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Je prends le risque de faire de mauvaises rencontres

Témoignage d'internaute trouvé sur france5
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Chaque matin, sur le quai, je savoure les glaviots des autres ; chacun crache son huître, histoire de se dégager les bronches entre deux clopes désormais interdites. Les yeux gonflés de fatigue, dans un douloureux semi-sommeil, je participe aux conversations téléphoniques ; pire, je partage leur musique…

Ces derniers temps, les transports ont été durs avec moi. Beaucoup de problèmes sur ma ligne, des retards, des gens qui se baladent sur les voies…

S'ajoutent la clope du rebelle, le portable devenu chaîne hi-fi portable mais aussi le bon jeune relou…

Ah, ce bon jeune relou, je l'avais oublié ; je prenais les transports sans soucis, sans peur car, après tout, même à une heure du mat, il y a toujours du monde dans le train.

Après une petite soirée tranquillou passée chez une copine à Paris, une partie de mimes et quelques fajitas avalées, je tarde… La gare Saint Lazare n'est pas loin, aller hop un dernier mime et je m'éclipse en douceur. Mon sac sur l'épaule, la bise pour tout le monde, c'est désormais la course sur le pavé ; le dernier métro à choper.

Quelques gouttes de sueur sur les tempes, le c&oelig ; ur qui bat, j'arrive 5 minutes avant le dernier RER E, c'est bon, je serai dans mon lit d'ici 30 minutes.

Il approche, je monte dedans, tout en sélectionnant brièvement un étage où il y a du monde. Je m'assois, je respire .

Détendue sur un siège près de la fenêtre, des pas approchent et montent les escaliers ; trois jeunes débarquent ; ils parlent fort et dégagent une odeur d'alcool. Ils s'avancent vers le fond du wagon, puis reviennent sur leurs pas pour m'encercler. Je sens des regards, je sors mon Pennac comme un bouclier. "On te dérange ? " , dégueule le mec devant moi. "Non non, c'est bon." Je le regarde froidement. "Heureusement" , me rétorque t-il agressivement.

J'ai vite baissé les yeux pour faire mine de lire, évidemment je n'ai rien compris aux phrases du livre, mes yeux glissaient sans accrocher le moindre mot. Mes oreilles traînent, ils parlent fort, mettent de la musique bledarde sur leur portable, ils montent le son et se mettent à chanter. Puis ils parlent dans leur langue, comme pour déranger et foutre un malaise. Ils parlent de moi, "elle se croit à l'école" , des bribes de mots sortent, je ne préfère pas écouter. L'un d'eux pose sa jambe sur les sièges pour créer une barrière et me bloquer le passage. Les minutes s'écoulent lentement, j'appréhende l'arrivée à Bondy.

Noisy-le-Sec, un arrêt avant ma destination, tout le monde descend du wagon sauf les trois jeunes. Je ne peux pas prendre le risque de rester avec eux, ils sont agressifs et semblent camper comme des rois dans leur train de banlieue. Je me lève, force le gars devant moi à baisser sa jambe, le remercie timidement mais essuie des regards et un "BONNE SOIREE" menaçant ; ils parlent dans mon dos mais je ne pense qu'à sortir de cette prison et rejoindre la masse protectrice des autres voyageurs. J'ai couru sur le quai pour monter dans un autre wagon et me planquer dans un siège éloigné. Ce soir-là, je suis rentrée dégoûtée, mais aussi surtout effrayée.

Je me suis sentie, diminuée, voire "c******" . Où est passée ma liberté ? Pourquoi devoir subir chaque jour cette domination dégueulasse. Cette domination qui demeure dans chaque petit geste déplacé.

Globalement, il faudrait dire non à ce portable bruyant, à ces conversations imposées, à cette clope fumante, à ce crachat purulent qui nous indisposent dès le matin, car chacun de ces petits actes ne fait qu'amputer notre liberté de citoyen. Et plus particulièrement de citoyenne, puisque les nénettes y sont davantage exposées…

J'avais depuis longtemps oublié ce sentiment de peur car je prenais, depuis quelques mois, plus sereinement le train. Vous direz sûrement que je n'ai pas été violée, que je m'en fais une montage mais je crois que ce comportement est inadmissible, et cet incident provoque mon ras-le-bol. Ces jeunes hommes ne semblent plus avoir de respect pour quoi que ce soit, ils dégagent de la haine et imposent un pouvoir non justifié sur les autres.

Que ce soit envers la gente féminine qu'ils dénigrent ou les garçons qu'ils jalousent. C'est à cause de ces citoyens pourtant de mon âge que j'évite désormais de m'attarder le soir car le dérapage total n'est pas impossible.

Dans le meilleur des cas, je m'arrange pour qu'un copain ou une copine m'héberge sur place ; sinon, je prends le risque de faire de mauvaises rencontres et de passer la soirée la tête parasitée par la peur du retour chez soi… Peur que je juge inacceptable."
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68774
b
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