Histoire vécue Vie pratique - quotidienne > Voyages      (8184 témoignages)

Préc.

Suiv.

2 Séjours totalement différents

Témoignage d'internaute trouvé sur france2
Mail  
| 239 lectures | ratingStar_60483_1ratingStar_60483_2ratingStar_60483_3ratingStar_60483_4

Je souhaitais vous faire partager rapidement mon expérience de deux voyages successifs à 15 ans d'intervalle en Egypte.

Je m'y suis rendue pour la première fois en décembre 1993/janvier 1994 et la seconde fois cette année au mois de février.

Je me faisais une fête de revenir dans un pays qui m'avait séduite tant par sa géographie, son histoire (qui est aussi le berceau de la nôtre) et ses habitants.

Le premier voyage que j'ai fait était parti du Caire où nous avions séjourné 4 jours sur le bateau qui devait nous conduire à Assouan en quinze jours.

Notre périple fut une succession de surprises et une formidable découverte. Il serait trop long de décrire par le détail notre voyage mais ce fut vraiment une formidable aventure dont mes filles alors âgées de 13 et 15 ans gardent un grand souvenir.

L'aventure fut surtout humaine tant au niveau de la vie que nous avons partagée avec le groupe avec lequel nous avons effectué cette croisière (nous sommes partis sur un "petit" bateau où nous n'étions qu'une quarantaire, pour finir sur un 5 étoiles avec piscine où nous étions près de 200) qu'au niveau des échanges que nous avons pu avoir avec la population locale lors de nos escales, qu'avec les égyptiens en général par les contacts que nous avions pu lier avec le personnel qui nous fut d'une grande aide dans nos diverses aventures et qui a su développer une grande amabilité et beaucoup de gentillesse surtout envers les enfants qui nous accompagnaient.

D'autre part la richesse des sites et la compétence de nos guides nous a permis à chacun de découvrir l'histoire, l'architecture et surtout dans de nombreux cas l'artisanat local.  

Même si parfois l'accès était un peu compliqué, par entre autre l'absence de ponts qui existent aujourd'hui, ces difficultés présentaient de grands avantages en nous permettant d'utiliser les mêmes moyens de transports que les égyptiens et donc facilitait les échanges avec les habitants.

Ce fut donc un très beau voyage que je me promettais de refaire.

Cette année, avec mon compagnon nous avons eu l'opportunité de repartir.

Je me faisais une fête de revenir dans ce pays qui m'avait tant plu et de refaire avec lui de si beau voyage.

J'avais accepté de faire quelques concessions en particulier  concernant la durée. Mes recherches d'une croisière aussi longue et permettant de passer dans les mêmes lieux n'ont pas abouti. Apparemment plus aucun bateau de croisière ne part plus du Caire et quand un séjour mêle le Caire à la découverte de la haute égypte, les transferts se font en avion.

J'ai du mal aujourd'hui encore à décrire ma déception, même si le confort du bateau sur lequel nous avons navigué était supérieur à celui de 93/94.

En fait j'ai très vite compris que "notre découverte" se limiterait à des lieux très déterminés et très encadrés, que les contacts avec la population seraient réduits, que la "corniche" du Nil était devenue un lieu où l'oncroise plus d'européens que d'égyptiens qui ont été relégués dans de lointaines banlieues, que les "convois" étaeint devenus la règle, que nous, touristes, étions devenue une richesse absolue à protéger envers et contre tou (s) t sauf du commerce et de ses excès.

J'ai très vite constaté que la majorité des transactions commerciales s'effectuaient en "euros" et non plus en monnaie locale. Même dans les cafés on peut règler ses consommations en euros ou se voir rendre la monnaie en euros. Quant aux produits locaux ne les cherchez plus. La majorité des objets qui sont vendus auourd'hui sont fabriqués en Chine et les colleirs que j'avais rapporté il y a quinze ans sont sûrement devenus des objets à conserver précieusement comme les témoins d'une période révolue au même titre que les pharaons. Bien sûr il doit rester des ateliers qui produisent des objets traditionnels (et je ne parle pas seulement des scarabées) mais où sont-ils et où sont vendus les objets produits.

J'ai été aussi partisulièrement déçue de la disparition au profit de voies d'accès à des sites historiques d'unejoli petit village dont la spécialité était la production d'objets en albâtre.

Bref je n'ai pas retrouvé l'Egypte qui m'avait tant plu mais un vaste marché où s'ébattent des milliers de touristes en troupeaux. Comble du paradoxe ces troupeaux ont même réussi a transformer la haute égypte en un vaste zoo où l'on ne sait plus qui regarde quoi ni qui. Le spectacle de la pauvreté galopante m'a atterrée et effrayée.

En 1993/1994, j'avais visité un pays en voie de développement (même si l'expression n'est pas jolie, elle était en tout cas porteuse d'espoir et d'avenir et pouvait permettre un développement original, pas forcément sur notre modèle) , en 2008 j'ai vu un pays sous-développé (là encore une bien laide expression) et qui nous interroge nous occidentaux sur ce que nous exportons et échangeons avec le monde.

J'ai passé sous silence la question religieuse, mais là aussi quelle différence. Même si le nombre de mosquées ne m'a pas semblé avoir explosé, même si leur fréquentation ne ma pas particulièrement parue augmentés, j'ai quand même constaté que le port du voile (religieux ou social ? ) était plus répandu qu'il y a quinze ans et que si une forme de laïcisation à la française m'avait semblé à l'oeuvre en 93/94 avec les réactions qu'elle pouvait provoquer, aujourd'hui l'égypte semble devenue un état plus musulman.

Je me demande en écrivant ces lignes si je n'ai pas rêvé mon premier séjour, mais les photos et les souvenirs que j'ai rapportés me prouvent que non et les phjotos que j'ai rapportées du second me montrent bien qu'à part les lieux touristiques qui se sont améliorés tout a évolué dans une forme d'occidentalisation qui me paraît dangereuse et au final destructrice de culture.

Dernière anecdote : le "marché en felouques" qui s'est développé avant le passage de l'écluse d'Esna. Je ne parviens pas à analyser clairement ce qui m'a le plus choquée des européens qui semblaient assister à un spectacle et en redemandaient ou des égyptiens qui se soumettaient à cette performance. Une chose m'a consolée c'est que les objets qui sont lancés depuis les felouques sur les ponts des bateaux de croisière ne valent pas le prix que paient les touristes même si ils ont le sentiment de réaliser une "affaire". Ces produits comme la majorité des autres sont "made in china" et peuvent se retrouver dans n'importe quel bazar des grandes villes françaises.

Aujourd'hui je caresse encore un rêve, essayer de retourner encore une fois là-bas mais hors des lieux d'accueil traditionnels touristiques. Je fais confiance à l'humanité et je suis sûre que je vais finir par trouver un moyen de séjourner auprès d'égyptiens qui me permettront de retrouver le plaisir que j'avais éprouvé il y a quinze ans.
  Lire la suite de la discussion sur france2.fr


60483
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Voyages astraux - voyage interieur, introspection

image

Des exemples d'expérience de RL (=Rêve Lucide) , de paralysie du sommeil et de voyage astral : j'en ai à la pelle. Mais voici mon expérience vécue ce matin : comme avant chaque RL, j'ai ressenti les signes avant-coureurs ; comme les...Lire la suite

Reves tres (tres?) bizarres - reves et cauchemars

image

Bonjours depuis quelques jours j'essaye de faire des voyages astraux. Peut être que vous trouverai cela nul ou dangereux mais la n'est pas la question. D'ailleurs je n'y suis pas encore parvenu à proprement dit. Je le dis juste à titre...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages