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femme de militaire, mes conseils pour bien vivre l'expatriation

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
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S'adapter c'est savoir décoder les réactions des gens du pays, et anticiper sur leurs réactions vis-à-vis de nos propres coutumes.

Exemple : Laure, fraîchement débarquée à Pointe Noire, téléphone au bout d'une huitaine de jours en faisant part de son désarroi et de ses angoisses quant à la réussite de son expat : je me demande bien pourquoi j'ai accepté de suivre Philippe dans ce trou…

8 jours, c'est en général le temps qu'il faut pour ne plus être dans l'euphorie de l'arrivée dans le pays d'accueil, et c'est un laps de temps trop court pour entrevoir sous un jour positif toutes les merveilleuses choses que l'on va pouvoir découvrir pendant son expatriation. Donc, ma copine était effondrée, broyait du noir, se demandant ce qu'elle était venue faire dans cette galère. Nous connaissons toutes ce sentiment de vulnérabilité, mêlée de solitude. Même si l'expatriation est un choix, il arrive que l'on se sente désorientée, déracinée, sans repères culturels, sans famille, sans amis.

Alors comment faire pour aller mieux, pour se reconstruire dans une nouvelle culture, pour avancer tout simplement.

Tout d'abord, il paraît indispensable de créer du lien, c'est à dire aller à la rencontre des ses compatriotes, en s'appuyant sur sa communauté d'origine. Hormis les très anglo-saxons coffee morning, il existe des structures où les femmes peuvent se rassembler et échanger : écoles, églises, associations diverses, cercles féminins, activités sportives, activités de CE… Sois active, et proposes en toi même. Juliette me racontait qu'en arrivant à dans le pays étranger, le local pour la crèche existait mais rien pour la structure de l'accueil en crèche. Alors elle n'a pas hésitée, a fait une "étude de marché" pour connaître le besoin de la communauté, puis elle, avec 3 autres femmes, ont mis sur pied le fonctionnement de la crèche : du règlement interne au planning des anniversaires des petits !

Utiliser ce lien permet aussi de décoder ensemble les murs et les coutumes du pays d'accueil. Comprendre les pratiques coutumières du nouveau pays assure en partie la réussite de l'expatriation, et l'intégration.

Laurence, à Port Harcourt, m'expliquait qu'elle lisait très régulièrement la presse avec sa Nanny et qu'ainsi elle avait acquis une meilleure connaissance du pays dans lequel elle vivait.

Décoder les pratiques de l'Autre, c'est comprendre que ce qui nous parait normal, banal ne l'est jamais pour lui : nos façons de vivre que nous n'avons jamais eu l'habitude de formuler demandent et doivent aussi être expliciter à la société dans laquelle on vit.

Rien ne va de soi. Ce qui découle de ces incompréhensions peut être lourd de conséquences. Ainsi, au Nigeria, lors du mariage de la Nanny de Chantal, la tradition veut que les mariés n'invitent pas nommément les gens, mais fassent table ouverte. Les mariés n'ont qu'une vague idée du nombre de personnes qui viendront assister à la noce. Comme Chantal et son mari n'ont reçu aucune invitation officielle, ils ont considéré qu'ils n'étaient pas invités et ont été d'autant plus vexé qu'ils avaient participé aux frais de la noce. La nanny, de son côté fut contrariée car elle n'a pas la raison de l'absence de Chantal et de son mari.

Corinne m'expliquait que lors d'une de ses expatriations, pendant un dîner chic elle vit arriver le cuisiner portant une tête de veau sur un plateau. Jusque là, les directives de la maîtresse de maison avaient été respectées.

Mais là ou l'incompréhension fait des ravages et frôle des situations racistes, c'est que le cuisinier avaient mis le persil destiné aux narines de la bête, dans ses propres narines. Le cuisinier avait intégré ce qu'il croyait être une forme de mépris de la part des expatriés et s'y était conformé.

Voila l'exemple type de l'incompréhension culturelle entre deux sociétés, incompréhension basée sur un passé historique qui nous échappe mais que nous nous devons d'avoir toujours en mémoire.

Le malentendu entre deux cultures peut parfois conduire à des situations extrêmement gênantes et lourdes de sens.

Communiquez avec les autochtones qui vous entourent, posez leur toutes les questions sur leurs façons de faire, échangez des idées. La richesse vient très souvent d'une diversité de savoir faire. Allez vers les autres. Montrez leur que vous portez de l'intérêt à ce qu'ils sont. Et vous serez surpris du retour… Il y a quelques années, les départs des aéroports du Nigeria étaient compliqués, plusieurs check point, des attentes très longues avec les sacs ouverts, les douaniers guettant quelques dollars, bref un stress indéfinissable. Anne raconta qu'elle avait demandé à sa cuisinière de lui apprendre quelques mots dans le dialecte local afin de rendre plus humaines ces rencontres forcées entres des nantis qui rentrent chez eux et les locaux qui restent avec leurs difficultés économiques. Ne serait-ce que d'entendre dire" bonjour, comment allez vous ? , merci et au revoir" dans leur langue les étonna tellement qu'ils en oublièrent de lui demander de l'argent, d'ouvrir sa valise, et qu'ils évitèrent eux aussi de les voir comme des dollars ambulants.

Les sociologues qui ont travaillé sur l'expatriation remarque qu'une insertion réussie dans un pays d'accueil dépend du degré d'investissement : plus on a été vers sa propre communauté, mieux on se sent, on a ainsi retrouvé nos marques, plus on peut aller vers les autochtones, et mieux on vit dans l'Ailleurs.

Vivre à l'étranger permet aussi d'y faire des choses qu'on aurait pas fait chez soi : "travailler son humanisme" (organiser des collectes de médicaments, de nourritures, des galas/loto de charité, donner de son temps dans les orphelinats…) , et travailler sur soi.

Mais ces démarches doivent être réfléchies afin de ne pas reproduire une agitation stérile : chacun doit trouver son rythme, sa façon d'être sans emprunter à d'autres des manières de faire qui ne lui conviennent pas : il s'agit d'abord d'inventer un nouveau mode de vie qui rend le séjour plus harmonieux.

Bon courage et profites-en bien !
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8863
b
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