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Le Danemark après l'affaire des caricatures

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Le Danemark après l'affaire des caricatures.

 

Le Renseignement danois adresse ses félicitations aux imams salafistes.

Pendant ce temps, les douze caricaturistes, désapprouvés par l'élite, vivent cachés et abandonnés. Et les politiques courbent l'échine devant ceux qui pensent que, bientôt, le Danemark deviendra Dar el-Islam.

 

Les choses n'ont pas tourné exactement comme prévu le 5 mai 2006, quand un certain nombre de célèbres écrivains et d'artistes danois – avec le généreux soutien financier des syndicats locaux et d'entreprises privées - ont invité les habitants de la deuxième ville du Danemark, Aarhus, à une gigantesque célébration de “joie”, sur la place principale, près de la cathédrale historique.

 

Conçue comme une manifestation de “tolérance, respect et dialogue”, les organisateurs avaient espéré que 12 à 15.000 personnes participent à un événement qui tendait à prouver le soutien populaire à une condamnation des douze caricatures de Mahomet, publiées le 30 septembre dernier dans le “Jyllands-Posten”.

 

Les porte-parole de la manifestation ont laissé peu de doute quant au fait qu'ils prônent plutôt un dialogue unilatéral, après des mois de récriminations et de troubles visant les Danois non musulmans.  

 

La modératrice de l'événement, une comédienne populaire, Søs Egelind, a clairement explicité sa position : la réputation de racistes faite aux Danois est bien méritée, a-t-elle dit à un journaliste du “Jyllands-Posten”, dont le siège est situé dans la banlieue d'Aarhus.

 

“Le débat danois est devenu épouvantable, a-t-elle ajouté. Je ne pense pas que les caricatures ont quelque chose à voir avec la liberté d'expression. Nous avons bien sûr le droit de dire et de dessiner ce que nous voulons, mais cela ne tient pas compte d'une grande partie du monde, ni de ce que la religion signifie pour ces personnes. Je pense que c'est mal élevé, méchant et inhumain” (“Jyllands-Posten”, édition d'Aarhus, 5 mai 2006).

 

“La liberté d'expression, conséquence d'une mauvaise éducation”

 

Cette déclaration résume l'attitude critique qui a prévalu à l'égard des caricaturistes chez les intellectuels et au sein de l'élite culturelle, artistique et médiatique : oui, au sens strict, nous avons la liberté de parole. Mais il ne faut pas en abuser et offenser les croyants - sous-entendu les musulmans.  

 

Pendant des décennies, aucun des membres de cette élite n'a rien trouvé à redire quand on caricaturait la religion dominante du pays, c'est-à-dire le christianisme dans sa version luthérienne). Et si les médias insistent sur leur droit à la liberté d'expression, celle-ci doit être condamnée comme conséquence d'une mauvaise éducation.

 

Les attitudes correctes.

 

Le corollaire non-dit de cette position est bien sûr que les Danois qui ont une interprétation différente de la liberté d'expression doivent être éduqués par les élites, leurs parents ayant failli dans cette tâche.

 

C'est peut-être à cause de cette affirmation non dite que la participation a été en deçà des attentes des organisateurs. Encore plus flagrante été l'absence quasi-totale des membres des minorités qui aspirent à maintenir au moins un dialogue interculturel.  

 

Commentaire d'un immigré du Zimbabwe : “Pourquoi (les personnes d'origine étrangère) ne s'impliquent-elles pas en un jour pareil ? Moins de 1% des participants ont une origine étrangère. Peut-être parce qu'il est devenu évident, pour les membres des minorités, que tous ces discours au sujet du respect, de la tolérance, de la compréhension mutuelle et de dialogue n'ont rien à voir avec eux, mais sont exclusivement destinés aux “vieux” Danois auxquels il revient de faire montre de respect, de tolérance et de compréhension."

 

Après huit mois de “dialogue” interreligieux et interculturel suivi par un nombre impressionnant d'organismes publics et privés, y compris le ministère danois des Affaires étrangères, il devient clair qu'il n'y a pas de dialogue. Nous avons vu un grand nombre de politiciens, d'intellectuels, d'universitaires, d'industriels, d'artistes, d'écrivains, de responsables chrétiens condamner l'attitude de leurs concitoyens à l'égard des 1,3 milliard de musulmans. Mais pas une parole d'autocritique n'a été entendue de la part des imams danois, des porte-parole vociférant des organisations musulmanes, ou des onze ambassadeurs de pays musulmans qui ont fait de leur mieux pour enflammer les passions anti-danoises.

 

Tous d'accord, leaders musulmans locaux et pratiquement toute l'élite intellectuelle, culturelle et médiatique pour blâmer le “Jyllands-Posten”

 

Le résultat de mois de débat national acrimonieux autour de l'affaire des caricatures est que les leaders musulmans locaux et pratiquement toute l'élite intellectuelle, culturelle et médiatique sont d'accord pour blâmer le “Jyllands-Posten” et les Danois qui n'ont pas pris leurs distances avec le comportement outrageux du journal.

 

Le politique s'aligne.

 

Récemment, cette position a été exprimée avec emphase par Uffe Ellemann-Jensen, ancien ministre des Affaires étrangères et aussi chef du parti Libéral (au pouvoir). Dans une interview, le 28 mai, au “Jyllands-Posten”, il a rejeté l'idée que les imams danois qui se sont rendus dans des pays musulmans soient quelque peu responsables des appels au boycott, des drapeaux brûlés ou des razzias d'ambassades danoises.

 

D'après lui, ces imams ont rendu un grand service en apaisant la situation.  

 

Comme le souligne le “Jyllands-Posten”, cette attitude est très proche de celle exprimée par l'imam danois Ahmed Abu Laban, chef de la Communauté islamique et membre proéminent de la délégation d'imams partie semer le trouble à l'étranger. Il a récemment affirmé : “J'aurais pu inciter à la rébellion, j'aurais pu transformer le Danemark en enfer. J'aurais pu débrider les musulmans” (Jyllands-Posten, 11 mai 2006). Les Danois lui doivent donc reconnaissance pour avoir choisi de ne pas être violent  

 

Comme l'occupation allemande.

 

La plus grande surprise de ce jour à Aarhus a été la prestation du plus populaire des chanteurs et compositeurs danois, Kim Larsen, qui a chanté deux chansons spécialement composées pour cette occasion. L'une célébrait la démocratie. La seconde était dédiée aux douze caricaturistes dont la vie est menacée, mais dont le triste sort a été oublié au milieu de l'autoflagellation nationale et des paroles de douce compréhension.

 

La chose la plus honteuse qui soit advenue.

 

Au sujet des caricatures, Kim Larsen a peu de choses à dire sinon qu'il a jugé cette affaire difficile. Sur le sort ces caricaturistes, il était toutefois très clair : “Tout ce que je peux dire est que je suis en colère en voyant que ces caricaturistes danois doivent vivre sous la protection de la police. C'est la chose la plus honteuse qui soit advenue depuis que des hommes et des femmes danois ont dû se cacher entre 1940 et 1945”. (“Jyllands-Posten”, édition d'Aarhus, 6 mai 2006).

 

Ce n'est peut-être pas le genre de réponse qu'attendaient les organisateurs de la fête de la “joie”, mais c'était une expression de solidarité bienvenue avec des artistes dont la vie a été chamboulée, parfois brisée, par les menaces de mort qu'ils reçoivent depuis plusieurs mois.

 

S'accrocher.

 

Le 4 mai, il était annoncé que douze saints guerriers d'Afghanistan et du Pakistan ont été recrutés pour tuer les douze caricaturistes, et qu'ils sont en route pour le Danemark. Le journaliste pakistanais Hamid Mir, qui a interviewé dans le passé Ben Laden et Ayman al-Zawahiri, était à l'origine de l'information. Même si cette annonce a été accueillie avec un certain scepticisme par les experts danois en terrorisme, elle doit être dure à gérer pour les caricaturistes.

 

Il n'est pas aisé d'obtenir des informations au sujet des caricaturistes. Pour des raisons évidentes, ils sont difficiles d'accès et peu disposés à donner des interviews : la police, qui les surveille en permanence, leur conseille la plus grande prudence. Mais ce qui est bon pour la sécurité est mauvais pour des artistes dont la carrière dépend des contacts. Selon plusieurs sources contactées par POI, plusieurs parmi eux ont des soucis financiers. En plus de vivre cachés, sous protection policière constante et dans la peur, certains d'entre eux doivent ainsi faire face à une baisse de leurs revenus. Psychologiquement, la plupart semblent tenir le coup. Quelques-uns cependant accusent davantage le coup, d'autant que l'ensemble de l'élite danoise critique les caricaturistes et non leurs bourreaux.

 

Les organisations de journalistes, d'écrivains et d'artistes sont, quant à elles, très majoritairement restées silencieuses. Cela s'explique en partie par le fait que la plupart de ces organisations (de même l'écrasante majorité de la gauche danoise) sont idéologiquement opposées au “Jyllands-Posten” et à sa ligne politiquement incorrecte.

 

Mais ce silence pourrait être également lié à la peur.  

 

Le Renseignement s'aligne lui aussi.

 

Les imams doivent également être heureux des éloges que leur a tressé le Renseignement danois. Selon le porte-parole du Renseignement, “certains d'entre eux ont été d'une grande aide pour apaiser les tensions”.  

 

Le 25 mars, le “Jyllands- Posten” a publié l'interview de l'inspecteur en chef du Renseignement, Hans Jørgen Bonnichsen, qui s'est félicité de l'attitude des imams danois : “À mon avis, ils ont contribué à consolider notre sécurité intérieure, à maintenir le calme, et ils n'ont eu qu'une influence positive sur la situation (.).

Ils ont prêché le calme et l'ordre, et ont adressé un message à la communauté musulmane lui demandant de ne pas recourir à la violence mais uniquement à des moyens démocratiques. Ils ont beaucoup de contacts, et les musulmans les écoutent”.  

 

L'inspecteur en chef a critiqué la façon dont les imams ont été traités : “Ils sont diabolisés, et je sais qu'ils le ressentent. Nous devons savoir qu'il y a une tendance générale à la diabolisation et à la polarisation dans la société danoise”.

 

Le même article affirme clairement que le Renseignement et les imams ont commencé à coopérer un an et demi plus tôt, et qu'il y a eu des contacts réguliers entre un groupe de quinze imams et les hauts responsables du Renseignement.

 

Parmi les sujets discutés : les voyages des imams au Moyen-Orient. L'inspecteur en chef Bonnichsen a refusé de révéler les noms de ces imams, mais le “Jyllands-Posten” a appris que, parmi eux, se trouvent Ahmed Akkari (porte-parole des associations islamiques qui ont traîné le quotidien en justice pour offense aux musulmans) , Abdul Wahid Pedersen et Abu Basher, mais pas le chef de la Communauté musulmane danoise, Ahmed Abu Laban. Ce dernier était néanmoins bien représenté par son proche allié idéologique, le Danois converti à l'islam, Abdul Wahid Pedersen, si fondamentaliste qu'il a refusé de prendre des distances avec la pratique de la lapidation.  

 

Les chefs musulmans étaient heureux de recevoir ces éloges. Parmi eux, le porte-parole pour la presse de la Communauté musulmane, Kasem Ahmad. Ce dernier s'est toutefois plaint du fait que “les gens aient tant de préjugés à l'encontre des imams et des musulmans. Les imams ont uniquement encouragé les protestations civiles, jamais la violence” (“Jyllands-Posten”, 25 mars 2006).

 

La caméra cachée ou le vrai visage des imams.

 

Commentaire d'un imam protégé du Renseignement danois : “Je pense que la pression doit être maintenue pour que la haine s'enracine à l'égard du “Jyllands-Posten””

 

Le timing de l'inspecteur en chef Bonnichsen laissait à désirer. Deux jours avant l'interview, c'est-à-dire le 23 mars, les télévisions danoise (TV2) - et française (France 2) diffusaient un documentaire du journaliste français Mohamed Sifaoui qui a utilisé une caméra cachée pour rencontrer l'un de ces imams si appréciés du Renseignement danois, Ahmed Akkari. Ce dernier affirmait que, si le député du parti Social libéral (et critique du fondamentalisme islamique) - Naser Khader – devenait ministre de l'Intégration, alors “deux hommes émergeraient pour les faire sauter, lui et son ministère”.

 

Le documentaire recelait plusieurs informations de taille, dont un commentaire de l'imam “cheikh” Raed Hlayhel de la célèbre mosquée de Grimhøjvej, dans la banlieue ouest d'Aarhus, et participant à l'expédition des imams au Moyen-Orient : “Je pense que la pression doit être maintenue pour que la haine s'enracine à l'égard du journal” (“Jyllands-Posten”). Un porte-parole d'Ahmed Abu Laban et de la Communauté musulmane de Kassem Ahmad, croyant de toute évidence parler à un sympathisant, a confirmé : “Nous sommes salafistes”.  

 

La conclusion de Mohamed Sifaoui était que “ce groupe d'imams a utilisé les caricatures dans le but de forcer les sociétés européennes à adopter leurs lois, leurs règles et leurs doctrines”. Le documentaire a permis à tous de voir que les imams (et aucun imam danois n'a pris ses distances avec cette attitude) veulent couper court à tout discours libre qui critiquerait leur version de l'islam.

 

Dans une interview ultérieure avec le quotidien danois Politiken (28 mars 2006) , Mohamed Sifaoui a expliqué : “Je n'ai jamais affirmé que Abu Laban ou Ahmed Akkari sont eux-mêmes des terroristes - dans le sens où ils posent eux-mêmes des bombes. Ils sont ce qui est peut-être pire : les idéologues qui fournissent à de jeunes fous les bonnes excuses et les fondements idéologiques pour mener une action terroriste au Danemark.”

 

Réagissant aux affirmations de l'inspecteur en chef Bonnichsen selon lequel les imams ont été d'une grande aide, Sifaoui a répondu en souriant : “Soit cela signifie que les imams danois ont réussi à jeter de la poudre aux yeux des services de renseignement, et dans ce cas ces services sont très naïfs. Soit, et je suis plus enclin à le croire, ces services veulent calmer les gens, même s'ils savent qu'il existe une autre vérité”.

 

Le terrorisme et la liste des ennemis.

 

Le terrorisme n'est jamais loin des esprits des imams, comme l'a confirmé le porte-parole Kasem Ahmad dans le quotidien “Ekstra Bladet” (12 mai 2006).  

 

C'était après qu'Ahmed Abu Laban ait brusquement annoncé qu'il en avait assez du Danemark et qu'il se préparait à s'installer à Gaza (quelques jours plus tard, il se rétractait soudain de cette promesse au peuple danois).

 

Kasem Ahmad était livide de rage : “C'est du poison contre les musulmans du Danemark. Désormais, il ne sera pas difficile de trouver des musulmans danois qui se sacrifieront volontairement pour des actes de terrorisme ici, dans ce pays. Je suis certain que beaucoup se porteront volontaires.”

 

Interrogé sur le fait de savoir si la Communauté musulmane a dressé une “liste de haine”, Kasem Ahmad a confirmé que le numéro un est le ministre des Affaires religieuses, Bertel Haarder, parce qu'il a été le premier à soutenir la publication des caricatures et qu'il mène la guerre contre l'islam. Le numéro deux est Naser Khader. Puis vient le Premier ministre Anders Fogh Rasmussen, suivi de Pia Kjørsgaard, du Parti du Peuple Danois.

 

Durant la prière du vendredi 31 mars 2006 à la mosquée de Grimhøjvej, l'imam salafiste Raed Hlayhel a présenté une liste encore plus longue d'ennemis, affirmant à ses fidèles que l'affaire des caricatures a montré la séparation nette entre le Bien et le Mal. Côté Mal, il y a le rédacteur en chef du “Jyllands-Posten”, les caricaturistes, les imprimeurs, et même les distributeurs de journaux. Et aussi le procureur Henning Fode, qui a refusé de traîner le journal en justice pour blasphème. Mohamed Sifaoui était également sur la liste, comme Naser Khader. Ce dernier, toutefois, était placé si bas que l'imam n'a même pas pris la peine de le menacer.

 

En dépit de quoi, les menaces contre Naser Khader et sa famille ont récemment atteint un niveau tel qu'il devient très difficile pour ce politicien de continuer à travailler.  

 

Naser Khader sera donc peut-être le prochain Européen d'ascendance musulmane à être chassé du circuit politique par les islamistes – après qu'ils aient réussi à sortir Ayaan Hirsi Ali de Hollande.

 

La fuite de Flemming Rose et le souvenir des années 30.

 

Des rumeurs circulent selon lesquelles le responsable du service culture du “Jyllands-Posten”, le désormais célèbre Flemming Rose, serait en route pour l'Amérique, tant les pressions lui sont devenues insupportables. On ne peut s'empêcher de penser à un autre exode d'Europe dans les années 1930, quand d'autres esprits libres ont été contraints de quitter l'Allemagne. Il va de soi qu'aucune autorité danoise n'a émis de reproche à un imam pour ses menaces, directes ou voilées, contre l'ordre démocratique ou contre des individus.

 

La route de Médine.

 

La prière du vendredi de Raed Hlayhel (qui peut être lue dans son intégralité sur www.jp.dk) , a été analysée par la chercheuse Tina Magaard de l'université d'Aarhus. Ses conclusions ont été publiées dans l'édition locale du “Jyllands- Posten” (21 mai 2006).

 

Pour apprécier le langage utilisé par Hlayhel, il faut se rappeler qu'il est un salafiste aspirant à l'islam des origines, tel qu'il imagine qu'il a été pratiqué par le prophète il y a 1.400 ans. Son idéal est l'époque de Mahomet à Médine, après 622, quand il a acquis suffisamment de pouvoir pour agir en tant que dictateur politique et seigneur de guerre.

 

Etant donné la façon dont Hlayhel parle du Danemark, Tina Magaard conclut qu'il considère que le pays est au stade initial d'une voie menant à sa soumission à l'ordre islamique. Hlayhel qualifie ses ennemis, Naser Khader et Mohamed Sifaoui, d'hypocrites, utilisant le même mot que Mahomet à son arrivée à Médine.

 

Aujourd'hui, pour la première fois, les juges islamiques clament leur droit à punir des Danois non musulmans.  

 

Le spécialiste anglo-américain de l'islam, Bernard Lewis, en arrive à une conclusion similaire, mais plus radicale encore. Comme il l'a expliqué au quotidien allemand “Die Welt” (19 avril 2006) , il y a toujours eu des caricatures de Mahomet en Europe. Certaines, comme à la cathédrale de Bologne où Mahomet est dépeint dans l'Enfer de Dante, sont bien pires que les récents dessins danois. Mais cela n'avait pas affecté les musulmans, les insultes au prophète étant punies uniquement là où règne l'islam. Aujourd'hui, pour la première fois, les juges islamiques clament leur droit à punir des Danois non musulmans. “Dans ce cas, il y a une seule explication : ils voient désormais l'Europe comme faisant partie de la terre d'islam, Dar al-Islam. Et pour eux, les Danois sont devenus des dhimmis. D'un point de vue historique, les dhimmis constituaient à l'origine des majorités et sont peu à peu devenus des minorités. Comme aujourd'hui en Europe”.

 

Le pacte de Médine.

 

La force de Mahomet à Médine était initialement fondée sur ce qui a été appelé le Pacte de Médine entre Mahomet et les tribus juives et polythéistes de la ville. En suivant le même schéma, Raed Hlayhel fait l'éloge des deux alliances qu'il croit forgées entre deux “tribus” danoises, la compagnie laitière Arla (qui a choisi de préserver ses exportations dans les pays arabes en exprimant son admiration profonde pour les valeurs islamiques) , et le Renseignement danois, le PET.

 

“Ce que Arla a fait est fantastique, et je l'en remercie. C'est un coup de poignard au coeur de la société danoise qui a choisi la solidarité avec les caricaturistes et contre les musulmans”.

 

Hlayhel apprécie également le PET, qui comprend le pouvoir des imams : “Les Danois savent que moi et d'autres imams sommes invités dans les prisons pour calmer les fauteurs de troubles. Il est temps de laisser ces querelles derrière nous, et les autres doivent arrêter de mentir. Il est temps de dire, comme l'a courageusement fait le chef du PET : “Les imams ont été très coopératifs”.

Cela doit être dit, même si la société danoise n'aime pas le fait que les imams ont joué un rôle positif dans la gestion de la situation du Danemark. C'est pourquoi nous devons souligner de tels paroles, en vue de montrer nos droits”.

 

Tina Magaard interprète ainsi ces observations plutôt cryptées : “Parmi les non croyants, certains ont compris comment se comporter en accord avec les lois islamiques : Arla et le PET.

 

Exactement comme Mahomet avait conclu le Pacte de Médine avec des tribus originaires de la ville, Raed Hlayhel a conclu un Pacte du Danemark avec les tribus Arla et le PET. Le Pacte de Médine impliquait que Mahomet, un nouveau venu à Médine, gère la ville en partie avec ses alliés, de la même manière que Raed Hlayhel décrit les relations entre les imams et le PET. Il se considère l'égal du PET. Mais le PET et Arla ne doivent pas se faire d'illusions. Ils ont peut-être ratifié un pacte, mais la coopération ne durera que tant qu'elle se fait à l'avantage des musulmans. C'était le cas à Médine, et je pense qu'il en sera ainsi au Danemark. On ferait bien de rappeler au PET comment les choses ont fini, de manière dramatique, pour les alliés de Mahomet (Ils ont été assassinés après que Mahomet a décidé de violer le pacte en 624, deux ans après qu'il ait été conclu).

 

Selon Tina Magaard, “le fait que le PET soit perçu comme étant du côté de la nation islamique montre que Raed Hlayhel pense avoir un rôle dans le maintien de l'ordre et le respect de la loi. Sa référence aux prisons indique qu'il pense avoir déjà acquis une fonction sécuritaire”.

 

“Les salafistes considèrent comme un devoir religieux le transfert du monopole de la violence entre des mains musulmanes.”

 

Il ne faudrait pas être surpris si Raed Hlayhel perçoit comme une insulte religieuse le fait que le PET soit un jour forcé de reprendre une partie du monopole qu'il croit avoir acquis dans le cadre de négociations. Dans une perspective salafiste, il sera alors de son devoir religieux de susciter des réactions parmi les musulmans du Danemark pour forcer le PET et la société danoise à reconsidérer leurs positions”.

 

Un pacte du Danemark, oui mais.

 

Il n'est pas étonnant que l'imam Raed Hlayhel considère l'affaire des caricatures comme un tournant. La réaction de certaines “tribus” danoises lui a permis de signaler au monde musulman que le Danemark est au premier stade d'un processus de Médine, et qu'il a forcé les Danois à conclure un Pacte du Danemark.

 

En dépit de tout ceci, il faut quand même se rappeler que, malgré les efforts concertés de la oumma, des élites danoises et des politiques largement pro-islamistes des grands corps internationaux comme l'Union européenne, l'ONU et le Conseil de l'Europe, la population danoise reste largement en faveur de la liberté, notamment d'expression. Et cela bien que le soutien populaire à la décision du “Jyllands-Posten” de publier les caricatures a chuté de 57%, il y a six mois à 47% selon le dernier sondage.  

 

Par Lars Hedegaard et Helle Merete Brix.

Le 06 Juin 2006.
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