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Prépuce et circoncision

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Du latin ecclésiastique circumcisio (découper autour) , la circoncision est une opération chirurgicale consistant à exciser tout ou partie du prépuce. Elle est pratiquée essentiellement à des fins religieuses (notamment comme rite chez les juifs, les musulmans et dans certaines communautés chrétiennes) et culturelles. Elle peut aussi être pratiquée à des fins d'hygiène préventive (ce qui est controversé, voir ci-après) ou médicales curatives.

Les textes antiques.

La circoncision est mentionnée au Ve siècle av. J.-C. Par Hérodote, qui l'évoque dans le second livre de ses Histoires et en attribue la paternité aux Égyptiens. Cette paternité semble confirmée par de nombreux vestiges archéologiques, le plus ancien étant une gravure du tombeau d'Ankhmahor (entre -2300 et -2200) qui représente une circoncision pratiquée avec un silex sur un homme debout.

Cette pratique est citée à plusieurs reprises dans l'Ancien Testament, qui fait d'Abraham et de sa famille les premiers circoncis ; lorsque Dieu apparaît à Abraham, il lui indique ainsi les termes de son alliance avec le peuple juif (Genèse, XVII.

Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, c'est-à-dire ta race après toi : que tous vos mâles soient circoncis.

Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera le signe de l'alliance entre moi et vous.

Quand ils auront huit jours, tous vos mâles seront circoncis, de génération en génération.

Alors âgé de 99 ans, Abraham se circoncit, impose l'opération à son premier fils Ismaël, ainsi qu'à tous les hommes et enfants mâles de sa maison. Quelques mois après, il répètera l'opération sur le petit Isaac.

Dans le Nouveau Testament, un seul des quatre évangélistes évoque de façon claire la circoncision du Christ. Il s'agit de Luc (II.

Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l'ange avant sa conception.

Cela ferait donc coïncider le 1er janvier avec la circoncision du Christ.

Par contre, dans la plupart de ses Épîtres, Paul de Tarse, vivant en diaspora et en milieu hélléniste, indique fréquemment que la circoncision n'est pas nécessaire :

La circoncision n'est rien, et l'incirconcision n'est rien ; ce qui compte, c'est de garder les commandements de Dieu. (Corinthiens, VII : 19).

La circoncision fit l'objet d'une querelle entre héllénistes ou juifs héllénisés et juifs orthodoxes. Cette querelle avait été lancée dès l'avènement du roi Archelaus IV Épiphane qui préconisait l'héllénisation à outrance avec :

L'éphébie (préparation militaire supposant la gymnastique nu à la palestre) ,

Donc l'abandon de la circoncision dont les Grecs faisaient honte aux juifs,

L'adoption de la langue grecque au détriment de l'araméen.

Cette tentative échoua mais donna lieu à la guerre des Macchabées à laquelle font écho deux livres de l'Ancien Testament et deux apocryphes dont l'un a pour auteur Jason de Cyrène, juif de la diaspora au nom hellénisé.

Deux cents ans plus tard, Saint Paul prit position dans cette vieille querelle. Le débat, qui se trouva alors clos dans le courant du judaïsme qui allait devenir le christianisme, fut au contraire rouvert, et le demeure dans le judaïsme moderne.

Religions et circoncision.

Judaïsme : fidèle à la tradition des Hébreux, la religion juive continue de pratiquer la circoncision le huitième jour après la naissance de l'enfant, sauf avis médical contraire. C'est au père qu'il incombe de préparer la cérémonie, qui doit se dérouler tôt le matin et est précédée par une veillée consacrée à la prière. La circoncision s'appelle en hébreu milah, mais l'expression complète est brit milah, le premier mot signifiant alliance. En effet, cette circoncision est pratiquée pour rappeler l'alliance établie entre Dieu et Noé, après le déluge. Cette alliance est une promesse faite par Dieu qu'un tel évènement ne se reproduira pas.

Christianisme : Paul de Tarse est réputé (doctrinalement) être à l'origine de l'abandon de la circoncision, contre l'avis des judéo-chrétiens. Mais celle-ci est encore pratiquée par les Églises coptes d'Égypte et d'Éthiopie. À ; titre d'anecdote, on ajoutera qu'en Angleterre la reine Victoria, estimant que la famille royale descendait de David, fit circoncire ses enfants, notamment le futur roi Édouard VII. La coutume s'est perpétuée par la suite, mais la princesse Diana a refusé que ses deux garçons soient circoncis. Un pays à majorité catholique, les Philippines, présente un taux de circoncision proche de 100%, il semble que cette pratique culturelle remonte à des origines pré-hispaniques et ai été encouragée par la colonisation américaine (1898-1946) ces derniers mettant en avant le coté hygiénique.

Islam : pratiquée par tous les musulmans, la circoncision n'est pourtant pas préconisée par le Coran et semble correspondre à des rites préislamiques. En Iran, elle a lieu le plus souvent le jour même de la naissance. Ailleurs, l'âge où l'enfant est circoncis est très variable, même si le plus souvent sept ans est considéré comme le meilleur âge. L'essentiel est en tout cas que l'opération ait lieu avant la puberté. En Asie, les musulmans ne pratiquent pas la circoncision. On peut donc se demander si le rite ne dépend pas d'une zone géographique (Afrique et mondes méditerranéens) ?

Religions animistes : en Afrique noire, la circoncision est le plus souvent antérieure à la venue de l'Islam, mais elle s'est confondue avec lui là où il s'est implanté. Elle est également pratiquée par plusieurs peuples polynésiens et par certains aborigènes australiens.

Hygiène et circoncision.

C'est dans l'Angleterre victorienne que naquit, à la fin du XIXe siècle, l'idée que le prépuce, en lubrifiant le gland, favorisait la masturbation alors tant redoutée dans les familles. La circoncision devint donc un moyen d'assurer au jeune garçon une meilleure hygiène physique et mentale.

Cette pratique de la circoncision s'étendit très vite aux autres pays anglo-saxons, notamment aux États-Unis et au Canada anglophone. Mais on y abandonna l'idée très controversée de lutte contre la masturbation au profit de notions hygiéniques : puisque le prépuce ne servirait à rien, sinon à favoriser le développement de microbes, d'infections urinaires et la formation d'un éventuel phimosis, autant le couper dès la naissance. La circoncision est alors présentée comme un acte médical préventif (plutôt que thérapeutique).

Ainsi, dans les années 1970, aux États-Unis, près de 80% des nouveaux nés mâle étaient circoncis (en baisse depuis). En Grande-Bretagne, la circoncision est passée de mode dès les années 1950.

Taux internationaux de circoncision.

Pays.

Année.

Circoncisions néonatales (%).

États-Unis.

2001.

55,1% [1]

Canada.

1996/97.

17% [2]

Australie.

1995-96.

10,6% [3]

Nouvelle-Zélande.

1995.

0,35%* [4]

Royaume Uni.

1998.

0,4% [5]

Autres pays d'Europe.

Années 1990.

De 0% à 2%

*En Nouvelle-Zélande, la pratique de la circoncision existe, mais hors des hôpitaux.

L'indication de la circoncision pour des raisons d'hygiène est contestée[6]. Elle est en revanche moins contestée comme traitement chirurgical de certaines affections déclarées, comme le phimosis rebelle aux autres traitements.

Evolutions médicales et juridiques.

De tous temps, des enfants circoncis ont pu reprocher à leurs parents de leur avoir fait subir une opération non souhaitée et souvent ressentie comme une mutilation. Ces reproches, auparavant presque toujours intériorisés, sont de plus en plus étalés au grand jour et aux États-Unis d'Amérique, beaucoup de circoncis n'hésitent plus à porter plainte contre le chirurgien qui a pratiqué l'opération ou contre leurs propres parents.

Il est extrêmement difficile d'obtenir des chiffres précis sur les incidences de la circoncision en matière de santé publique. Une étude statistique étatsunienne [7] menée sur la période 1940-1990 donne les chiffres suivants :

Nombre total estimé de circoncisions :

65 863 000.

Nombre total estimé de complications post-opératoires :

Entre 1 317 260 et 6 586 300.

Nombre total estimé de décès :

Entre 131 et 2 744.

On estime que chaque année environ 15 enfants meurent à la suite d'une circoncision, en Grande-Bretagne, pays où pourtant on circoncit peu.

Depuis quelques années, des techniques chirurgicales se proposent de réparer autant que faire se peut les organes endommagés par l'excision et la circoncision. Elles connaissent actuellement, pour ce qui est de la circoncision, un important développement.

Interprétation du rite.

Hérodote expliquait déjà la circoncision par une prescription hygiénique. On a dit aussi qu'elle accroissait la vigueur sexuelle et la jouissance du mâle. Inversement, le philosophe Philon d'Alexandrie voyait dans la circoncision une renonciation symbolique aux péchés de la chair. Une autre interprétation religieuse fait de ce rite une forme édulcorée de sacrifice : plutôt que d'offrir son corps entier à la divinité qui lui a donné la vie, l'homme lui fait présent d'une petite partie de sa chair.

On voit aussi dans la circoncision et l'excision une façon d'affirmer la virilité d'une part (par la suppression du prépuce masquant le gland) , et la féminité de l'autre (par l'ablation du clitoris, conçu comme une sorte de pénis féminin sur la base de son apparence externe). Cette conception est traditionnelle et ne rend pas compte de la réalité anatomique. L'excision enlève la totalité d'un organe du fait d'une conception du féminin qui serait par nature tentateur et voué au plaisir. Il s'agit donc de préserver les femmes de la tentation d'adultère comme le montre l'opération quand elle est pratiquée complètement, c'est-à-dire avec infibulation. Le sexe de la femme est conçu comme la propriété de l'homme qui en a la jouissance. L'excision n'a donc rien à voir avec la circoncision ; tandis que la circoncision n'est pas une opération irréversible, l'excision est une mutilation irréversible. Cette opinion est cependant rejetée par de nombreux opposants à la circoncision.

L'interprétation la plus fréquente, dans les civilisations où la circoncision a lieu à la pré-adolescence, considére la circoncision comme un rite initiatique permettant à l'enfant de devenir adulte, son sexe étant assimilé à un serpent qui mue en perdant sa première peau.

Une autre interprétation doit être trouvée dans les civilisations voulant que l'opération ait lieu huit jours après la naissance. Peut-on considérer que la Bible a cherché là un moyen d'adoucir les connotations sexuelles d'un rite païen antérieur aux textes sacrés du judaïsme ?

On pense aussi que le rite de la circoncision comme les interdictions alimentaires et les prescriptions vestimentaires ont pu être des moyens de marquer les communautés religieuses par des signes distinctifs ostensibles.
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69525
b
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