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L'Eglise et les catholiques

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On ne peut pas réduire le role de l'Eglise catholique durant la seconde guerre mondiale à la seule attitude de Pie XII et enfermer celui-ci dans l'attitude du collaborateur conscient de l'ordre nazie.

Le rappel de sa participation à la rédaction de l'encyclique Mit brennender Sorge et les mesures qu'il pris pour accueillir les juifs de Rome dans la cité du Vatican le 16 octobre 1943 suffisent à le disculper de tout soupçon de sympathie pour le projet criminel nazie.

Mais pour autant Darcy3 n'a pas tord de souligner la traditionnelle connivence de la hierarchie catholique avec l'ordre établi.

Je veux simplement rappeler ici un cas particulièrement significatif ce cette alliance et de ses dérives, celui de l'Eglise d'Espagne pendant la seconde République espagnole et la guerre civile.

J'emprunte ce qui suit à l'ouvrage de Julian Casanova, la traduction est de moi, pardonnez-moi d'éventuelles incorrections de syntaxe.

 

"L'Eglise perçue la chute de la monarchie comme une véritable catastrophe. Elle n'acceptait pas la République, ce système de représentation parlementaire, de législation anticléricale, de pressions populaires dans lequel les valeurs catholiques n'étaient plus hégémoniques. Elle mobilisa la population, protégea un mouvement de masse qui sous le couvert idéologique du catholicisme abrita les classes dominantes, les secteurs les plus conservateurs préoccupés par la défense de leur ordre et pas seulement par celui de l'Eglise.

L'Eglise et la majorité des catholiques mirent dès le début tous leurs moyens (qui n'étaient pas faibles) au service de la cause des militaires soulevés. Les militaires n'eurent pas à demander à l'Eglise son adhésion, elle l'offrit avec grand plaisir. L'Eglise ne laissa pas s'écouler le moindre délai pour se décider.

Les uns parce qu'ils défendaient l'ordre, les autres parce qu ils défendaient la foi, tous se rendirent compte des bénéfices que sigifiaient l'entrée en scène du sacré .

L'Eglise se senti enchantée par le soulèvement" providentiel" comme le qualifia le cardinal primat Isidro Goma dans la lettre qu'il envoya au secrétaire d'Etat du Vatican, le cardinal Eugenio Pacelli, le 13 septembre 1936. Enchanté de plus que ce soient les armes qui assurent l'ordre matériel, liquident les "infidèles" et ramènent la liberté.

La complicité du clergé avec cette terreur militaire fasciste fut absolue et n'eut pas besoin d'attendre les actes anticléricaux pour se manifester.

De Goma au curé qui vivait à Saragosse, Salamanque ou Grenade, tous connaissaient le massacre, entendaient les détonations des exécutions, voyaient comment on enlevait les gens, vers tous parvenaient des familliers des exécutés ou des disparus, désespérés, demandant aide et clémence. L'attitude la plus fréquente fut le silence volontaire ou imposé par la hierarchie, quant il ne se livrèrent pas eux-même à la délation.

Au fur et à mesure qu'avancait la guerre le catholicisme gagnait du terrain par les armes, s'imposant à coups de bombes et de fusils sur les forces de l'athéisme révolutionnaire. L'entrée des troupes franquistes dans les différentes villes républicaines fut célébrées avec des tedeums, les rituels catholiques offrant une unité à toutes les forces réactionnaires.Les évêques catholiques saluaient le bras tendus lors des cérémonies civilo-militaires, bénissaient les armes, décoraient les troupes et encourageaient à la persécution des vaincus… Ils se sentaient libérés par le glorieux généralissime Franco, "le génie providentiel" qui les libérait de la catastrophe républicaine et athée.

C'est ainsi qu 'emergea  "l'Eglise de Franco"… recatholicisation par les armes, sans place pour la réconciliation et le pardon pour les vaincus.La redition inconditionnelle de l'ennemi, "le triomphe de la cité de Dieu" s'opérèrent tout enveloppés de militarisme, de nationalisme et de triomphalisme catholique. Gloire aux vainqueurs, humiliation et souffrances pour les vaincus…

L'Eglise de la "Croisade", celle de Franco, celle de la vengeance, fit appel aux valeurs  religieuses traditionnelles, primitives et essaya de recatholiser l'Espagne, son Espagne, avec les méthodes les plus répressives et violentes qu'a connues notre histoire contemporaine.

L'Eglise peut continuer à béatifier ses "martyrs de la Croisade". Les voix du passé lui rappeleront toujours qu'elle ne fut pas que martyre mais aussi bourreau.

L'Eglise catholique a depuis longtemps présenté la facture "aux rouges" et aux vaincus. Elle a bénéficié d'une longue et cruelle vengeance. Rien d'exemplaire pour elle dans ce passé, bien qu'il lui reste ses martyres."
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51754
b
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