les Talmuds de Babylone et de Galilée[14]"

Cependant, si le pharisaïsme avait été établi en norme après la destruction du Second Temple de Jérusalem, le principe sur lequel il reposait, à savoir la validité de la loi orale, était loin de faire l'unanimité. Outre les sadducéens, pour lesquels la Torah orale compilait des traditions populaires sans valeur religieuse, il existait d'autres courants scripturalistes non-sadducéens[15] qui constituent sans doute le soubassement historique du karaïsme.

Le karaïsme ne reconnaît qu'Elohim comme dieu, les prophètes du Tanakh (Bible hébraïque) comme Ses seuls envoyés, et leurs paroles comme la seule parole de Dieu. Il conteste la Torah orale car elle se présente comme révélée, donc d'autorité équivalente. Il n'est ni interdit, ni même forcément déconseillé de la suivre (sauf pour les passages que les karaïtes considèrent en contradiction avec le texte écrit) , mais ne pas la présenter comme d'origine humaine mettrait gravement en danger la primauté de la parole divine, et serait en contravention au précepte édicté dans le Deutéronome de ne rien ajouter ni retrancher à la Loi[16].
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70093
b
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