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Psychologie et spiritualité

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 02/10/11 | Mis en ligne le 15/04/12
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Tu connais ce texte de PIerre Janin, Riverchocolate ? Je l'avais lu un jour et mis de côté (je suis une collectionneuse de beaux textes comme d'autres sont collectionneurs de timbres ; -) ). Psychothérapie, spiritualité et présence, de Pierre Janin. Il n'y a personne ici qui n'ait au moins une fois dans sa vie, et plus probablement de nombreuses ou très nombreuses fois, rencontré la souffrance, discrète ou intense, chronique ou soudaine, explicable ou incompréhensible. La douleur physique et la maladie d'un côté, la douleur morale de l'autre avec l'angoisse, la confusion, le chagrin, le sentiment d'exclusion, la perte de sens, et ainsi de suite… sont des expériences dont au moins certaines sont connues de nous tous. Et il n'y a vraisemblablement personne ici qui n'ait fait aussi l'expérience de quelque chose de l'ordre de la très large ouverture, de l'émerveillement devant la beauté de la vie et du monde, de l'appétit joyeux du savoir ou de l'action, de la créativité féconde, de ce que peut vouloir dire l'amour inconditionnel reçu et donné, d'un sentiment tranquille d'appartenance et de solidarité avec la famille humaine et par delà, avec un grand Tout. La matière de notre travail de thérapeutes est, bien sûr, plus souvent la souffrance que l'ouverture joyeuse. D'ailleurs, quand on en arrive à l'ouverture joyeuse c'est que la fin de lathérapie approche. Ce que j'examinerai donc ici, c'est comment nous abordons la souffrance en vue d'un processus qui s'oriente vers l'ouverture joyeuse. En présence de la souffrance notre préoccupation la plus immédiate est comment agir, quoi faire ou ne pas faire. Et la question connexe toujours présente est celle du sens : comment comprendre ce qui est là devant nous. Question à l'arrière-plan quand nous sommes dans l'action, au premier plan quand nous ne savons plus quoi faire, ou quand ce que nous avons fait échoue. Agir, comprendre, comprendre, agir, sont les deux pôles constamment au travail dans notre pratique, qui consiste en somme à apporter à la souffrance une réponse si possible transformatrice. Les réponses des traditions spirituelles à la souffrance : Aux situations dramatiques et douloureuses il a de tout temps été proposé des explications - comment comprendre - et des réponses pratiques - comment agir -, non pas par la psychothérapie puisqu'elle n'existe que depuis peu, mais par ce qu'on appelle aujourd'hui les diverses traditions spirituelles. Je fais référence ici aux trois religions du Livre, judaïsme, christianisme et islam ; aux diverses traditions orientales, l'hindouisme, le bouddhisme, le confucianisme, et leurs variantes ; à quoi il faut encore adjoindre les traditions moins universalistes, entre autres africaines ou amérindiennes, dont les animismes et les pratiques chamaniques associées avec leurs multiples visages. Ce qui suit concernera à mon sens l'ensemble de ces traditions, même si je me limite, dans les exemples plus concrets que je donnerai, au christianisme, au bouddhisme et à l'animisme. Chacune des traditions spirituelles est porteuse d'une vision fondatrice de la condition humaine dans l'univers. C'est le comment comprendre initial. Il s'agit toujours d'un drame se jouant entre des forces de vie et des forces de stagnation ou de mort, celles-ci étant les causes de la souffrance. Ce drame est toujours présenté dans la perspective que la souffrance peut avoir une fin, pour ceux qui s'engagent de façon persévérante dans le chemin de pratiques régulières qui les rapprochent des forces de vie (c'est le comment agir, pratiqué ou proposé). L'ensemble de ces affirmations fédère les individus qui y adhèrent en une communauté. Certains de ses membres spécialement touchés par son message deviennent des autorités qui enseignent et accompagnent les autres, personnellement ou collectivement, sur le chemin proposé. J'illustre rapidement avec l'exemple de la tradition chrétienne. Le drame de l'homme, c'est d'être la créature imparfaite d'un Dieu d'amour : il est tenté, sous l'influence du Malin, de s'éloigner de son créateur donc de l'esprit d'amour. D'où la souffrance comme sanction ou comme épreuve. Voilà le comment comprendre. Le chemin - le comment agir, discipline personnelle ou enseignement à donner - c'est l'effort d'obéissance à la loi d'amour proclamée par Jésus, la prière, l'examen de conscience, le recours à un prêtre comme confesseur, confident, aide pour voir plus clair. L'Eglise est la communauté qui regroupe et enseigne les chrétiens. Certains parmi eux sont choisis pour être les prêtres chargés de transmettre le message d'amour à travers les rituels religieux, la catéchèse, et des entretiens personnels. D'autres incarnent le message avec une force particulière et deviennent des références spirituelles même sans être prêtres, comme les mystiques, les staretz chez les orthodoxes. Il arrive que ce soient les mêmes personnes, je pense par exemple au curé d'Ars, au Padre Pio ou à St Jean Bosco. Dans le comment comprendre bouddhiste, le drame de l'homme est qu'il aspire par nature à la félicité de l'Eveil - il a une nature de Bouddha -, mais que la "soif d'être" logée profondément en lui s'oppose à la réalisation de cette nature de Bouddha en lui faisant confondre "être quelque chose" (heureux, malheureux, psychothérapeute, riche, pauvre, homme, femme, abandonné, aimé…) et "être Eveillé" . Pour sortir de cette confusion il faut suivre, accompagné par un lama, le chemin exigeant nommé selon les cas Voie octuple, Dharma, voie du Milieu, voie de la méditation, qui conduit à renoncer à vouloir être quoi que ce soit (l'inexistence des essences est un point central du bouddhisme) : voilà le comment agir, à suivre ou à enseigner. Le Sangha est la communauté qui regroupe et encourage les pratiquants de la voie bouddhiste, guidée par des lamas, témoins du chemin et transmetteurs de l'enseignement comme l'est par exemple le Dalaï lama ou comme l'a été Kalou Rimpoché. La vision animiste, répandue semble-t-il là où les grandes traditions n'ont pas suffisamment pénétré, décrit le monde comme étant partout habité d'esprits. Esprits de l'environnement naturel - la terre, l'eau, les plantes, les animaux, les lieux, etc. - esprits en nous-mêmes, esprits dans l'entourage humain. Le drame de l'homme, c'est que le peuple nombreux et disparate qui l'entoure ou l'habite est par nature plutôt en constante lutte de pouvoir que dans des relations pacifiques ; la souffrance est la conséquence des inévitables conflits au sein notre cercle personnel d'esprits. Le comment agir se situe à deux endroits : les rites à accomplir pour honorer les esprits dont on souhaite la bienveillance et barrer la route aux autres, et le recours au chaman : il est celui qui, ayant fait personnellement un chemin de rencontre avec les esprits, est capable d'intervenir auprès d'eux pour établir ou rétablir les compromis ou alliances nécessaires à la personne souffrante. Dans le cas de l'animisme, il n'y a pas de communauté spécialement instituée ; c'est le village, la tribu qui sont naturellement porteurs de la croyance commune. Je n'examinerai pas ici les autres traditions dites spirituelles que j'ai citées : je les connais insuffisamment, mais assez pourtant pour voir le point commun qu'elles partagent avec le christianisme, le bouddhisme et l'animisme : toutes se rejoignent dans leur description de la souffrance comme la conséquence du drame universel de la condition humaine, autrement dit : tout drame personnel exprime le drame universel ; la souffrance d'une personne particulière renvoie à sa dimension collective. C'est donc le prêtre, le lama, le rabbin, l'imam, le chaman qui va aider la personne à sortir de l'enfermement de sa douleur d'individu isolé pour rejoindre le niveau où elle a un sens universel, c'est-à-dire, dans la pratique, où elle peut être comprise, donc partagée et soulagée au sein de la communauté. Par exemple, la souffrance d'un deuil, qui est bien sûr le lot de la personne ayant aujourd'hui perdu un proche, est une épreuve que tous les autres membres du groupe connaissent déjà ou connaîtront un jour, une épreuve concernant en fait tous les humains. La mort du proche va donc donner lieu à des cérémonies ou des rites sociaux spécifiques, en tant que passage inévitable qui rend manifeste à l'endeuillé son appartenance, à travers la communauté locale - la paroisse par exemple -, à la communauté humaine tout entière. Des constats semblables peuvent être faits à propos de toutes les souffrances que la tradition concernée considère comme des visages possibles du drame humain, et qui peuvent donc être entendues par ses proches ou par les prêtres, par exemple le passage de l'enfance à l'âge adulte, les souffrances amoureuses, la maladie, l'approche de la mort, etc. Et concernant en particulier la maladie, il est classique dans le christianisme de procéder à des guérisons dans un contexte collectif, depuis les miracles de Jésus jusqu'à ceux de Lourdes en passant par les pratiques guérisseuses des mouvements charismatiques. Les bienfaits de l'accueil de la communauté à la dimension universelle de la souffrance personnelle sont millénaires. Les exemples que je viens de prendre sont bien visibles : le deuil pris en charge par des pratiques collectives, ou les guérisons dites miraculeuses. Mais j'aimerais souligner aussi que des effets moins visibles peuvent se produire progressivement sur un temps long à un niveau social. Par exemple, l'esprit de compassion et de solidarité, fondateur du christianisme, a été largement à l'oeuvre en Occident dans le développement de la médecine, et plus largement de toutes les structures d'entraide mutuelle et de la notion même de service public : la progression vers la démocratie, l'école pour tous, tous les services sociaux, la répartition de la richesse grâce à l'impôt, l'Assistance publique, etc… Il s'agit là d'accomplissements immenses, et dont je crois que nous ne prenons pas toujours la mesure. Plus localement, et hors culture occidentale, j'aimerais citer deux exemples particuliers de pratiques soignantes réussies dans un contexte collectif, ici animiste. Le premier est relatif aux pratiques chamaniques de la Haute Amazonie péruvienne, que certains d'entre vous connaissent, qui est associé à la prise de plantes dites "maîtresses" et notamment d'une plante hallucinogène appelée ayahuasca. J'ai participé moi-même au Pérou à un mois d'initiation à ces pratiques, donc à des séances d'ayahuasca, séances de groupe au cours desquelles l'officiant invoque dans des chants rituels les esprits de diverses plantes maîtresses dont l'ayahuasca, mais aussi les esprits de la Mère matière, d'un saint chrétien local, de la Vierge Marie, du Padre Pio et de Jésus. Et c'est dans ce contexte que j'ai été témoin qu'une personne victime d'un mauvais sort lancé sur elle par un ennemi plusieurs années auparavant, en a été libérée. On peut ne pas croire aux sorts, envoûtements ou ensorcellements. Mais je remarque qu'ils relèvent d'un système de croyances où la malveillance est ressentie et utilisée comme une force collective (non propre à une personne particulière) , et qu'il y a donc un certaine logique à ce que, transformée en envoûtement, elle doive être affrontée en tant que force collective. Et justement, dans les images survenant au cours des séances d'ayahuasca, la personne dont je parle - pas moins cultivée que nous tous, et ayant déjà fait un substantiel travail sur elle-même - "voyait" le Diable sous sa forme moyenâgeuse (cornes et sabots) se moquer d'elle en lui promettant qu'il ne la lâcherait jamais ; dans le même temps l'officiant avait des images de lutte sans merci entre le Bien et le Mal. Le résultat du travail que la personne et l'officiant ont fait chacun de leur côté au cours de ces pratiques chamaniques a été la fin de ce combat représenté en images archétypiques. Et dans la vie pratique de cette personne, il est arrivé quelques mois plus tard des événements extrêmement positifs et totalement inattendus, après pas mal d'années d'ennuis graves et répétés. Le second exemple est celui d'un "tradithérapeute" - c'est le nom qui correspond à sa pratique - sénégalais. Explicitement animiste, il affirme que tout ce qui est dans la nature est vivant. Ancien infirmier pendant 25 ans auprès d'un psychiatre dans un hôpital français de Dakar, formé par ailleurs au psychodrame pendant deux ans au Canada, il a créé maintenant un village thérapeutique dans la brousse, qui peut accueillir une quinzaine de malades accompagnés par un ou deux membres de leur famille. Les séjours durent en moyenne un mois. Il utilise pour les soins aussi bien le largactyl ou le valium qu'une calebasse qu'il passe sur le corps des malades. Il ne se fait pas payer, étant par ailleurs éleveur et cultivateur. La famille assiste à toutes les séances thérapeutiques. Pendant son séjour, l'amie qui m'en a parlé était elle aussi présente aux séances si elle le voulait. Les traitements réussissent suffisamment pour qu'on vienne voir cet homme de loin, même d'Europe. Voilà donc des exemples de souffrances efficacement prises en charge en groupe dans le cadre de traditions anciennes. Mais il existe des souffrances personnelles qui se sentent incomprises quand elles sont accueillies comme rejouant un drame collectif, ou qui même sont ignorées comme souffrances. Exemples pris dans notre culture à dominante chrétienne fortement moraliste : - j'ai perdu mon conjoint et l'Eglise m'accompagne dans ce deuil, mais l'ambivalence des sentiments que cette perte suscite chez moi ne peut pas être confiée à un prêtre, qui n'aura j'imagine que de bonnes paroles à me donner en réponse. - Je suis homosexuel, mais dans la tradition catholique c'est inacceptable, je reste donc seul avec cette souffrance, entièrement impartageable, d'être différent. - J'ai des difficultés avec ma mère, mais ma mère est estimée de tous et il faut "honorer ses parents" , je n'ai donc aucune place pour être entendu. - J'ai subi l'inceste avec mon père, mais si j'en parle personne ne voudra me croire tellement c'est impensable, on me fera honte ou même on m'empêchera de dire des choses pareilles, je ne peux donc que garder à l'intérieur de moi ce poids écrasant. Autrement dit, l'ambivalence affective, l'homosexualité, les difficultés parent-enfant, l'inceste - entre autres - n'ont pas vraiment de place explicite dans le drame collectif dépeint par le christianisme (à moins qu'on ne rencontre un prêtre qui ait fait une psychothérapie). Dans les cas que je viens de citer et dans bien d'autres, le comment comprendre de notre tradition spirituelle occidentale tend à être simpliste, désincarné, hors du réel, muet, voire fermé. C'est donc le moment de parler des réponses plus modernes, celles de la psychothérapie. Les réponses de la psychothérapie à la souffrance : C'est précisément l'accueil insuffisant offert par les traditions dominantes en Europe, la chrétienne et la juive, qui a poussé à ouvrir, vers la fin du 19ème siècle, deux espaces nouveaux : - d'abord un espace scientifique : celui de l'observation, neutre, qu'il existe beaucoup de souffrances non dites car moralement et socialement inentendables, - et ensuite un espace proprement thérapeutique proposant à la fois une écoute sans jugement et un chemin de conscience, l'ensemble menant à un réel soulagement reconnu au moins par la personne et éventuellement par son entourage. Le projet psychothérapeutique est donc d'abord concerné par la dimension personnelle, intime, du vécu souffrant : séparation, dépression, culpabilité, difficultés affectives, sexuelles, familiales, professionnelles ou sociales, sentiment d'exclusion, de honte, de confusion, de perte de sens, etc. Son approche pratique est donc au départ résolument personnelle : la personne en difficulté a absolument besoin d'être entendue dans ce qui lui appartient à elle et à personne d'autre. Le premier comment agir de la psychothérapie, toutes tendances confondues, reconnaît ce besoin fondamental de la personne souffrante d'être enfin vue et entendue comme un être différent et à part entière : une écoute sans jugement est offerte à son intimité douloureuse singulière. En d'autres termes, pour la psychothérapie toute souffrance personnelle existe en droit et son accueil prime sur toute autre considération. En même temps que l'écoute, le projet thérapeutique propose un chemin de conscience. C'est là qu'il faut parler des psychothérapies et pas seulement de la psychothérapie, parce qu'il existe de nombreuses méthodes, de nombreux comment agir. Certains thérapeutes sont silencieux et immobiles comme les psychanalystes classiques, d'autres fondent leur travail sur le dialogue comme les thérapeutes dits relationnels. Certains privilégient la parole comme moyen d'expression, certains font de la place à d'éventuelles interactions physiques, beaucoup ouvrent un large espace aux émotions, certains proposent des techniques mobilisant fortement le corps et la sphère émotionnelle, telles celles de la bioénergie ou la respiration holotropique. Certains se centrent sur le symptôme comme les comportementalistes, d'autres, les plus nombreux en Europe, se centrent sur les points de départ du mal-être dans l'histoire personnelle du client et sur les scénarios de souffrance, fermés et répétitifs, qu'elle a engendrés. Enfin certains, plutôt techniciens, restent à distance, d'autres, plutôt artisans, s'impliquent personnellement. L'important pour nous ici est que le résultat recherché par tous est finalement le même : permettre au client-patient de trouver l'accès aux ressources personnelles grâce auxquelles il va pouvoir accueillir lui-même sa propre souffrance, et lui donner une place juste et circonscrite dans un paysage intérieur de plus en plus élargi et clarifié. En somme, toutes les psychothérapies proposent un chemin d'unification-différenciation : unification de la personne avec elle-même quand elle consent à son histoire et à ses vulnérabilités (j'accepte d'être ce que je suis aujourd'hui) et à sa différence (je suis différente des autres et je l'accepte). Ce deuxième aspect du comment agir classique de la psychothérapie repose sur l'idée que tout individu est capable de devenir responsable de lui-même. "Devenez ce que vous êtes" , "devenez l'acteur de votre propre vie" , sont des slogans courants dans le monde des psychothérapeutes. Le rôle du praticien est d'aider ce processus. Cette aide est nécessaire, mais provisoire, car une fois tirée d'affaire - une fois "devenue elle-même" - la personne sera autonome. La vision de l'homme qui réunit ces deux postulats de l'agir psychothérapeutique : l'écoute et l'aide dans la traversée difficile, est une vision à dominante individualiste, que d'ailleurs l'ensemble de notre société occidentale cultive. L'idéal individualiste en effet est que chacun trouve ses appuis en lui-même et soit responsable de ses paroles et de ses actions. Pour la philosophie individualiste la souffrance est personnelle, le processus d'évolution se fait à partir de l'histoire personnelle ou des symptômes personnels, les ressources sont personnelles, l'aide au processus est apportée sur demande personnelle. En somme le comment comprendre de la psychothérapie dans son inspiration individualiste est le suivant : la souffrance est une affaire individuelle explicable par les aléas de la destinée individuelle etsoulageable par un processus personnalisé. Le drame de la souffrance n'est plus un drame de la condition humaine : c'est un drame de l'individu, qu'il peut et doit assumer seul, bien qu'il puisse avoir besoin d'aide au passage. Les points forts de cette vision individualiste de l'homme sont nombreux : elle valide le sentiment de la dignité et de la valeur personnelles, elle souligne les impasses graves du statut d'assisté ou de victime et, par contraste, les bienfaits de l'autonomie et de la responsabilité de chacun vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis d'autrui ; elle ouvre la porte à la créativité personnelle ; sur un plan plus social elle rend envisageable une gestion démocratique des affaires collectives, et elle rend libre de penser par soi-même, y compris de questionner toutes les idéologies religieuses, spirituelles, politiques, morales, psychologiques. Et notamment l'idéologie de l'individualisme lui-même. Les inconvénients de l'individualisme sont ceux de l'isolement : si l'accomplissement personnel est en effet vraiment personnel, alors il n'y a pas d'appartenance à quelque chose de plus grand, la rencontre avec les autres n'est pas nécessaire, être durablement dépendant n'est pas acceptable, l'esprit de solidarité est un sympathique ornement de la vie. L'accent est en somme si fortement mis sur le Moi ou le Je que le monde extérieur n'a qu'une place seconde : ou bien ses effets sont reçus comme des signes à déchiffrer ("il n'y a pas de hasard") qui deviennent "mon" problème, ou bien ils sont ressentis comme n'ayant rien à voir avec moi et "ce n'est pas mon problème" . Dans les deux cas, quelle solitude, quel poids de responsabilité, et quelle absence de partage avec des frères et soeurs ! Et en effet, la philosophie individualiste n'a pas grand chose à répondre directement à des mal-être qui se présentent comme concernant l'au-delà de la personne, tels que "j'ai besoin de donner de l'amour" , "j'aimerais avoir une famille de coeur" , "j'aimerais croire en Dieu" , "je voudrais que mon travail soit mieux payé, pour mieux aider mes enfants" , "j'ai réussi ce que j'ai entrepris, que dois-je ou puis-je entreprendre maintenant qui puisse vraiment rendre service ? " , "est-ce que j'ai eu une vie avant, est-ce que j'en aurai une après ? " … Ces questions peuvent évidemment servir d'écran à des dysfonctionnements intimes plus ou moins graves, mais elles peuvent aussi être simplement de vraies questions relationnelles ou philosophiques, "trans-personnelles" dans les deux cas ; et là les approches thérapeutiques adhérant à la philosophie individualiste - et les clients eux-mêmes, baignés dans le consensus individualiste ambiant - restent aveugles à ce qui manque : en effet ce qui manque n'est plus la vérité de soi-même face à soi-même, c'est la présence à l'autre et de l'autre, le donner et le recevoir, la solidarité, le partage, l'appartenance, la destinée, le sens. Cependant toutes les approches thérapeutiques ne sont pas "individualisantes" : le travail thérapeutique en groupe, quand il est fait avec une méthode qui met l'accent sur la relation, permet des amitiés ou fraternités, des mini-communautés qui tempèrent l'ascèse individualiste. Et dès les années 1920, largement avant l'essor actuel du travail en groupe, la pensée jungienne posait au départ que la dimension collective se rencontre toujours sous les enjeux individuels quand le travail sur soi avance : pour Jung, tout trajet thérapeutique était inscrit dans une perspective dont la composante religieuse-spirituelle faisait partie intégrante. C'est d'ailleurs pour cela que la France des psychanalystes freudiens, passionnellement individualiste, ressent Jung et le tient à distance comme "mystique" . Le mouvement transpersonnel, de son côté, s'affranchit des limites de la vision individualiste en affirmant que notre essence dépasse largement notre seule histoire personnelle. Enfin l'approche gestaltiste bien comprise est tout entière orientée vers la mise en acte de la solidarité fondamentale entre êtres humains. Et du coup nous voilà dans les mêmes parages que ce qu'affirment les traditions spirituelles : c'est dans l'espace large de la famille humaine, et de l'univers qu'elle habite, que l'homme individuel trouve son sens. Les spiritualités et les psychothérapies face à face, et côte à côte : A ce point de nos réflexions nous voyons bien les territoires respectifs des traditions spirituelles et des psychothérapies modernes dans leur projet individualisant : les unes et les autres sont concernées par la souffrance humaine et proposent de la soulager, les unes en éclairant d'abord sa dimension la plus universelle, les autres en éclairant d'abord sa dimension la plus intime. Là où les unes sont mal opérantes ou absentes, les autres sont présentes, et chacun des deux engagements est porteur d'espérance. En d'autres termes, spiritualités et psychothérapies, même en relation d'opposition, sont sur un même axe : celui de la présence attentive au mystère de l'homme souffrant, qui touche au mystère de l'homme tout court. En effet, à la fois nous cultivons l'intime singularité d'un Je différent de tous les autres, et nous aspirons à appartenir à un Nous plus grand que tous les Je. Ce qui peut aussi s'éclairer d'un autre façon, en disant que fondamentalement la psychothérapie a une fonction "universalisante" : celle d'accueillir le Je individuel assez largement pour que puisse y apparaître l'instinct d'appartenance à un Nous transcendant, et que tout aussi fondamentalement les spiritualités ont une fonction individualisante : celle de donner suffisamment de sécurité au sein d'un Nous transcendant pour que la différenciation du Je puisse s'amorcer. Je m'élève donc ici très fermement contre une opinion assez répandue selon laquelle la psychothérapie opèrerait à un niveau inférieur à celui où opère "la spiritualité" ; celle-ci serait par essence "supérieure" à ce qui relève de la psychologie. Je crois avoir montré dans ce qui précède en quoi cette distinction présentée comme hiérarchique constitue un malentendu aux conséquences graves. Chacun de nous a sans doute à l'esprit, par exemple, des cas de personnes se disant en chemin spirituel mais dont la vie familiale est une catastrophe affective et relationnelle. Et de leur côté bien des psychothérapeutes contribuent de fait au même clivage : beaucoup hésitent à revendiquer une compétence à part entière dans le chantier consacré au mystère de la souffrance, comme si à leurs propres yeux ils n'étaient que les ouvriers d'un travail subalterne ; la conséquence étant que leurs clients peuvent en effet se maintenir dans le clivage qui précisément les a amenés en thérapie : celui entre la partie souffrante d'eux-mêmes qui a eu le besoin visible d'un nettoyage, et celle qui, restée soi-disant claire dans une conviction, une pratique, une morale, n'a pas été touchée et a finalement gardé le contrôle. Et voilà comment la psychothérapie s'inclinant devant la spiritualité peut rester repliée dans une frileuse mission de garagiste. J'aimerais proposer ici une illustration allégorique du malentendu grave dont je parle. Certains d'entre vous connaissent cette histoire de l'homme qui croit en Dieu et dont une inondation menace la maison. Alors que des torrents d'eau commencent à entourer le rez-de-chaussée, des voisins chaussés de grandes bottes viennent lui porter secours en l'aidant à traverser les eaux en furie. Il refuse, affirmant qu'il croit en Dieu et que Dieu lui suffira pour être sauvé, et que les voisins feraient mieux d'aller s'occuper d'une maison proche où une femme appelle au secours ; ce qu'ils font. Plus tard, l'eau a monté de deux mètres et l'hommequi croit en Dieu est au premier étage, priant, lorsqu'il voit par sa fenêtre s'approcher d'autres voisins, cette fois-ci en barque, l'invitant instamment à monter avec eux. Mais notre refuse encore, disant que lui croit en Dieu et qu'il n'a pas besoin de barque, Dieu lui suffira. Pressés par d'autres personnes en danger, les voisins et leur barque s'éloignent. Plus tard encore, l'eau a encore monté et notre croyant se retrouve à cheval sur le faîte de son toit, l'eau arrivant à quelques dizaines de centimètres de lui. Arrive providentiellement l'hélicoptère de la Protection civile, dont les occupants lui lancent un harnais au bout d'une corde en lui criant de se laisser hélitreuiller. Mais encore une fois notre homme refuse, criant à son tour aux hommes de l'hélicoptère que sa foi en Dieu lui suffira pour être sauvé ; et donc l'hélicoptère s'en va. Puis l'eau monte encore, et cette fois si haut qu'elle emporte l'homme, qui meurt noyé. Arrivé devant l'entrée du Paradis, il y trouve Dieu et, très en colère, il l'apostrophe en lui disant : j'avais une foi totale en toi, comment as-tu pu me laisser tomber ? Et Dieu de répondre : mon enfant, je t'ai envoyé les premiers voisins, les seconds avec leur barque, et enfin l'hélicoptère. Tu as tout refusé, ta soi-disante foi en moi n'était donc que du vent ; l'enfer, c'est là-bas. Et voilà comment la spiritualité peut être hors du réel jusqu'à être porteuse de mort ; et voilà comment la psychothérapie, avec ce qui lui tient lieu de voisins, de barques ou d'hélicoptères, est elle aussi, et dans bien des cas elle seule, l'envoyée qui va réellement savoir venir à la rencontre de la souffrance. Aujourd'hui donc, les spiritualités traditionnelles n'ont plus le monopole de la vision claire et du travail sur le mystère en question, car les psychothérapies, même celles qui prétendent avoir l'exclusivité d'un comment comprendre très individualiste, sont leurs incontournables partenaires. Il y a en effet des territoires de l'expérience humaine que seules les psychothérapies savent aborder et explorer ; à ce titre, les spiritualités traditionnelles leur doivent au minimum le respect. La présence : J'ai beaucoup parlé des entités que sont les traditions spirituelles et les psychothérapies, mais dans les faits ce ne sont pas des entités qui se proposent à l'homme en recherche, ce sont des hommes : d'un côté les prêtres, moines, lamas, etc., et de l'autre les psychothérapeutes (ils ne pourront plus s'appeler ainsi si la loi Accoyer passe, mais même si le nom doit changer la fonction évidemment restera). Les uns et les autres sont les personnes vivantes, de chair et de sang, qui se proposent comme accompagnatrices du trajet spirituel, ou thérapeutique, outhérapeutico-spirituel. J'ai souligné à quel point l'homme moderne a besoin, dans un moment de souffrance intimement personnelle, d'une écoute autre que celle d'un prêtre traditionnel : c'est le psychothérapeute qui dans cette situation répond "présent" . Et réciproquement il existe de nombreuses personnes à qui un prêtre, un pasteur, un aumônier, savent aussi répondre "présent" dans un moment douloureux de recherche de sens ou d'appartenance. Je veux poser ici qu'à mes yeux l'essence de la relation vivante soignante, je veux dire transformatrice, qui apporte du nouveau bienvenu, de l'éclairage imprévu et du sens, n'est pas l'horizon spirituel ou psychologique qui lui sert de comment comprendre, ni la doctrine ou la méthode qui lui servent de comment agir : c'est la présence de l'accompagnateur à la personne en recherche ou en souffrance. De plus en plus en effet nous devenons sensibles à ce qui, derrière les convictions, les doctrines ou les programmes annoncés, est simplement et réellement humain et vivant, c'est-à-dire présent. Quand le visiteur d'hôpital écoute le malade parler de sa vie et de sa maladie, c'est sa présence qui fera que ce malade aura le sentiment d'être entendu. Même chose avec le lama qui enseigne ou avec qui le pratiquant bouddhiste parle de la méditation, avec le prêtre qui recueille une confession, avec le chamane qui guide dans un traitement par les plantes, avec le thérapeute à qui son vis-à-vis confie ses vides, ses terreurs ou ses découragements : du lama, du prêtre, du chamane ou du thérapeute, ce qui est attendu, ce qui soigne, ce qui donne confiance, ce qui permet le changement, c'est qu'ils soient présents à la personne en face, c'est-à-dire qu'ils lui fassent la place d'être ce qu'elle est là dans l'instant etautre chose encore, ouvrant ainsi l'espace d'une transformation possible. Etre présent, c'est aussi répondre aux questions avec simplicité, au moins pour dire qu'on ne veut ou ne peut pas répondre ; c'est notamment ne se servir ni de Jésus ni de Freud comme bannière. C'est aussi être suffisamment présent à soi-même pour sentir si les attentes du vis-à-vis sont décalées ou abusives par rapport à ce qu'on peut donner. Et c'est aussi, dans une relation difficile, ne pas se retrancher dans une position défensive ou jugeante ; ou encore, si l'on impose à l'autre ce qu'on croit savoir de lui, assumer les risques correspondants de refus ou de conflit et le travail relationnel qui va s'ensuivre. Etre présent, c'est en somme ne pas vouloir, ne pas pouvoir se cantonner dans la position individualiste : c'est consentir à être relié, vouloir être relié, être relié, donc se reconnaître et se montrer solidaire avec l'autre en tant qu'humain embarqué dans la même aventure humaine, à travers une écoute attentive et des interventions inventivement ajustées. C'est se sentir concerné, chez notre vis-à-vis, par sa relation conjugale désertique ou son souhait d'avoir une place dans l'univers, par son agressivité extrême ou sa croyance en Dieu, par les énergies sauvages de sa sexualité ou sa soif de partage et de tendresse, par ses élans de confiance ou ses mécanismes à rendre la relation impossible. Bref, nous serons présents si, avant d'avoir une technique, une doctrine, un savoir, nous sommes simplement debout en face, concerné, ouvert, simple. Je pense qu'il existe déjà beaucoup de personnes "présentes" , et qu'il en existera de plus en plus. C'est pourquoi je ne crois pas que la polarité spiritualité-psychothérapie que j'ai décrite, avec les spécialisations qu'elle implique encore de nos jours et que beaucoup perçoivent encore comme des divergences, doive se maintenir à terme. Aspirer au salut, à l'Eveil, à l'accomplissement de soi, et aspirer à un sentiment d'ouverture joyeuse dans la vie quotidienne en étant soulagé de souffrances de culpabilité, de doute, d'angoisse ou de solitude, sont des souhaits qui doivent être accueillis et mis en travail sans être opposés l'un à l'autre ; à la limite ils doivent pouvoir l'être par une même personne. Quoi qu'il en soit, les personnes en position d'accompagnatrices, quel que soit leur registre, devront être sensibilisées et formées à la présence, c'est-à-dire à l'ouverture du coeur et de l'esprit, à elles-mêmes et au reste du monde, et à la simplicité qui en découle naturellement dans les relations. Dans la pratique cette formation devra comporter : - le travail sur soi, - l'apprentissage d'une méthode thérapeutique, - l'acquisition d'une culture suffisamment large sur les mille manières dont les hommes ont rencontré et compris ce que c'est que d'être un vivant qui naît, grandit, se différencie, se relie aux autres et au monde, puis disparaît ; et aussi l'acquisition d'une culture suffisamment large sur les mille manières dont on peut naître mal, grandir mal, se différencier mal, mal se relier, et mourir tragiquement, - et enfin, dernier point, il faudra avoir une expérience personnelle liée à l'aspiration que jusqu'ici on a appelée spirituelle. Il faudra appeler ces personnes - ces "présents" , en somme - autrement que thérapeutes et autrement que prêtres, précisément parce qu'elles auront une sensibilité qui ne se limitera pas à un seul des registres jusqu'ici assez séparés de la thérapie et de la spiritualité. En effet, dans cette perspective nouvelle le comment comprendre est le suivant : le drame l'homme est indissociablement personnel ET universel, et le comment agir se résume et se concentre dans ce qui fait la qualité de tout accompagnateur : autant dans l'accueil que dans l'interaction, autant dans le recevoir que dans le donner, être présent. Qu'est-ce qui caractérise un "présent" par rapport à quelqu'un d'autre ? C'est le choix qu'il fait de ne pas se laisser séduire ou emporter par la logique des rapports de force, c'est-à-dire par la logique de la différenciation sans contrepartie : en effet, la différenciation à elle seule peut questionner les liens jusqu'à les couper : s'il n'y a que la différenciation, il n'y a plus de semblables - une rose n'est pas une marguerite, un lion n'est pas un lapin, un homme n'est pas un femme, un Européen n'est pas un Africain, un riche n'est pas un pauvre, etc. ; il y a donc forcément des conflits de sensibilités, de territoires, de pouvoir, des rapports de conquête et de soumission, de prédateur et de proie, de supérieur et d'inférieur, dont la seule issue visible est la dévoration de l'autre ou l'élimination de sa différence. Chacun peut facilement voir, au niveau des peuples ou des groupes, jusqu'à quels ravages répressifs ou exterminateurs cette logique de "solution finale" peut mener, mais on voit moins l'effet plus ou moins insidieux de l'esprit de rapport de forces dans la vie quotidienne : les jugements, critiques, ironies, évitements, refus, dévalorisations, humiliations qui jalonnent nos relations avec nous-mêmes (naturellement j'ai raté, je sais que je devrais, ou que je ne devrais pas, être cela, ressentir cela, faire cela, penser cela…) , ou qui jalonnent nos relations avec les autres, quand le réflexe de garder le pouvoir l'emporte sur l'instinct de lien. Ce n'est pas mon propos aujourd'hui d'examiner de plus près la question de la différenciation et des rapports de force. Je voudrais seulement, pour terminer, souligner ceci : le lieu où je vois se rejoindre la spiritualité et la psychothérapie dans ce qu'elles partagent en commun, à savoir la présence attentive au mystère de l'homme en souffrance ou en recherche, ce lieu est dans son essence une alternative aux relations où les différences et donc les rapports de forces sont au premier plan. L'arrière-plan sur lequel se détache l'homme "présent" , ce qu'il travaille à ne pas être dans sa vie, ce devant quoi il s'élève et se mobilise, c'est l'absence, l'être isolé, l'être ailleurs, l'être méfiant, l'être ennemi. Aux différences, aux malentendus, aux rejets, aux attaques, aux abandons, aux blessures du lien, il oppose autant qu'il le peut une présence patiente et persévérante. Il n'est pas forcément pacifique, puisque, pour ne pas cautionner l'absence, il peut avoir à combattre. Mais tranquille ou guerrier, compris ou non, socialement visible ou simple artisan de l'intime, il reste un veilleur de la flamme précieuse de l' "être relié" .
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